Comprendre les symptômes invisibles de la sclérose en plaques

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Femme assise seule dans un transport en commun, regard posé vers l’avant, environnement en noir et blanc.

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[Image : Personne assise seule, l’air fatiguée, regardant par la fenêtre]

Personne assise seule près d’une fenêtre, l’air fatiguée et pensive, plongée dans ses pensées.

Quand on pense à la sclérose en plaques, on imagine souvent une canne ou un fauteuil roulant. Mais la réalité est bien différente. La plupart des symptômes de la SP ne se voient pas de l’extérieur.

Ma mère pouvait avoir l’air parfaitement normale un matin, mais être complètement épuisée en dedans. C’est ça, les symptômes invisibles : ils sont bien réels, mais personne ne peut les voir.

La fatigue : bien plus qu’être simplement fatigué

La fatigue liée à la SP n’a rien à voir avec le fait d’être fatigué après une mauvaise nuit. C’est une épuisement profond qui arrive sans avertissement.

Une personne peut se réveiller déjà épuisée, même après 10 heures de sommeil. Ou se sentir vidée de toute énergie en plein après-midi, sans raison apparente.

[Image : Réveil-matin et personne encore au lit malgré qu’il soit tard le matin]

Réveil-matin indiquant une heure avancée tandis qu’une personne reste allongée dans son lit, suggérant une fatigue persistante.

Cette fatigue peut forcer quelqu’un à annuler des plans à la dernière minute. Pas parce qu’elle ne veut plus sortir, mais parce que son corps refuse tout simplement de coopérer.

Je me souviens de fois où ma mère avait promis de venir à mes matchs de soccer. Elle voulait vraiment être là. Mais parfois, la fatigue gagnait, et elle devait rester à la maison.

Les douleurs qu’on ne voit pas

Beaucoup de personnes atteintes de SP vivent avec des douleurs chroniques. Des picotements, des brûlures, des sensations bizarres dans les membres.

Certaines ont l’impression d’avoir des chocs électriques qui traversent leur corps. D’autres sentent comme si leurs jambes étaient prises dans du ciment.

[Image : Personne se tenant la jambe, expression de douleur sur le visage]

Personne adulte assise se tenant la jambe, le visage marqué par une expression de douleur.

Ces douleurs peuvent être constantes ou apparaître par vagues. Elles peuvent changer de place dans le corps d’une journée à l’autre.

Et le pire? Les autres ne les voient pas. Alors parfois, les gens pensent que la personne exagère ou invente ses symptômes.

Les problèmes de mémoire et de concentration

La SP peut affecter la mémoire et la capacité de se concentrer. On appelle ça les troubles cognitifs.

Une personne peut oublier ce qu’elle vient de dire il y a deux minutes. Ou perdre le fil de sa pensée en plein milieu d’une phrase.

[Image : Personne confuse devant un calendrier ou une liste de tâches]

Personne regardant un calendrier ou une liste de tâches avec une expression de confusion ou de désorientation.

Elle peut avoir du mal à faire plusieurs choses en même temps. Ou mettre beaucoup plus de temps qu’avant pour comprendre quelque chose de nouveau.

Ça peut être vraiment frustrant, surtout pour quelqu’un qui était habitué d’avoir une excellente mémoire. Ma mère oubliait parfois des conversations qu’on avait eues la veille, et je voyais bien que ça la dérangeait.

Les vertiges et les problèmes d’équilibre

Certaines personnes avec la SP ont l’impression que la pièce tourne autour d’elles. Comme si elles étaient sur un bateau en pleine tempête, mais debout dans leur cuisine.

Ces vertiges peuvent rendre difficile de marcher en ligne droite. Ou même de rester debout sans s’appuyer sur quelque chose.

De l’extérieur, ça peut ressembler à de l’ivresse. Mais c’est juste le cerveau qui a du mal à interpréter les signaux du corps correctement.

Les changements d’humeur

La SP peut aussi affecter les émotions. Certaines personnes deviennent plus facilement irritables ou tristes.

Ce n’est pas juste « être de mauvaise humeur ». C’est le résultat de changements dans le cerveau causés par la maladie. [Lien vers article à créer : « Comment la SP affecte les émotions »]

[Image : Personne assise, tête entre les mains, air découragé]

Personne assise, la tête entre les mains, affichant une posture de découragement et de fatigue émotionnelle.

Il y a aussi quelque chose qu’on appelle le rire et les pleurs pathologiques. La personne peut se mettre à rire ou pleurer sans raison, ou de façon exagérée par rapport à la situation.

C’est vraiment difficile à vivre pour la personne, parce qu’elle n’a pas de contrôle sur ces réactions. Et c’est déroutant pour l’entourage qui ne comprend pas ce qui se passe.

Les problèmes de vessie et d’intestins

La SP peut causer des problèmes de contrôle de la vessie. La personne peut avoir envie d’uriner très souvent, ou au contraire, avoir du mal à vider complètement sa vessie.

Parfois, l’envie arrive tellement soudainement qu’elle doit trouver une toilette en urgence. Ça peut vraiment limiter les sorties et les activités sociales.

[Image : Panneau indiquant des toilettes]

Panneau signalant l’emplacement des toilettes dans un lieu public.

Les problèmes d’intestins sont aussi fréquents. Constipation, diarrhée, ou les deux en alternance. Encore une fois, c’est quelque chose dont on ne parle pas beaucoup, mais qui affecte vraiment la qualité de vie.

Ces symptômes sont particulièrement gênants parce qu’ils touchent à l’intimité. Les personnes n’osent pas toujours en parler, même à leur médecin.

Les troubles de la vision

La SP peut affecter la vision de différentes façons. Vision floue, vision double, douleur en bougeant les yeux.

Parfois, ces problèmes disparaissent après quelques jours ou semaines. D’autres fois, ils persistent plus longtemps.

[Image : Vue floue ou déformée représentant des troubles visuels]

Vue volontairement floue et légèrement déformée d’un environnement intérieur, illustrant des troubles visuels.

Une personne peut avoir l’air de bien voir, mais en réalité, elle voit double ou tout est flou. Ça rend difficile de lire, de conduire, ou même de regarder la télévision.

Ma mère a déjà eu un épisode où elle voyait tout embrouillé pendant plusieurs semaines. De l’extérieur, on ne voyait rien. Mais elle, elle fonctionnait presque à l’aveugle.

La sensibilité à la chaleur

Beaucoup de personnes atteintes de SP voient leurs symptômes empirer avec la chaleur. Une douche chaude, une journée d’été, un effort physique peuvent déclencher ce qu’on appelle le phénomène d’Uhthoff.

Leurs symptômes s’intensifient temporairement. La fatigue augmente, la vision devient plus floue, la faiblesse dans les jambes s’accentue.

[Image : Thermomètre montrant une température élevée, ou personne s’éventant]

Thermomètre indiquant une température élevée, suggérant une sensibilité accrue à la chaleur.

Ça explique pourquoi certaines personnes avec la SP évitent les activités estivales ou préfèrent rester au frais. Ce n’est pas qu’elles sont difficiles, c’est que leur corps réagit mal à la chaleur.

Pour ma mère, les étés étaient toujours plus difficiles. Elle devait planifier ses sorties tôt le matin ou tard le soir pour éviter les heures les plus chaudes.

L’impact sexuel

La SP peut affecter la vie sexuelle de différentes façons. Perte de sensibilité, sécheresse, difficultés érectiles pour les hommes, problèmes d’orgasme.

Ces symptômes sont rarement discutés, mais ils sont bien réels. Ils peuvent affecter les relations de couple et l’estime de soi.

La fatigue et les douleurs peuvent aussi diminuer l’intérêt pour la sexualité. Ce n’est pas un manque d’amour, c’est un symptôme de la maladie.

Pourquoi c’est si difficile quand les symptômes sont invisibles

Le plus dur avec les symptômes invisibles, c’est que les autres ne les croient pas toujours. Ils voient quelqu’un qui a l’air normal et se demandent pourquoi cette personne ne peut pas faire certaines choses.

« Tu n’as pas l’air malade. » C’est probablement la phrase que les personnes atteintes de SP entendent le plus. Et c’est une des plus blessantes.

[Image : Deux personnes en conversation, une ayant l’air frustrée ou incomprise]

Deux personnes en conversation, l’une semblant frustrée ou incomprise tandis que l’autre écoute sans pleinement comprendre.

Les symptômes invisibles forcent aussi la personne à constamment expliquer ce qu’elle vit. À justifier pourquoi elle annule des plans. À prouver qu’elle ne fait pas semblant.

Quand j’étais ado, je ne comprenais pas toujours pourquoi ma mère semblait bien une minute et complètement épuisée la suivante. Maintenant, je réalise à quel point c’était difficile pour elle de devoir m’expliquer encore et encore.

Comment réagir face aux symptômes invisibles

Si quelqu’un dans votre vie vit avec la SP, croyez-le quand il vous parle de ses symptômes. Même si vous ne voyez rien de l’extérieur.

Ne comparez pas sa fatigue à la vôtre. Ne minimisez pas ses douleurs parce qu’il n’y a pas de blessure visible.

[Image : Deux personnes assises ensemble, une écoutant attentivement l’autre]

Deux personnes assises ensemble, l’une parlant tandis que l’autre écoute attentivement avec une posture ouverte et bienveillante.

Offrez votre aide de façon concrète plutôt que de dire « dis-moi si tu as besoin de quelque chose ». Proposez des choses précises : faire l’épicerie, préparer un repas, l’accompagner à un rendez-vous.

Et surtout, comprenez que les plans peuvent changer à la dernière minute. Ce n’est pas personnel. C’est juste la réalité de vivre avec une maladie imprévisible.

Pour en savoir plus sur comment soutenir un proche qui vit avec la SP, consultez notre article Comment aider un ami dont le parent a la sclérose en plaques.

NOTE IMPORTANTE

Les informations contenues dans cet article sont à but éducatif seulement et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de la santé. Chaque personne atteinte de SP vit des symptômes différents.

Si vous ou un proche présentez des symptômes qui vous inquiètent, consultez un médecin.

NOTE DE LÉA

Écrire cet article m’a ramenée à tellement de souvenirs. Je me rappelle toutes les fois où je me suis sentie frustrée parce que je ne comprenais pas pourquoi ma mère ne pouvait pas faire certaines choses alors qu’elle avait l’air bien.

Maintenant, avec mon expérience professionnelle et mon recul, je comprends à quel point c’était dur pour elle aussi. Elle aurait voulu être là pour tous mes événements. Elle aurait voulu avoir l’énergie de faire plus de choses avec moi.

Si vous vivez avec un parent atteint de SP, sachez que vos émotions sont valides. C’est correct d’être frustré parfois. C’est correct de ne pas toujours comprendre. Mais essayez de vous rappeler que votre parent fait de son mieux avec ce que son corps lui permet de faire.

Et si vous êtes la personne qui vit avec ces symptômes invisibles, je vous vois. Votre fatigue est réelle. Vos douleurs sont réelles. Vos difficultés sont réelles. Même si les autres ne les voient pas toujours.

Pour aller plus loin : ressources professionnelles

Société canadienne de la SP

Ressources scientifiques