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Vous vous demandez si vous devez divulguer votre diagnostic de SP à votre employeur? C’est une question juridique importante que je reçois régulièrement dans ma pratique de navigateur en santé.
La réponse courte : non, vous n’êtes pas obligé de divulguer votre diagnostic. Au Québec, votre vie privée médicale est protégée par la loi.
Mais il y a des nuances importantes à comprendre. Dans ce guide, je vous explique exactement quels sont vos droits, vos obligations, et comment protéger vos intérêts si vous décidez de divulguer.
Je m’appelle Daniel Rousseau, travailleur social et navigateur en santé pour la Société de la SP du Centre-du-Québec. Depuis 15 ans, j’aide des personnes atteintes de SP à comprendre et exercer leurs droits au travail. Voici ce que vous devez savoir.
Note importante : Cet article couvre les aspects juridiques et pratiques de la divulgation au Québec. Pour comprendre l’impact émotionnel de cette décision et les stratégies pour gérer l’anxiété qu’elle génère, consultez l’article de Sophie sur l’anxiété de divulgation. Les deux articles se complètent.
Sommaire
Ce que dit la loi au Québec
Au Québec, la Charte des droits et libertés de la personne protège votre droit à la vie privée. Vous n’avez aucune obligation légale de divulguer votre diagnostic de SP à votre employeur, sauf dans une situation précise que je vais expliquer dans un instant.
Le handicap est un motif de discrimination interdit par la Charte. Cela signifie qu’un employeur ne peut pas vous congédier, vous refuser une promotion, ou vous traiter différemment à cause de votre SP.
Important : La SP est considérée comme un handicap au sens de la Charte, même si vos symptômes sont invisibles ou intermittents. Même en rémission. Même si vous ne « paraissez pas malade ».
[IMAGE SUGGÉRÉE : Personne assise à un bureau, l’air pensif, regardant par la fenêtre]
Quand vous devez divulguer (et quoi dire)
Il y a UN cas où vous devez fournir de l’information : quand vous demandez un accommodement raisonnable.
Par exemple :
- Horaire flexible pour vos rendez-vous médicaux
- Télétravail certains jours
- Pauses plus fréquentes
- Adaptation de votre poste de travail
- Diminution temporaire de vos heures
Dans ces situations, vous devez expliquer vos limitations fonctionnelles, mais vous n’êtes pas obligé de nommer la maladie.
Vous pouvez dire :
« J’ai une condition médicale chronique qui nécessite des ajustements. Mon médecin recommande [l’accommodement spécifique]. Voici une note médicale qui confirme mes limitations. »
Vous n’avez PAS à dire :
« J’ai la sclérose en plaques et voici tous mes symptômes en détail. »
Votre médecin peut rédiger une note qui décrit vos limitations sans nommer le diagnostic. Par exemple : « Cette personne a une condition neurologique chronique qui nécessite un horaire flexible pour des traitements médicaux réguliers. »
[IMAGE SUGGÉRÉE : Main tenant une enveloppe contenant un document médical]
L’obligation d’accommodement raisonnable de l’employeur
Une fois que vous avez demandé un accommodement pour des raisons médicales, votre employeur a une obligation légale de vous accommoder, à moins que cela ne lui cause une « contrainte excessive ».
Cette obligation vient de la Charte des droits et libertés. Ce n’est pas une faveur. Ce n’est pas de la gentillesse. C’est la loi.
L’employeur doit :
- Évaluer votre demande sérieusement
- Chercher activement des solutions
- Faire preuve de créativité et de flexibilité
- Vous accommoder jusqu’à la limite de la contrainte excessive
Qu’est-ce qu’une contrainte excessive?
C’est évalué au cas par cas. Les facteurs considérés incluent :
- La taille de l’entreprise
- Les coûts financiers
- L’impact sur les opérations
- Les questions de santé et sécurité
Ce n’est PAS une contrainte excessive de :
- Modifier légèrement votre horaire
- Vous permettre du télétravail
- Ajuster votre charge de travail temporairement
- Installer un équipement ergonomique de base
- Vous donner des pauses supplémentaires
Une petite entreprise de 5 employés pourrait démontrer une contrainte excessive plus facilement qu’une grande compagnie. Mais même les petites entreprises ont des obligations.
[IMAGE SUGGÉRÉE : Poste de travail ergonomique adapté avec fauteuil confortable et éclairage ajusté]
Les trois scénarios de divulgation possibles
Dans ma pratique de 15 ans, je vois trois situations distinctes. Voici ce qui se passe légalement dans chacune.
Scénario 1 : Vous ne divulguez pas
Vos droits :
- Vous n’avez aucune obligation légale de divulguer
- Votre médecin peut écrire des notes d’absence sans mentionner le diagnostic
- Vous pouvez utiliser congés maladie/vacances pour rendez-vous médicaux
- Votre vie privée est protégée par la Charte
Vos limites :
- Vous ne pouvez pas demander d’accommodements formels
- Si votre performance est affectée, vous n’avez pas d’explication officielle
- En cas de congédiement pour performance, vous avez moins de protection légale
Ce qui est important :
- C’est un choix parfaitement légitime et légal
- Vous n’avez pas à vous justifier auprès de quiconque
[IMAGE SUGGÉRÉE : Personne travaillant calmement à son bureau, expression sereine]
Scénario 2 : Vous divulguez pour obtenir des accommodements
Vos droits :
- Protection complète contre discrimination (Charte des droits et libertés)
- Droit aux accommodements raisonnables
- Obligation légale de l’employeur de vous accommoder
- Droit à la confidentialité (seules les personnes nécessaires peuvent savoir)
Vos obligations :
- Fournir documentation médicale attestant limitations fonctionnelles
- Collaborer au processus d’accommodement
- Accepter les accommodements raisonnables proposés par l’employeur
Ce qui est protégé par la loi :
- Vous ne pouvez pas être congédié pour avoir divulgué
- Vous ne pouvez pas être pénalisé dans les promotions ou évaluations
- Votre information médicale doit rester confidentielle
[IMAGE SUGGÉRÉE : Deux personnes en conversation professionnelle, une tenant des documents, atmosphère positive]
Scénario 3 : Vous divulguez sans demander d’accommodements
Situation juridique :
- Vous êtes protégé contre la discrimination (Charte)
- Mais vous n’avez pas déclenché l’obligation d’accommodement
- L’employeur n’a pas d’obligation légale de modifier vos conditions de travail
Ce que je recommande :
- Si vous divulguez, demandez toujours des accommodements spécifiques
- Sinon, vous n’avez pas de recours si l’employeur ne vous aide pas
- La simple divulgation ne crée pas d’obligations légales pour l’employeur
Note de mon expérience : Dans 15 ans de pratique, j’ai rarement vu des avantages à divulguer sans demander d’accommodements. Si vous n’avez pas besoin d’ajustements, vous n’avez généralement pas besoin de divulguer.
Non-divulgation : vos droits et stratégies légales
La non-divulgation est un choix légitime protégé par votre droit à la vie privée.
Voici comment exercer ce droit tout en vous protégeant légalement :
Pour les absences médicales :
- Votre médecin peut écrire « absence pour raisons médicales »
- L’employeur ne peut pas exiger le diagnostic spécifique
- Vous n’avez qu’à fournir une note confirmant l’incapacité de travailler
- La durée et les dates suffisent légalement
Si on vous questionne :
- Vous pouvez répondre « raisons médicales personnelles »
- Vous n’avez aucune obligation légale d’en dire plus
- Si pression excessive de l’employeur, contactez la CDPDJ
[IMAGE SUGGÉRÉE : Main tenant un document médical avec sections caviardées]
Protection de votre vie privée :
- Ne parlez jamais de votre SP dans les courriels professionnels
- Ne laissez pas de documentation SP visible au bureau
- Vos collègues n’ont aucun droit légal à cette information
- Seul votre employeur (RH) peut légalement demander une note médicale
Limites légales importantes :
Sans divulgation, vous ne pouvez pas :
- Demander des accommodements formels
- Invoquer votre condition si votre performance est affectée
- Avoir une protection spécifique en cas de congédiement pour performance
Mon conseil professionnel basé sur 15 ans d’expérience :
La non-divulgation fonctionne bien si :
- Vos symptômes sont gérables sans accommodements formels
- Votre emploi offre déjà la flexibilité nécessaire
- Vous avez un solide réseau de soutien externe
Si vous commencez à avoir besoin d’ajustements au travail, consultez un travailleur social ou contactez-moi pour réévaluer votre situation.
Divulgation formelle : la procédure recommandée
Voici la séquence exacte que je recommande après 15 ans d’accompagnement de personnes atteintes de SP :
Étape 1 : Contactez les Ressources Humaines
Par courriel (pour créer une trace écrite) :
Objet : Demande d'accommodements médicaux
Bonjour,
Je souhaite discuter d'accommodements nécessaires pour des raisons médicales, conformément à mes droits selon la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.
Je demande une rencontre privée pour discuter des ajustements requis.
Merci de me confirmer votre disponibilité.
Cordialement,
[Votre nom]
Pourquoi cette formulation précise :
- Mentionne « Charte » = établit le cadre légal immédiatement
- « Accommodements nécessaires » pas « demande d’aide » = c’est un droit, pas une faveur
- Trace écrite = preuve juridique de votre démarche
- Pas de détails médicaux par courriel = protection de votre vie privée
[IMAGE SUGGÉRÉE : Personne rédigeant un courriel professionnel]
Étape 2 : Rencontre avec les Ressources Humaines
Documents à apporter :
- Note médicale attestant vos limitations fonctionnelles
- Liste écrite des accommodements demandés (préparez 3 copies : vous, RH, superviseur)
- Guide de l’employeur de SP Canada (si pertinent)
Ce que vous dites (version juridique directe) :
« J’ai une condition médicale qui nécessite certains accommodements au travail. Voici la documentation médicale attestant mes limitations fonctionnelles.
Selon la Charte des droits et libertés, j’ai droit à des accommodements raisonnables. Voici les ajustements que je demande : [présenter votre liste]
Je suis disponible pour discuter de la mise en œuvre de ces accommodements.
Quel est le processus dans cette organisation pour formaliser ces ajustements? »
Ce que vous NE dites PAS :
- Détails médicaux non nécessaires aux accommodements
- Pronostic à long terme de votre condition
- Vos symptômes en détail
Restez factuel. Restez dans le cadre légal.
Étape 3 : Suivi écrit obligatoire
Dans les 24 heures, envoyez un courriel récapitulatif :
Objet : Suivi - Demande accommodements médicaux
Bonjour [nom],
Suite à notre rencontre du [date], voici ma compréhension des points discutés :
Accommodements demandés :
1. [Accommodement 1]
2. [Accommodement 2]
3. [Accommodement 3]
Prochaines étapes convenues :
- [Action 1] - Responsable : [nom] - Échéance : [date]
- [Action 2] - Responsable : [nom] - Échéance : [date]
Merci de confirmer si cette compréhension est exacte. Si des éléments sont incomplets ou inexacts, merci de m'en informer par écrit.
Cordialement,
[Votre nom]
[IMAGE SUGGÉRÉE : Calendrier avec dates et échéances marquées]
Pourquoi c’est juridiquement crucial :
Si l’employeur ne donne pas suite, vous avez une preuve écrite de :
- Votre demande formelle d’accommodements
- Les accommodements spécifiques demandés
- L’engagement (ou l’absence d’engagement) de l’employeur
- Les délais convenus
Cette trace écrite est essentielle pour un recours à la CDPDJ.
Délai raisonnable pour réponse de l’employeur :
- 2-4 semaines pour évaluation de la demande
- Si pas de réponse après 4 semaines, relancez par écrit
- Si toujours rien après 6 semaines, contactez la CDPDJ
Mon conseil professionnel :
La clé juridique n’est pas de « bien exprimer vos besoins émotionnels ». La clé est de créer une trace écrite solide qui établit clairement :
- Votre droit légal aux accommodements
- Vos demandes spécifiques et raisonnables
- La réponse (ou l’absence de réponse) de l’employeur
Restez toujours professionnel et factuel dans tous vos écrits. Évitez le langage émotionnel.
La documentation : votre meilleure protection légale
En 15 ans, j’ai vu des dizaines de cas où une bonne documentation a fait toute la différence dans un recours légal. Voici exactement quoi documenter et comment.
Avant de divulguer
Documents à rassembler :
- Rapport médical complet de votre neurologue
- Liste précise de vos limitations fonctionnelles (rédigée avec votre médecin)
- Liste des accommodements que vous demanderez
- Copie de la politique handicap/diversité de votre employeur (si elle existe)
Pourquoi c’est juridiquement important :
Si votre demande est refusée ou mal gérée, vous aurez besoin de ces documents pour un recours à la CDPDJ. Sans documentation solide, votre recours sera plus difficile.
[IMAGE SUGGÉRÉE : Dossier organisé avec documents médicaux et juridiques]
Pendant la divulgation
Créez une trace écrite systématique :
Après TOUTE conversation verbale importante, envoyez un courriel de suivi :
Bonjour [nom],
Suite à notre rencontre d'aujourd'hui [date, heure], je voulais confirmer par écrit ce qui a été discuté :
- J'ai une condition médicale nécessitant les accommodements suivants : [liste]
- Vous avez mentionné : [réponse de l'employeur]
- Les prochaines étapes convenues sont : [liste]
Merci de me confirmer si ma compréhension est correcte.
Cordialement,
[Votre nom]
Gardez copie de tout :
- Tous les courriels envoyés ET reçus
- Toutes les notes médicales fournies
- Tous les formulaires remplis
- Toutes les politiques d’entreprise citées
Après la divulgation (si problèmes surviennent)
Journal quotidien factuel :
Si vous rencontrez des problèmes, tenez un journal avec ce format simple :
- Date et heure précises
- Événement (factuel, pas émotionnel)
- Témoins présents
- Actions prises
Exemple de bonne documentation :
« 2025-01-15, 10h30 : Réunion d’équipe. Mon superviseur a dit devant 5 collègues : ‘Marie ne peut plus gérer les projets clients à cause de sa condition médicale.’ Présents : Jean Tremblay, Julie Côté, Ahmed Hassan, Karine Bélanger, Louis Gagnon. J’ai demandé une rencontre privée immédiatement après pour discuter de cette divulgation non autorisée. »
Ce journal devient une preuve cruciale devant la CDPDJ.
[IMAGE SUGGÉRÉE : Cahier de notes avec entrées datées et organisées]
Conservation des documents
Durée minimale de conservation : 6 ans (délai de prescription au Québec)
Où garder vos documents :
JAMAIS au bureau (ils peuvent être perdus ou détruits si vous partez)
OUI :
- Copies papier chez vous dans un endroit sûr
- Copies numériques (Dropbox, Google Drive, etc.)
- Copies envoyées à votre adresse courriel personnelle (pas professionnelle)
Organisation suggérée :
Dossier principal : "Divulgation SP - [Nom employeur] - [Année]"
├── Sous-dossier : Correspondance
├── Sous-dossier : Documentation médicale
├── Sous-dossier : Accommodements demandés et accordés
├── Sous-dossier : Accommodements refusés
├── Sous-dossier : Incidents problématiques
└── Sous-dossier : Recours CDPDJ (si applicable)
Mon conseil professionnel basé sur 15 ans d’expérience :
Les gens pensent souvent « ça va bien aller, je n’ai pas besoin de tout documenter ».
Dans 90% des cas, c’est vrai. Tout se passe bien.
Mais dans les 10% où ça tourne mal, cette documentation fait la différence entre gagner et perdre un recours juridique.
Documentez tout. Toujours. Systématiquement.
Vos droits en détail
Voici ce que la loi protège au Québec :
Vous avez le droit de :
- Garder votre diagnostic privé (sauf si vous demandez des accommodements)
- Demander des accommodements raisonnables pour vos limitations fonctionnelles
- Refuser de répondre à des questions intrusives sur votre santé au-delà de ce qui est nécessaire
- Exiger la confidentialité de votre information médicale
- Être traité également dans les promotions et opportunités d’avancement
- Travailler dans un environnement sans harcèlement lié à votre condition
Votre employeur NE PEUT PAS :
- Vous congédier à cause de votre SP
- Vous refuser une promotion à cause de votre diagnostic
- Vous questionner sur les détails médicaux non pertinents aux accommodements
- Partager votre information médicale avec vos collègues sans votre permission explicite
- Vous forcer à prendre votre retraite anticipée
- Créer un environnement hostile pour vous pousser à partir
Votre employeur DOIT :
- Évaluer sérieusement toute demande d’accommodement raisonnable
- Chercher activement des solutions jusqu’à la contrainte excessive
- Maintenir la confidentialité stricte de votre information médicale
- Vous protéger contre le harcèlement et la discrimination
- Documenter par écrit les accommodements mis en place
[IMAGE SUGGÉRÉE : Balance de justice symbolisant l’équilibre des droits]
Si ça tourne mal : vos recours
Malgré les protections légales, il arrive que des employeurs discriminent. Voici exactement quoi faire, étape par étape.
Étape 1 : Documentez tout immédiatement
Dès que vous suspectez un problème, commencez à documenter systématiquement :
- Dates, heures, lieux précis de tous les incidents
- Noms complets des personnes présentes
- Ce qui a été dit exactement (ou aussi proche que possible)
- Tous les courriels et messages écrits pertinents
- Tous les changements dans vos tâches, horaire ou responsabilités
Gardez ces notes chez vous, jamais au bureau.
Étape 2 : Mettez tout par écrit
Envoyez des courriels résumant les conversations importantes :
Bonjour [nom],
Suite à notre rencontre d'aujourd'hui à 14h, je voulais confirmer ma compréhension de ce qui a été discuté :
* [Point 1]
* [Point 2]
* [Point 3]
Si j'ai mal compris quelque chose, merci de me le faire savoir par écrit.
Cordialement,
[Votre nom]
Ceci crée une trace écrite juridiquement valable.
[IMAGE SUGGÉRÉE : Personne rédigeant un courriel officiel]
Étape 3 : Parlez à la personne appropriée
Selon votre situation :
- Votre gestionnaire direct (si le problème vient d’ailleurs)
- Les ressources humaines
- Votre syndicat (si vous êtes syndiqué)
Faites-le TOUJOURS par écrit avec copie par courriel à vous-même.
Étape 4 : Déposez une plainte formelle
Si rien ne change, vous avez plusieurs options légales :
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ)
Téléphone : 1-800-361-6477
Site web : www.cdpdj.qc.ca
Formulaire de plainte : En ligne sur leur site web
Vous avez 3 ans après l’incident pour porter plainte (mais ne tardez pas inutilement).
Ce que fait la CDPDJ :
- Reçoit votre plainte gratuitement (aucuns frais)
- Fait enquête si elle juge que votre plainte est recevable
- Peut vous représenter au Tribunal des droits de la personne (gratuitement)
- Peut négocier un règlement à l’amiable avec l’employeur
Processus typique :
- Vous remplissez le formulaire de plainte en ligne (détaillé mais accessible)
- La CDPDJ évalue si votre situation relève de la Charte (2-4 semaines)
- Si oui, enquête approfondie (plusieurs mois habituellement, 4-12 mois)
- Tentative de médiation entre vous et l’employeur
- Si échec de la médiation, possibilité de recours au Tribunal des droits de la personne
Ce que vous pouvez obtenir :
- Réintégration dans votre emploi avec les mêmes conditions
- Dommages et intérêts pour préjudice moral (douleur, humiliation)
- Dommages punitifs pour punir l’employeur (si conduite grave)
- Ordonnance d’accommodement obligatoire
- Changement des politiques de l’entreprise
- Remboursement des salaires perdus
[IMAGE SUGGÉRÉE : Bâtiment de justice ou balance symbolique]
Autres recours possibles au Québec
Tribunal administratif du travail (TAT)
Si vous êtes congédié, vous pouvez contester le congédiement :
- Téléphone : 1-866-463-2304
- Site web : www.tat.gouv.qc.ca
Cour du Québec ou Cour supérieure
Vous pouvez poursuivre directement en dommages et intérêts :
- Nécessite généralement un avocat
- Peut être coûteux (mais possibilité d’aide juridique selon revenus)
Syndicat (si applicable)
Si vous êtes syndiqué, déposez un grief selon la procédure de votre convention collective. Le syndicat vous représentera gratuitement.
Délais importants à respecter
Ne tardez jamais à agir juridiquement :
- CDPDJ : 3 ans maximum après l’incident
- TAT (congédiement) : 45 jours maximum
- Grief syndical : selon convention (souvent 15-30 jours)
Mon conseil professionnel :
Plus vous agissez vite, plus votre recours est solide. La documentation récente et précise est beaucoup plus crédible que des souvenirs vagues de plusieurs mois plus tard.
Ressources et soutien
Vous n’êtes pas seul dans cette démarche. Voici où obtenir de l’aide professionnelle :
Pour des conseils juridiques gratuits ou à faible coût
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse
1-800-361-6477
www.cdpdj.qc.ca
Service-conseil gratuit sur vos droits
Aide juridique du Québec
1-844-408-6003
www.justicequebec.ca
Si vous êtes admissible selon vos revenus (gratuit)
Barreau du Québec – Service de référence
1-844-954-3528
Consultation initiale à tarif réduit (environ 60$ pour 30 min) avec un avocat spécialisé
[IMAGE SUGGÉRÉE : Personne au téléphone, prenant des notes, l’air concentré]
Pour du soutien et de l’information spécialisée en SP
Société canadienne de la sclérose en plaques – Centre-du-Québec
819-474-6556
Navigateur en santé (c’est moi!)
Guide de l’employeur gratuit en ligne
Info-Social (service téléphonique gouvernemental)
811
Soutien psychosocial téléphonique gratuit, références vers travailleurs sociaux
ROSEPH (Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées)
www.roseph.ca
Aide à l’emploi pour personnes handicapées, accompagnement gratuit
Pour des accommodements et adaptations
Pour des détails complets sur les types d’accommodements possibles et comment les obtenir, consultez notre article détaillé sur les accommodements au travail avec la SP au Québec.
Ce qu’il faut retenir
Voici l’essentiel à retenir de ce guide juridique :
Vous n’êtes pas obligé de divulguer immédiatement. Prenez le temps de comprendre vos droits et d’évaluer votre situation avant de décider.
La loi vous protège fermement. Le handicap est un motif de discrimination interdit au Québec. Votre employeur a des obligations légales envers vous.
Documentez systématiquement tout. Que vous divulguiez ou non, gardez des traces écrites de tout. Cette documentation est votre meilleure protection juridique.
Vous avez des recours efficaces. Si vous êtes victime de discrimination, la CDPDJ peut vous aider gratuitement et efficacement.
Vous n’êtes pas seul. Des milliers de personnes avec la SP travaillent au Québec. Des ressources professionnelles existent pour vous soutenir gratuitement.
Il n’y a pas de bonne ou mauvaise décision universelle. Certaines personnes divulguent et tout va bien. D’autres ne divulguent jamais et ont des carrières longues et satisfaisantes. D’autres divulguent après quelques mois ou années. La décision vous appartient.
Mon dernier conseil après 15 ans d’expérience :
Que vous choisissiez de divulguer ou non, assurez-vous de :
- Comprendre vos droits légaux
- Documenter tout par écrit
- Demander de l’aide professionnelle au besoin
Les lois existent pour vous protéger. N’hésitez jamais à les utiliser.
NOTE IMPORTANTE
Les informations dans cet article sont d’ordre général et ne constituent pas un avis juridique personnalisé. Les lois et les programmes peuvent changer. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou contactez la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Les délais et procédures mentionnés sont à jour en décembre 2025.
NOTE DE DANIEL
J’ai accompagné des centaines de personnes dans cette décision depuis 15 ans. Voici ce que je leur dis toujours :
Vous gardez le contrôle de votre information. Pas votre employeur. Pas vos collègues. Vous.
La divulgation n’est pas une décision unique et définitive. Vous pouvez décider de ne pas divulguer maintenant et changer d’idée dans six mois. Vous pouvez divulguer à votre superviseur mais pas à vos collègues. Vous pouvez divulguer seulement ce qui est nécessaire pour obtenir un accommodement.
Et si ça se passe mal? Vous avez des recours juridiques solides. La CDPDJ sera là. Vos droits sont protégés par la loi.
Mais souvent, quand c’est bien fait avec documentation appropriée, ça se passe mieux qu’on le craint. J’ai vu des employeurs faire preuve de bonne foi et d’ouverture. J’ai vu des accommodements simples faire toute la différence.
Prenez le temps de réfléchir. Comprenez vos droits. Documentez tout. Et rappelez-vous : quelle que soit votre décision, vous avez des protections légales solides au Québec.
Si vous traversez une poussée ou avez dû vous absenter du travail, le retour peut sembler intimidant. Heureusement, il existe des mécanismes pour faciliter cette transition et protéger votre santé.
Lien : 👉 Retour progressif au travail après une poussée : stratégies et droits
Pour aller plus loin : Ressources professionnelles
Droits et protections légales
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ)
1-800-361-6477
www.cdpdj.qc.ca
Porter plainte, obtenir conseils gratuits sur vos droits
Éducaloi
www.educaloi.qc.ca
Information juridique vulgarisée et gratuite en français
Tribunal administratif du travail
1-866-463-2304
www.tat.gouv.qc.ca
Contester un congédiement
Soutien et navigation professionnelle
Société canadienne de la SP – Centre-du-Québec
819-474-6556
1140 rue Cormier, Drummondville, Qc
Info-Social
811
Soutien psychosocial, références professionnelles
ROSEPH (Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées)
www.roseph.ca
Soutien à l’emploi gratuit pour personnes handicapées
Au Bas de l’Échelle
514-270-7878
www.aubasdelechelle.ca
Information sur les droits des travailleurs non-syndiqués
Liens vers d’autres articles pertinents
Pour une compréhension complète de la divulgation au travail, consultez aussi :
- L’anxiété de divulguer sa SP au travail – L’aspect émotionnel et psychologique de cette décision (article de Sophie)
- Accommodements au travail avec la SP au Québec – Types d’accommodements détaillés
- Naviguer le système de santé québécois – Comment obtenir documentation médicale appropriée
- Vos droits au Québec : guide complet – Vue d’ensemble de tous vos droits