Aides financières pour aidants au Québec : le guide complet des ressources disponibles

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CLAUSE DE NON-RESPONSABILITÉ

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Quand j’ai commencé mon rôle d’aidante pour ma mère, j’étais tellement concentrée sur les aspects pratiques — les rendez-vous médicaux, l’organisation des soins, l’adaptation de la maison — que j’ai complètement négligé l’aspect financier.

C’était une erreur. Une grosse erreur.

Deux ans plus tard, j’étais épuisée financièrement. J’avais réduit mes heures de travail sans vraiment planifier. J’avais vidé mes économies pour payer des services non couverts. Et je n’avais réclamé aucun des crédits d’impôt auxquels j’avais droit depuis le début.

En faisant le calcul, j’ai réalisé que j’avais laissé sur la table plus de 8 000 $ d’aides financières. Juste parce que je ne savais pas qu’elles existaient.

Aujourd’hui, dans mon travail comme coordonnatrice de services aux aidants, je vois cette même erreur se répéter constamment. Des aidants qui se privent, qui s’endettent, qui s’épuisent financièrement, alors que des dizaines de programmes d’aide existent.

Le problème ? Personne ne vous dit clairement ce qui existe. Il faut chercher, démêler, comprendre des termes bureaucratiques, naviguer entre trois paliers de gouvernement, remplir des formulaires complexes.

Cet article, c’est le guide que j’aurais voulu avoir en 2018. Un inventaire complet, clair et pratique de toutes les aides financières disponibles pour les aidants au Québec.

Parce que vous aider quelqu’un ne devrait pas vous ruiner.

[Image suggérée : Mains d’aidant tenant une calculatrice et des documents administratifs, avec une lueur d’espoir]

Sommaire

Les crédits d’impôt provinciaux (Québec)

Crédit d’impôt pour personne aidante

C’est quoi?

C’est le principal crédit d’impôt destiné aux aidants au Québec. Il a remplacé en 2020 l’ancien « crédit pour aidant naturel » et comprend maintenant deux volets distincts.

Crédit d’impôt REMBOURSABLE : même si vous ne payez pas d’impôt, vous recevez l’argent.

[Image suggérée : Graphique montrant les deux volets du crédit d’impôt pour personne aidante avec montants]

Volet 1 : Personne de 18 ans ou plus avec déficience

Critères d’admissibilité :

  • Vous prenez soin d’une personne de 18 ans ou plus
  • Cette personne a une déficience grave et prolongée des fonctions physiques ou mentales
  • Elle a besoin d’assistance pour accomplir une activité courante de la vie quotidienne
  • Vous avez pris soin ou cohabité avec elle pendant au moins 365 jours consécutifs, incluant 183 jours dans l’année fiscale

Lien de parenté admissible :

  • Votre conjoint
  • Votre père, mère, grand-père, grand-mère
  • Votre enfant, petit-enfant
  • Votre frère, sœur, neveu, nièce, oncle, tante, grand-oncle, grand-tante
  • Un autre ascendant en ligne directe (de vous ou de votre conjoint)

Montants pour 2025 :

Si vous cohabitez avec la personne aidée :

  • Montant universel (non réductible) : 1 494 $
  • Montant additionnel (réductible selon le revenu de la personne aidée) : jusqu’à 1 494 $
  • Total maximal : 2 988 $

Si vous ne cohabitez pas :

  • Montant réductible seulement : jusqu’à 1 494 $

Montant additionnel pour services de relève (si cohabitation) :

Si vous payez pour des services spécialisés de relève pour la garde et surveillance de la personne aidée :

  • 30% des frais engagés, jusqu’à un maximum de 5 200 $ de frais
  • Crédit maximal additionnel : 1 560 $

Réduction du montant :

Le montant additionnel (pas le montant universel) est réduit si le revenu net de la personne aidée dépasse 26 520 $ (2025).

Formule de réduction : 16% du revenu excédant 26 520 $.

Exemple :

Personne aidée a un revenu de 30 000 $. Excédent : 30 000 $ – 26 520 $ = 3 480 $ Réduction : 3 480 $ × 16% = 557 $ Montant additionnel : 1 494 $ – 557 $ = 937 $

Si cohabitation : Crédit total = 1 494 $ (universel) + 937 $ (additionnel) = 2 431 $

[Image suggérée : Exemple de calcul du crédit avec revenu de la personne aidée]

Volet 2 : Proche de 70 ans ou plus

Critères d’admissibilité :

  • Vous cohabitez avec un proche âgé de 70 ans ou plus
  • Cette personne n’a pas nécessairement de déficience grave
  • Vous avez cohabité pendant au moins 365 jours consécutifs, incluant 183 jours dans l’année fiscale
  • Vous résidez dans le même établissement domestique autonome (propriétaire, copropriétaire, locataire ou sous-locataire)

Lien de parenté admissible :

  • Votre père, mère, grand-père, grand-mère
  • Votre oncle, tante, grand-oncle, grand-tante
  • Un autre ascendant en ligne directe (de vous ou de votre conjoint)

Important : Votre conjoint de 70 ans ou plus n’est PAS admissible à ce volet (mais peut être admissible au volet 1 s’il a une déficience).

Montant pour 2025 :

  • Montant universel : 1 494 $

Pas de réduction selon le revenu de la personne aidée.

[Image suggérée : Infographie comparant Volet 1 vs Volet 2 – conditions et montants]

Exclusions importantes

Vous N’ÊTES PAS admissible si :

  • La personne aidée habite dans une résidence privée pour aînés (RPA)
  • La personne aidée habite dans une installation du réseau public (CHSLD, centre de réadaptation, etc.)
  • Vous recevez une rémunération pour les soins prodigués à cette personne
  • Vous demandez le crédit pour relève bénévole ou le crédit pour répit à un aidant naturel pour la même personne

Note sur la rémunération : Si vous êtes rémunéré dans le cadre du programme Allocation directe / Chèque emploi-service, cela peut affecter votre admissibilité. Consultez un fiscaliste pour votre situation spécifique.

Comment faire la demande

Formulaires nécessaires :

  • Annexe H : Crédit d’impôt pour personne aidante (à joindre à votre déclaration)
  • Formulaire TP-752.0.14 : Attestation de déficience (pour volet 1, si pas déjà soumis)
  • Formulaire TP-1029.AN.AV : Attestation d’assistance soutenue (si la personne aidée n’a pas de lien de parenté)

Processus :

  1. Remplissez l’annexe H lors de votre déclaration de revenus annuelle
  2. Si c’est votre première demande, le formulaire TP-752.0.14 doit être rempli par un professionnel de la santé
  3. Conservez tous les documents (vous n’avez pas à les envoyer, mais Revenu Québec peut les demander)
  4. Si demande acceptée, le crédit est versé avec votre remboursement d’impôt ou réduit votre solde à payer

Délais :

  • Demande lors de la déclaration annuelle (avril-juin généralement)
  • Versement avec le traitement de la déclaration (6-8 semaines si déclaration électronique)
  • Possible de demander rétroactivement pour années passées (jusqu’à 3 ans)

[Image suggérée : Checklist des documents nécessaires pour demande de crédit]

Crédit d’impôt pour services spécialisés de relève

Inclus dans le volet 1 du crédit pour personne aidante.

Si vous cohabitez avec une personne ayant une déficience grave et que vous payez pour des services spécialisés de relève, vous pouvez réclamer un crédit additionnel.

Services admissibles :

  • Garde et surveillance de la personne aidée
  • Soins prodigués par des préposés, infirmières auxiliaires, ou autres professionnels
  • Services de répit offerts par des organismes spécialisés
  • Séjours de répit en centre spécialisé

Services NON admissibles :

Café-rencontre Victoriaville
  • Frais d’hébergement temporaire en CHSLD
  • Soins médicaux réguliers
  • Services non spécialisés (aide ménagère générale, etc.)

Calcul :

  • 30% des frais admissibles, jusqu’à un maximum de 5 200 $ de frais
  • Crédit maximal : 1 560 $

Comment réclamer :

  • Inscrire les frais à la ligne appropriée de l’annexe H
  • Conserver tous les reçus détaillés

Mon expérience :

J’ai embauché une préposée pour garder maman deux samedis par mois (8 heures chaque fois), me permettant de souffler.

Coût annuel : 24 samedis × 8h × 25$/h = 4 800 $

Crédit réclamé : 4 800 $ × 30% = 1 440 $

Ça m’a remis près de 30% de mes frais en poche. Essentiel pour ma santé mentale et financièrement plus accessible que je pensais.

[Image suggérée : Reçu de services de relève avec calcul du crédit applicable]

Crédit d’impôt pour maintien à domicile

C’est quoi?

Un crédit remboursable pour les personnes de 70 ans ou plus qui engagent des dépenses pour obtenir certains services leur permettant de continuer à vivre à domicile.

IMPORTANT : Ce crédit est pour la personne de 70 ans ou plus elle-même, pas pour l’aidant. Mais si vous êtes aidant d’un parent de 70 ans ou plus, vous devriez absolument vérifier qu’il le réclame.

Admissibilité :

  • Personne de 70 ans ou plus au 31 décembre de l’année
  • Résidente du Québec
  • Vivant dans son propre domicile (maison, appartement, logement dans résidence privée)

Montant :

  • 35% des dépenses admissibles
  • Maximum de dépenses : 19 500 $
  • Crédit maximal : 6 825 $

Le crédit est réduit si le revenu familial dépasse 62 225 $ (2025).

Dépenses admissibles :

  • Services d’aide à domicile (préposés, infirmières auxiliaires)
  • Services d’entretien ménager
  • Travaux d’entretien, de réparation et d’aménagement du domicile
  • Frais de location ou d’achat d’équipements d’urgence (téléassistance, etc.)
  • Frais de location de matériel médical
  • Services de soutien civique (accompagnement pour courses, rendez-vous)

Pourquoi c’est important pour les aidants :

Si votre parent de 70 ans ou plus paie pour des services (ou si vous payez pour lui), ce crédit peut récupérer 35% de ces coûts.

Exemple :

Votre mère de 75 ans paie :

  • Aide ménagère : 3 000 $/an
  • Préposé pour bain assisté : 2 400 $/an
  • Entretien paysager : 1 200 $/an
  • Déneigement : 800 $/an

Total : 7 400 $

Crédit : 7 400 $ × 35% = 2 590 $

[Image suggérée : Liste des dépenses admissibles pour crédit maintien à domicile]

Comment faire la demande :

  • Annexe J : Crédit d’impôt pour maintien à domicile
  • À joindre à la déclaration de revenus de la personne de 70 ans ou plus

Important : Même si vous, l’aidant, payez les services pour votre parent, c’est lui qui doit réclamer le crédit sur sa propre déclaration.

Combiner les crédits :

Il est possible que votre parent réclame le crédit pour maintien à domicile ET que vous réclamiez le crédit pour personne aidante (volet 2, si vous cohabitez). Ce sont deux crédits distincts et cumulables.

Les crédits d’impôt fédéraux (Canada)

En plus des crédits provinciaux du Québec, le gouvernement fédéral offre ses propres crédits d’impôt pour aidants.

IMPORTANT : Ces crédits sont non remboursables au fédéral. Ça signifie qu’ils réduisent votre impôt fédéral à payer, mais si vous ne payez pas d’impôt fédéral, vous ne recevez pas de remboursement.

Pour les résidents du Québec, le taux de crédit applicable est de 12,525% (au lieu de 15% pour les autres provinces), en raison de l’abattement du Québec.

[Image suggérée : Comparaison crédits remboursables vs non remboursables]

Crédit canadien pour aidant naturel

C’est quoi?

Un crédit fédéral pour les personnes qui prennent soin d’un conjoint, d’un enfant ou d’un proche qui a une déficience physique ou mentale.

Crédit NON remboursable : réduit l’impôt fédéral à payer uniquement.

Admissibilité générale :

  • Vous prenez soin d’une personne qui a une déficience physique ou mentale
  • Cette personne est à votre charge (vous subvenez à une partie ou la totalité de ses besoins de base)
  • Vous n’avez pas besoin de vivre avec la personne
  • Vous n’avez pas besoin d’une période minimale de soins

Trois catégories de personnes admissibles :

1. Pour un époux ou conjoint de fait ayant une déficience

Montant pour 2025 :

  • Montant supérieur maximal : 8 375 $
  • Taux de crédit pour Québec : 12,525%
  • Crédit maximal : 1 049 $

Ce montant est réduit par le revenu net de votre conjoint.

Réduction :

Le montant est réduit de 1 $ pour chaque dollar de revenu net du conjoint excédant le montant personnel de base (environ 15 705 $ en 2025).

Si le revenu du conjoint dépasse environ 24 080 $, le crédit est complètement éliminé.

2. Pour un enfant de moins de 18 ans ayant une déficience

Montant pour 2025 :

  • Montant inférieur : 2 687 $
  • Taux de crédit pour Québec : 12,525%
  • Crédit maximal : 336 $

Vous pouvez réclamer ce montant pour chaque enfant admissible.

Ce montant peut s’ajouter à d’autres crédits (montant pour personne à charge admissible, etc.)

Conférence 1 : Le microbiote

3. Pour une autre personne à charge de 18 ans ou plus ayant une déficience

Montant pour 2025 :

  • Montant : 8 375 $
  • Taux de crédit pour Québec : 12,525%
  • Crédit maximal : 1 049 $

Personnes admissibles :

  • Votre parent, grand-parent, frère, sœur, oncle, tante, neveu, nièce (ou ceux de votre conjoint)
  • Votre enfant adulte ou petit-enfant (ou ceux de votre conjoint)
  • La personne doit avoir résidé au Canada à un moment de l’année

Réduction :

Le montant est réduit par le revenu net de la personne à charge excédant 8 375 $.

Si le revenu de la personne à charge dépasse environ 16 750 $, le crédit est complètement éliminé.

[Image suggérée : Tableau des trois catégories du crédit canadien pour aidant naturel avec montants]

Attestation médicale :

L’ARC peut demander une note signée par un professionnel de la santé attestant :

  • La nature de la déficience
  • La date de début
  • La durée prévue

Si la personne a déjà un formulaire T2201 (Certificat pour le crédit d’impôt pour personnes handicapées) approuvé, vous n’avez pas besoin d’une note additionnelle.

Comment faire la demande :

  • Annexe 5 : Montants pour époux ou conjoint de fait et personnes à charge
  • Lignes 30300, 30400, 30425 ou 30450 selon votre situation
  • À joindre à votre déclaration fédérale

Partage du crédit :

Si plusieurs personnes s’occupent de la même personne à charge, vous pouvez partager le montant réclamé. Le total réclamé par toutes les personnes ne doit pas dépasser le maximum permis.

Mon cas :

Je réclame le crédit canadien pour aidant naturel (ligne 30450) pour ma mère.

Son revenu (prestations RRQ invalidité) : 16 200 $

Montant de base : 8 375 $ Réduction : 16 200 $ – 8 375 $ = 7 825 $ Montant net : 8 375 $ – 7 825 $ = 550 $

Crédit fédéral : 550 $ × 12,525% = 69 $

Ce n’est pas énorme, mais combiné aux autres crédits, chaque dollar compte.

Montant pour époux ou conjoint de fait

C’est quoi?

Si votre conjoint a un revenu faible ou nul et que vous subvenez à ses besoins, vous pouvez réclamer un montant qui réduit votre impôt fédéral.

Crédit NON remboursable.

Admissibilité :

  • Vous étiez marié ou en union de fait durant l’année
  • Votre conjoint avait un revenu net inférieur au montant de base
  • Vous n’étiez pas séparé pendant plus de 90 jours en raison de la rupture de votre union

Montant pour 2025 :

  • Montant de base : environ 15 705 $
  • Taux de crédit pour Québec : 12,525%
  • Crédit maximal : environ 1 967 $

Réduction :

Le montant est réduit dollar pour dollar par le revenu net de votre conjoint.

Si le revenu du conjoint dépasse 15 705 $, le crédit est complètement éliminé.

Bonification si conjoint a une déficience :

Si votre conjoint a une déficience, vous pouvez ajouter le montant du crédit canadien pour aidant naturel (8 375 $) au montant de base.

Montant total possible : 15 705 $ + 8 375 $ = 24 080 $ Crédit maximal : 24 080 $ × 12,525% = 3 016 $

Comment faire la demande :

  • Ligne 30300 de votre déclaration fédérale
  • Remplir la section appropriée de l’annexe 5

Important : Vous ne pouvez pas combiner ce crédit avec le crédit pour personne à charge admissible. Choisissez celui qui vous avantage le plus.

[Image suggérée : Comparaison montant pour époux vs montant pour personne à charge admissible]

Crédit d’impôt pour personnes handicapées (transférable)

C’est quoi?

Un crédit important pour les personnes ayant une déficience grave et prolongée. Bien que ce crédit soit pour la personne handicapée elle-même, si elle ne peut pas l’utiliser en totalité (parce qu’elle n’a pas assez d’impôt à payer), elle peut le transférer à un aidant.

Montant pour 2025 :

  • Montant de base : environ 9 872 $
  • Supplément pour personnes de moins de 18 ans : jusqu’à 5 500 $ additionnel
  • Taux de crédit pour Québec : 12,525%
  • Crédit maximal (adulte) : 1 236 $
  • Crédit maximal (enfant) : 1 925 $

Admissibilité :

La personne doit avoir une déficience grave et prolongée des fonctions physiques ou mentales attestée par un professionnel de la santé sur le formulaire T2201.

Transfert à un aidant :

Si la personne handicapée n’utilise pas tout le crédit (parce qu’elle a peu ou pas d’impôt fédéral à payer), elle peut transférer la portion inutilisée à :

  • Son époux ou conjoint de fait
  • Un parent ou grand-parent (si la personne est un enfant ou petit-enfant)
  • Un frère, sœur, oncle, tante, neveu ou nièce (dans certaines circonstances)

Comment faire la demande :

  1. La personne handicapée doit d’abord faire approuver le formulaire T2201 par l’ARC
  2. Elle réclame le crédit sur sa propre déclaration (ligne 31600)
  3. Elle calcule la portion inutilisée et autorise le transfert
  4. L’aidant réclame le montant transféré sur sa déclaration (ligne 31800)

Important : L’approbation du T2201 est essentielle. Sans ce formulaire approuvé, aucun crédit ne peut être réclamé ou transféré.

Mon expérience :

Ma mère a fait approuver son T2201 dès la deuxième année après son diagnostic. Comme son revenu est faible (prestations d’invalidité), elle n’utilise qu’une partie du crédit.

NeuroÉquilibre

Elle m’a transféré environ 800 $ de crédit inutilisé chaque année depuis. Sur 5 ans, ça représente 4 000 $ d’impôt fédéral économisé.

Bonus : L’approbation du T2201 ouvre aussi la porte à d’autres programmes (REEI, déductions pour frais médicaux bonifiées, etc.)

[Image suggérée : Processus d’approbation et transfert du crédit pour personnes handicapées]

Les prestations directes et allocations

Au-delà des crédits d’impôt (qui réduisent vos impôts), il existe des prestations directes qui vous versent de l’argent pour vous aider dans votre rôle d’aidant.

Allocation directe / Chèque emploi-service

C’est quoi?

Un programme qui permet à une personne admissible de choisir et d’employer directement la personne qui lui fournira des services de soutien à domicile. Le CLSC alloue les heures et les fonds, et un centre de traitement gère la paie.

IMPORTANT : Techniquement, c’est la personne aidée (la personne qui reçoit les services) qui est « l’usager » du programme. Mais pour les aidants, ce programme peut être une bouée de sauvetage.

Pourquoi c’est pertinent pour les aidants?

  1. Vous pouvez embaucher quelqu’un de confiance pour remplacer une partie de vos tâches d’aidant
  2. Dans certains cas, vous pouvez vous-même être rémunéré pour les soins que vous prodiguez (avec importantes restrictions)
  3. Ça offre du répit sans avoir à accepter n’importe quel préposé assigné par le système

[Image suggérée : Schéma du fonctionnement allocation directe avec acteurs impliqués]

Admissibilité de la personne aidée :

  • Personne en perte d’autonomie ayant besoin de services de soutien à domicile
  • Évaluation des besoins effectuée par le CLSC
  • Attribution d’un nombre d’heures selon l’évaluation (profil ISO-SMAF)

Types de services couverts :

  • Assistance personnelle (aide au bain, habillement, alimentation, transferts)
  • Aide domestique (tâches ménagères, préparation repas, lessive, courses)

Comment ça fonctionne?

  1. Évaluation par le CLSC : Un intervenant évalue les besoins de la personne et détermine le nombre d’heures de services nécessaires
  2. Inscription au CTCES : La personne est inscrite au Centre de traitement du chèque emploi-service
  3. Embauche : La personne (ou son représentant) choisit et embauche le travailleur
  4. Gestion de la paie : Chaque deux semaines, un formulaire est rempli et le CTCES verse le salaire au travailleur

Coût pour l’usager : GRATUIT. Les heures allouées sont payées par le réseau de la santé.

Peut-on embaucher un membre de la famille?

OUI, mais avec restrictions importantes :

  • Conjoint : NON admissible (ne peut pas être rémunéré)
  • Enfants adultes : Généralement NON, sauf exception
  • Exception importante : Les parents d’un enfant majeur lourdement handicapé vivant sous le même toit peuvent être rémunérés (minimum 20,5h/semaine si admissible)

ATTENTION : Si vous êtes rémunéré via ce programme, vous perdez votre admissibilité au crédit d’impôt pour personne aidante. Il faut évaluer ce qui est le plus avantageux financièrement.

Nombre d’heures typiques :

Variable selon l’évaluation, généralement :

  • 2 à 10 heures/semaine pour autonomie légère à modérée
  • 10 à 20 heures/semaine pour perte d’autonomie importante
  • 20 heures et plus pour situations complexes (enfant handicapé, etc.)

Comment faire la demande :

  1. Contactez votre CLSC (ou composez le 811 option 2)
  2. Demandez une évaluation pour services de soutien à domicile
  3. Mentionnez votre intérêt pour l’allocation directe / chèque emploi-service
  4. Un intervenant viendra faire l’évaluation à domicile

Mon expérience :

Ma mère reçoit 6 heures/semaine via ce programme. Elle a embauché une voisine de confiance qui vient 2 fois par semaine (3h chaque fois) pour l’aider au bain, faire le ménage et préparer des repas.

Ça me libère de ces tâches et me permet de me concentrer sur l’accompagnement médical et le soutien émotionnel plutôt que d’être épuisée par les soins physiques quotidiens.

Valeur financière :

6h/semaine × 52 semaines = 312 heures/an À environ 25$/h (salaire approximatif) = 7 800$/an de services gratuits

[Image suggérée : Témoignage d’aidant expliquant comment le chèque emploi-service a changé sa situation]

Ressources :

Programme de soutien aux familles

C’est quoi?

Un programme qui offre une aide financière directe aux familles et proches de personnes ayant une déficience ou un trouble du spectre de l’autisme pour payer des services de répit et de soutien.

Anciennement appelé : Programme d’allocation directe aux familles pour l’intégration sociale des enfants handicapés (PAAFA)

Administré par : Les CIUSSS/CISSS via les centres de réadaptation

Admissibilité de la personne handicapée :

  • Personne ayant une déficience physique, intellectuelle, un trouble du spectre de l’autisme ou une déficience visuelle
  • Tous âges (enfants et adultes)
  • Évaluation des besoins par le centre de réadaptation

Type d’aide :

Une allocation financière versée directement à la famille pour :

  • Services de répit (gardiennage spécialisé)
  • Services de dépannage
  • Services d’accompagnement pour loisirs et intégration sociale
  • Services de soutien aux tâches quotidiennes

Montants :

Varient selon :

  • L’âge de la personne
  • Le niveau de besoins
  • La région

Généralement entre 500 $ et 2 500 $/année, mais peut être plus élevé pour situations complexes.

Comment ça fonctionne?

  1. La famille reçoit une allocation (montant forfaitaire ou mensuel)
  2. Elle choisit librement les services et les prestataires
  3. Elle paie directement les fournisseurs de services
  4. Elle conserve les reçus (pour reddition de comptes si demandé)

Avantage majeur : Flexibilité. Vous choisissez qui, quoi, quand.

Comment faire la demande :

  1. Contactez le centre de réadaptation de votre région (déficience physique, déficience intellectuelle, ou TSA selon le cas)
  2. Demandez une évaluation pour le programme de soutien aux familles
  3. Un intervenant évaluera les besoins et déterminera l’allocation

Mon cas :

Ma mère n’est pas admissible à ce programme (il est principalement pour déficience intellectuelle, TSA ou déficience physique lourde dès l’enfance). Mais j’ai dirigé plusieurs familles vers ce programme dans mon travail.

Exemple concret :

Famille avec enfant autiste de 10 ans. Allocation de 1 800$/an.

NeuroCardioFlex

Utilisé pour :

  • Camp d’été spécialisé : 600$
  • Gardiennage spécialisé (8 samedis) : 800$
  • Activités d’intégration sociale : 400$

Ça a donné du répit crucial aux parents.

[Image suggérée : Infographie montrant utilisations possibles de l’allocation du programme de soutien]

Ressources :

Prestation d’assurance-emploi pour proches aidants

C’est quoi?

Un programme fédéral qui offre un soutien financier temporaire si vous devez vous absenter du travail pour prendre soin d’un proche gravement malade ou blessé.

Trois types de prestations :

1. Prestations de compassion

Pour qui : Proches aidants d’une personne gravement malade qui risque de décéder dans les 26 prochaines semaines

Durée : Jusqu’à 26 semaines

Montant : 55% de votre rémunération hebdomadaire moyenne assurable, jusqu’à un maximum de 668 $/semaine (2025)

2. Prestations pour proches aidants d’enfants

Pour qui : Parents ou proches aidants d’un enfant gravement malade ou blessé

Durée : Jusqu’à 35 semaines

Montant : 55% de votre rémunération, maximum 668 $/semaine

3. Prestations pour proches aidants d’adultes

Pour qui : Proches aidants d’un adulte gravement malade ou blessé (pas nécessairement en fin de vie)

Durée : Jusqu’à 15 semaines

Montant : 55% de votre rémunération, maximum 668 $/semaine

[Image suggérée : Tableau comparatif des trois types de prestations AE pour aidants]

Admissibilité générale :

  • Vous devez avoir accumulé au moins 600 heures d’emploi assurable dans les 52 dernières semaines
  • Vous devez vous absenter de votre emploi pour prodiguer des soins
  • Vous devez obtenir un certificat médical attestant que la personne a besoin de soins ou de soutien

Période d’attente : 1 semaine sans prestation au début de la demande

Partage possible : Plusieurs membres de la famille peuvent se partager les semaines de prestations (jusqu’au maximum indiqué)

Important pour les aidants de personnes avec SP :

La SP n’est généralement pas considérée comme une maladie « en fin de vie », donc la prestation de compassion ne s’applique habituellement pas.

MAIS : Les prestations pour proches aidants d’adultes peuvent s’appliquer si :

  • La personne est hospitalisée suite à une poussée grave
  • Elle subit une intervention médicale importante
  • Elle a besoin de soins intensifs temporaires

Limitation majeure : Les prestations sont TEMPORAIRES (maximum 15-35 semaines). Elles ne sont pas conçues pour les aidants à long terme de personnes avec maladie chronique progressive.

Comment faire la demande :

  1. Obtenez un certificat médical (formulaire fourni par Service Canada)
  2. Faites votre demande en ligne sur le site de l’assurance-emploi
  3. Fournissez un relevé d’emploi de votre employeur

Délai : Généralement 28 jours pour le premier versement

Mon expérience :

Je n’ai pas utilisé ce programme pour ma mère (sa maladie est chronique, pas aiguë). Mais j’ai accompagné des aidants qui l’ont utilisé lors de :

  • Hospitalisations prolongées
  • Périodes post-chirurgie nécessitant soins intensifs
  • Crises aiguës nécessitant présence constante

Pour ces situations temporaires, les prestations AE ont été essentielles.

Ressources :

Les programmes de répit

Le répit est essentiel pour prévenir l’épuisement. Plusieurs programmes offrent du répit financé ou à coût réduit.

[Image suggérée : Aidant prenant une pause café, détendu, symbolisant l’importance du répit]

Services de répit financés par le CLSC

Types de services offerts :

1. Répit à domicile

Quoi : Un préposé vient à domicile pour remplacer l’aidant pendant quelques heures

Fréquence typique : 2 à 4 heures par semaine (variable selon évaluation)

Coût : Gratuit ou contribution symbolique selon revenu

2. Centre de jour

Quoi : La personne aidée passe la journée (ou demi-journée) dans un centre offrant activités et soins

Fréquence typique : 1 à 3 jours par semaine

Avantages :

  • Stimulation sociale pour la personne aidée
  • Activités adaptées
  • Répit régulier pour l’aidant

Coût : Variable (souvent 5-15$/jour selon revenu)

3. Hébergement temporaire

Quoi : Séjour de quelques jours à quelques semaines en CHSLD ou centre spécialisé

Durée typique : 1 à 4 semaines

Utilisation : Permet à l’aidant de prendre vacances, se reposer, gérer une urgence personnelle

Atelier : Le dessin conceptuel au service des émotions

Coût : Contribution selon revenu (généralement 50-100$/jour)

Comment accéder à ces services?

  1. Contactez votre CLSC (811 option 2)
  2. Demandez une évaluation pour services de répit
  3. Un intervenant évaluera les besoins
  4. Services offerts selon disponibilité et évaluation

Réalité importante : La demande dépasse largement l’offre. Les listes d’attente peuvent être longues (plusieurs mois). Inscrivez-vous dès que possible, même si vous n’avez pas besoin immédiatement.

Mon expérience :

Ma mère va au centre de jour 2 matins par semaine. Ça me donne 8 heures de répit garanti pour travailler sans inquiétude.

Coût : 10/jour×2jours×52semaines=1040/jour × 2 jours × 52 semaines = 1 040/jour×2jours×52semaines=1040/an

Valeur réelle du service (si on devait payer plein tarif) : Facilement 5 000$/an

[Image suggérée : Photos de centre de jour avec activités pour personnes en perte d’autonomie]

L’Appui pour les proches aidants

C’est quoi?

Un organisme financé par le gouvernement du Québec qui soutient les proches aidants à travers tout le Québec.

Services offerts :

Info-aidant (ligne téléphonique)

  • Numéro : 1-855-852-7784
  • Gratuit, confidentiel, 24/7
  • Écoute, information, références
  • Service professionnel (intervenants sociaux)

Quand appeler?

  • Questions sur les ressources disponibles
  • Besoin d’écoute lors de moments difficiles
  • Besoin d’orientation vers services appropriés

Financement d’organismes locaux

L’Appui finance des dizaines d’organismes communautaires dans chaque région offrant :

  • Services de répit
  • Soutien psychosocial
  • Formations pour aidants
  • Groupes de soutien

Comment trouver ces organismes?

Formations gratuites

L’Appui offre ou finance des formations pour aidants sur :

  • Comprendre la maladie de votre proche
  • Techniques de soins
  • Gestion du stress et prévention de l’épuisement
  • Navigation du système de santé
  • Droits et recours

Généralement gratuites et offertes en ligne ou en personne.

Mon expérience :

J’ai suivi une formation de 6 semaines offerte par un organisme financé par L’Appui. Thème : « Prendre soin de soi comme aidant ».

Ça a été un game-changer. Rencontrer d’autres aidants, partager, recevoir des outils concrets, réaliser que je n’étais pas seule.

Coût : Gratuit Valeur : Inestimable

[Image suggérée : Logo de L’Appui et numéro Info-aidant bien visible]

Organismes financés par L’Appui dans le Centre-du-Québec :

  • Association des personnes proches aidantes de Bécancour-Nicolet-Yamaska
  • Association des proches aidants Arthabaska-Érable
  • Logisoutien Inc.

Ressources :

Les mesures fiscales indirectes

Au-delà des crédits spécifiques pour aidants, d’autres mesures fiscales peuvent alléger votre fardeau financier.

Déductions pour frais médicaux

Fédéral et provincial :

Vous pouvez déduire les frais médicaux admissibles payés pour vous, votre conjoint et vos personnes à charge.

Seuil à dépasser :

Fédéral : Le moindre de 3% de votre revenu net ou 2 759$ (2025) Québec : 3% de votre revenu familial net

Seuls les frais excédant ce seuil sont déductibles.

Frais médicaux admissibles (liste partielle) :

  • Médicaments prescrits
  • Soins dentaires
  • Lunettes et verres de contact
  • Appareils médicaux (canne, marchette, fauteuil roulant, etc.)
  • Soins d’un préposé à domicile (sous certaines conditions)
  • Frais de déplacement pour soins médicaux (si distance >40 km)
  • Primes d’assurance médicale privée
  • Aides techniques diverses

Important pour les aidants :

Si vous payez des frais médicaux pour la personne aidée (qui est votre personne à charge), vous pouvez les inclure dans vos déductions.

Exemple :

Votre revenu : 50 000$ Seuil fédéral : 50 000$ × 3% = 1 500$

Frais médicaux payés (pour vous et votre mère) : 4 500$

Frais déductibles : 4 500$ – 1 500$ = 3 000$

Crédit fédéral : 3 000$ × 12,525% = 376$

Conseil : Regroupez les frais médicaux de toute la famille sur la déclaration de la personne ayant le revenu le plus faible (pour minimiser le seuil à dépasser).

[Image suggérée : Exemples de reçus de frais médicaux admissibles]

Comment réclamer :

  • Fédéral : Ligne 33099
  • Québec : Ligne 381

Conservez tous les reçus (vous n’avez pas à les soumettre, mais l’ARC ou Revenu Québec peuvent les demander).

Fractionnement de revenu de pension

C’est quoi?

Une stratégie fiscale qui permet de transférer jusqu’à 50% de certains revenus de pension de votre conjoint à vous (ou vice-versa) pour réduire l’impôt total du couple.

Atelier : Procuration et mandat de protection, être mieux préparé pour l’avenir

Revenus admissibles au fractionnement :

  • Rente de retraite (RRQ/RPC)
  • Paiements d’un REER
  • Paiements d’un régime de pension agréé

Pourquoi c’est pertinent pour les aidants?

Si votre conjoint reçoit des prestations d’invalidité (qui sont imposables) et que vous avez un revenu plus faible, le fractionnement peut réduire l’impôt familial total.

Exemple :

Votre conjoint : 40 000$ de revenu (prestations invalidité + REER) Vous : 20 000$ de revenu

Sans fractionnement : Impôt élevé sur 40 000,impo^tfaiblesur20000, impôt faible sur 20 000,impo^tfaiblesur20000

Avec fractionnement (transfert de 10 000$) :

  • Conjoint : 30 000$ (impôt moyen)
  • Vous : 30 000$ (impôt moyen)

Résultat : Économie fiscale pour le couple (montant variable selon situation).

Comment le faire :

  • Formulaire T1032 (fédéral) : Choix conjoint visant le fractionnement du revenu de pension
  • Formulaire TP-1029.8.F (Québec) : Choix pour le fractionnement du revenu de pension admissible

Les deux conjoints doivent signer et joindre les formulaires à leurs déclarations respectives.

Important : Consultez un comptable ou fiscaliste. Le fractionnement n’est pas toujours avantageux (ça peut affecter certains crédits et prestations).

Mon cas :

Ma mère et mon père (divorcés) ne peuvent pas utiliser cette mesure. Mais j’ai conseillé plusieurs couples où cette stratégie a sauvé 1 000-2 000$/an en impôts.

Les aides spécifiques à l’emploi

Être aidant ne devrait pas vous forcer à choisir entre votre emploi et vos responsabilités familiales. Des protections existent.

[Image suggérée : Aidant au travail recevant soutien de son employeur]

Congés pour proches aidants

Congé pour obligations familiales (Loi sur les normes du travail – Québec)

Durée : Jusqu’à 10 jours par année

Conditions :

  • Les 2 premiers jours sont payés (si vous avez 3 mois d’ancienneté)
  • Les 8 jours suivants sont sans solde
  • Pour obligations liées à la santé d’un proche

Motifs admissibles :

  • Accompagner un proche à un rendez-vous médical
  • Prodiguer des soins
  • Visiter un proche hospitalisé

Congé de proche aidant (fédéral – pour employés sous juridiction fédérale)

Durée : Jusqu’à 28 semaines sur une période de 52 semaines

Conditions :

  • Sans solde
  • Pour prendre soin d’un proche gravement malade

Important : Ce congé s’applique seulement aux employés d’entreprises sous juridiction fédérale (banques, télécommunications, transport interprovincial, etc.)

Congé sans solde pour raisons personnelles

Même sans loi spécifique, de nombreux employeurs offrent des congés sans solde. Demandez ! Négociez. Expliquez votre situation.

Mon expérience :

J’ai négocié un congé sans solde de 3 mois après la première hospitalisation majeure de maman. Mon employeur a accepté (après que j’aie expliqué ma situation et proposé un plan de transition pour mes dossiers).

Ce congé m’a permis de stabiliser la situation sans démissionner.

Normes du travail protectrices

Protection contre les représailles

Loi sur les normes du travail (Québec) :

Votre employeur ne peut pas vous congédier, vous suspendre ou vous pénaliser parce que vous :

  • Avez exercé un droit prévu par la loi (incluant congés familiaux)
  • Avez fourni des informations à la CNESST

Si vous subissez des représailles, vous pouvez déposer une plainte à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Droit à l’accommodement raisonnable

En vertu de la Charte des droits et libertés du Québec :

Si vos responsabilités d’aidant constituent une « obligation familiale », votre employeur a un devoir d’accommodement raisonnable.

Accommodements possibles :

  • Horaire flexible
  • Télétravail partiel
  • Réduction temporaire des heures
  • Réaménagement des tâches

L’employeur doit accommoder jusqu’à ce que ça constitue une contrainte excessive.

Comment faire valoir ce droit :

  1. Faites une demande écrite à votre employeur
  2. Expliquez votre situation et les accommodements qui vous aideraient
  3. Soyez ouvert à discuter de solutions alternatives
  4. Si refus, contactez la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ)

Ressources :

Mon expérience :

Quand j’ai réduit à temps partiel, j’ai d’abord demandé des accommodements à mon employeur (horaires flexibles, possibilité de télétravailler 2 jours/semaine).

Ils ont refusé (entreprise rigide, culture présentéiste). J’ai finalement changé d’emploi pour un poste plus flexible.

Mais j’aurais pu porter plainte. Je ne le savais pas à l’époque. Aujourd’hui, je conseille aux aidants de connaître leurs droits AVANT de négocier.

[Image suggérée : Infographie sur les droits des aidants en milieu de travail]

Comment maximiser vos aides : stratégies pratiques

Connaître les programmes, c’est bien. Les utiliser efficacement, c’est mieux.

Voici mes stratégies testées sur le terrain.

1. Faire l’inventaire complet dès le départ

Dès que vous devenez aidant, faites cette liste :

☐ Âge de la personne aidée ☐ A-t-elle une déficience grave attestée? ☐ Cohabitez-vous ou non? ☐ Quel est son revenu annuel? ☐ Quel est votre revenu annuel? ☐ Êtes-vous conjoint, parent, enfant, autre? ☐ Travaillez-vous? Temps plein ou partiel?

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Voir l'activité

Avec ces réponses, identifiez vos programmes admissibles.

Utilisez le calculateur de L’Appui ou consultez un organisme d’aidants de votre région.

2. Réclamer TOUS les crédits d’impôt auxquels vous avez droit

Ne laissez rien sur la table.

Chaque année, faites votre déclaration avec :

  • Crédit d’impôt pour personne aidante (Québec)
  • Crédit canadien pour aidant naturel (Fédéral)
  • Déductions pour frais médicaux (si applicables)
  • Crédit pour maintien à domicile (si votre proche a 70 ans ou plus)

Consultez un comptable spécialisé la première année. Investissement de 300-400$, mais ça vous montre comment faire et vous assure de ne rien manquer.

Les années suivantes, utilisez un logiciel d’impôt qui pose les bonnes questions (H&R Block, TurboImpôt, etc.)

3. Demander rétroactivement

Vous pouvez généralement demander des crédits rétroactivement jusqu’à 3 ans.

Si vous n’avez pas réclamé les crédits d’aidant lors des années précédentes, vous pouvez modifier vos déclarations et récupérer l’argent.

Comment?

  • Remplissez les formulaires pour les années passées
  • Envoyez une demande de redressement à Revenu Québec et à l’ARC

J’ai aidé plusieurs aidants à récupérer 3 000-5 000$ d’impôts des 3 dernières années. Argent qu’ils croyaient perdu à jamais.

4. S’inscrire sur les listes d’attente immédiatement

Centre de jour, hébergement temporaire, allocation directe :

Les listes d’attente sont longues. Ne pas attendre d’être à bout pour vous inscrire.

Inscrivez-vous dès que le diagnostic est posé, même si vous n’avez pas besoin immédiatement.

Quand vous en aurez besoin, vous serez déjà dans le système.

5. Combiner les programmes intelligemment

Exemple de combinaison optimale :

  • Allocation directe (6h/semaine de services gratuits)
  • Centre de jour (2 matins/semaine de répit)
  • Crédit pour personne aidante (jusqu’à 2 988$)
  • Crédit pour services de relève (jusqu’à 1 560$ pour répit additionnel payé)
  • Crédit canadien pour aidant (jusqu’à 1 049$)

Total potentiel : 7 000-10 000$/an d’aides + services gratuits

6. Documenter tout

Conservez :

  • Tous les reçus de frais médicaux
  • Tous les reçus de services de répit payés
  • Attestations médicales
  • Relevés bancaires montrant les paiements
  • Correspondance avec organismes

Durée de conservation recommandée : 6 ans

Vous n’avez pas à tout soumettre avec votre déclaration, mais l’ARC ou Revenu Québec peuvent demander des pièces justificatives jusqu’à 6 ans après.

7. Utiliser les outils et ressources disponibles

Ne réinventez pas la roue :

[Image suggérée : Checklist des stratégies de maximisation des aides]

Mon parcours : de 0$ à 7 200$ d’aides annuelles

Pour illustrer concrètement, voici l’évolution de mes aides sur 7 ans.

Année 1 (2018) : 0 $

  • Je ne savais rien
  • Je n’ai réclamé aucun crédit
  • Je n’ai demandé aucun service
  • Je me suis épuisée seule

Argent laissé sur la table : environ 3 000 $

Année 2 (2019) : 1 500 $

  • Réclamé crédit pour personne aidante (Québec) : 1 494 $
  • Rien d’autre

Argent encore laissé sur la table : environ 2 000 $

Année 3 (2020) : 3 200 $

  • Crédit pour personne aidante (Québec) : 1 494 $
  • Crédit canadien pour aidant (fédéral) : 70 $
  • Services de répit via CLSC (valeur) : 1 200 $
  • Déductions frais médicaux : 400 $

Année 4-5 (2021-2022) : 5 500 $ par année

  • Crédit pour personne aidante : 1 494 $
  • Crédit pour services de relève (répit payé) : 1 200 $
  • Crédit canadien pour aidant : 70 $
  • Transfert crédit pour personnes handicapées : 800 $
  • Centre de jour (valeur) : 2 500 $
  • Déductions frais médicaux : 500 $

Années 6-7 (2023-2024) : 7 200 $ par année

  • Crédit pour personne aidante : 1 494 $
  • Crédit pour services de relève : 1 440 $
  • Crédit canadien pour aidant : 70 $
  • Transfert crédit pour personnes handicapées : 800 $
  • Allocation directe / chèque emploi-service (valeur) : 3 000 $
  • Centre de jour (valeur) : 2 500 $
  • Déductions frais médicaux : 600 $

De 0 $ à 7 200 $ en 7 ans.

Ça n’a pas changé ma vie du jour au lendemain. Mais ça a rendu l’aidance financièrement soutenable à long terme.

Et surtout, j’ai récupéré rétroactivement environ 4 500 $ pour les années 1-2 où je n’avais rien réclamé.

[Image suggérée : Graphique montrant évolution des aides de l’année 1 à l’année 7]

Les erreurs courantes à éviter

Après 7 ans comme aidante et 6 ans à accompagner d’autres aidants, voici les erreurs que je vois constamment.

Erreur #1 : Attendre d’être à bout pour demander de l’aide

Le problème : Vous attendez d’être complètement épuisé, endetté, malade avant de chercher des ressources.

La solution : Demandez dès le diagnostic. Inscrivez-vous sur les listes d’attente. Réclamez les crédits dès la première année.

L’aide préventive est plus efficace (et moins coûteuse psychologiquement) que l’aide d’urgence.

Erreur #2 : Ne pas réclamer les crédits parce que « c’est trop compliqué »

Le problème : Vous trouvez les formulaires intimidants et vous abandonnez.

La solution : Demandez de l’aide. Organismes communautaires, comptables, services bénévoles d’aide fiscale.

Ou utilisez un logiciel d’impôt qui pose les questions en langage clair.

Ne laissez pas 2 000-4 000 $/an s’envoler parce que les formulaires sont rebutants.

Erreur #3 : Croire qu’on n’est pas admissible sans vérifier

Le problème : Vous assumez que vous n’êtes pas admissible à un programme sans même vérifier les critères.

« Ça doit être pour les cas plus lourds que nous. » « On n’est probablement pas assez pauvres. » « Je ne cohabite pas, donc ça ne s’applique pas. »

Conférence 2 : Nourrir le cerveau (Énergie, concentration, mémoire)

La solution : Vérifiez. Appelez. Demandez. Vous seriez surpris de ce à quoi vous avez droit.

Erreur #4 : Ne pas conserver les reçus

Le problème : Vous jetez les reçus de pharmacie, d’équipements, de services parce que « ça ne servira jamais ».

La solution : Conservez TOUT. Créez un système simple (enveloppe par année, dossier numérique, peu importe).

Vous ne savez pas ce qui sera déductible jusqu’à ce que vous fassiez votre déclaration. Et l’ARC peut demander des justificatifs jusqu’à 6 ans après.

Erreur #5 : Ne pas communiquer avec l’employeur

Le problème : Vous cachez votre situation d’aidant à votre employeur par peur de jugement ou de représailles.

La solution : Communiquez (quand vous êtes prêt et si vous jugez l’environnement sécuritaire).

Plusieurs employeurs sont ouverts aux accommodements. Mais ils ne peuvent pas aider s’ils ne savent pas.

Et légalement, vous avez des droits.

Erreur #6 : Refuser de l’aide pour « ne pas déranger »

Le problème : Vous refusez le répit, les services, l’aide communautaire parce que « d’autres en ont plus besoin » ou « je ne veux pas déranger ».

La solution : Ces services existent POUR VOUS. Utilisez-les. Vous n’enlevez rien à personne. Vous prenez soin de vous pour pouvoir continuer à aider.

S’épuiser complètement n’aide personne. Pas vous. Pas la personne aidée.

[Image suggérée : Bande dessinée montrant les erreurs courantes avec humour]

Ressources et outils pratiques

Voici les ressources que j’utilise et recommande constamment.

Lignes téléphoniques et information

Info-aidant (L’Appui pour les proches aidants)

  • 1-855-852-7784
  • 24/7, gratuit, confidentiel
  • Écoute, information, références

Info-Social (réseau de la santé)

  • 811, option 2
  • Orientation vers services de votre CLSC

Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ)

  • 1-800-361-6477
  • Pour questions sur discrimination, accommodements

CNESST (normes du travail)

  • 1-844-838-0808
  • Pour questions sur congés, protections au travail

Sites web essentiels

L’Appui pour les proches aidants

  • www.lappui.org
  • Calculateur de crédits, répertoire de ressources, formations

Revenu Québec

Agence du revenu du Canada

Chaire en fiscalité et finances publiques (Université de Sherbrooke)

Organismes communautaires

Dans le Centre-du-Québec :

  • Association des personnes proches aidantes de Bécancour-Nicolet-Yamaska
  • Association des proches aidants Arthabaska-Érable
  • Logisoutien Inc.

Dans votre région : Appelez Info-aidant pour connaître les organismes près de chez vous.

Livres et guides

« Proche aidant : Un guide pour vous »

  • Éditions Protégez-vous + Gouvernement du Québec
  • Gratuit en ligne
  • Très complet, langage clair

« Guide des mesures fiscales provinciales et fédérales à l’intention des personnes handicapées »

  • Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ)
  • Gratuit en ligne

Services d’aide fiscale

Programme communautaire des bénévoles en matière d’impôt (PCBMI)

[Image suggérée : Carte du Québec avec points de contact pour ressources régionales]


Note importante

L’information dans cet article est générale et éducative. Votre situation est unique.

Les montants, critères d’admissibilité et programmes peuvent changer. Vérifiez toujours l’information à jour auprès des sources officielles.

Pour des conseils personnalisés, consultez :

  • Un comptable ou fiscaliste
  • Un organisme pour aidants de votre région
  • Info-aidant : 1-855-852-7784

Note de Julie

Il y a 7 ans, quand maman a reçu son diagnostic, personne ne m’a parlé des aides financières disponibles.

J’ai découvert leur existence par hasard. En parlant avec une autre aidante dans la salle d’attente du neurologue.

Ça m’a mise en colère. Pourquoi ces programmes existent-ils si personne n’en parle? Pourquoi faut-il chercher, fouiller, tomber dessus par chance?

Aujourd’hui, dans mon travail, je m’assure que chaque nouvel aidant que je rencontre reçoive cette information. Dès le départ. Clairement. Complètement.

Parce qu’aider quelqu’un qu’on aime est déjà assez difficile. On ne devrait pas avoir à se ruiner en plus.

Vous avez droit à ces aides. Ce n’est pas de la charité. C’est de la reconnaissance pour le travail essentiel que vous faites.

Alors s’il vous plaît, réclamez ce qui vous revient. Utilisez ces ressources. Prenez soin de vous financièrement autant que vous prenez soin de votre proche.

Pour aller plus loin : Ressources professionnelles

Information gouvernementale :

Soutien et information pour aidants :

Droits et protections :

  • Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ)
    1-800-361-6477
    www.cdpdj.qc.ca
  • Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST)
    1-844-838-0808
    www.cnesst.gouv.qc.ca

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