Vivre pleinement, pas parfaitement...

Je m'appelle Sophie. J'ai 35 ans, je suis graphiste freelance, et je vis avec la sclérose en plaques rémittente-récurrente depuis 3 ans.

Ici, pas de discours inspirant sur "la force qu'on découvre en soi" ou de promesses que "tout ira bien". Juste la vraie vie avec la SP : les jours où mon corps coopère, ceux où il décide de faire grève, et tout ce qu'il y a entre les deux.

J'écris sur ce que personne ne m'avait dit au diagnostic. Les moments où je me sens coupable de dire non. La fatigue qui n'a rien à voir avec être "un peu fatigué". Comment on reconstruit son identité quand la maladie s'invite dans l'équation. Les conversations difficiles qu'il faut avoir. Les petites victoires qu'on apprend à célébrer.

C'est parfois dur, souvent imparfait, mais c'est ma vie. Et peut-être que ça ressemble un peu à la vôtre.

Bienvenue dans mon coin du Québec, où on vit avec la SP sans faire semblant que c'est facile.

À propos des images de cette section
Les images que vous voyez dans cette section ne cherchent pas à embellir la réalité ni à promettre des solutions toutes faites.
Elles ont été choisies pour refléter des moments de vie ordinaires, parfois imparfaits, mais profondément réels.
Ici, l’objectif n’est pas de montrer comment aller mieux, mais de rappeler qu’il est possible de vivre pleinement, sans avoir à être parfait.
Certaines portions d'images sont en noir et blanc, d’autres en couleur. Ce choix est volontaire.
La couleur apparaît lorsqu’elle sert à montrer la vie qui continue — pas lorsqu’elle impose une idée d’espoir qui ne serait pas juste.
Si une image vous semble sobre ou silencieuse, c’est peut-être parce qu’elle cherche avant tout à dire :
vous n’êtes pas seul·e à vivre cela.

Personnes atteintes

Vivre avec la sclérose en plaques, c’est naviguer un monde que personne ne comprend vraiment jusqu’à ce qu’ils le vivent eux-mêmes. Dans cette section, Sophie partage son parcours authentique : des premiers symptômes déroutants au diagnostic qui change tout, de la fatigue écrasante aux défis quotidiens, des traitements aux adaptations nécessaires. Sans filtre, sans toxicité positive – juste la vérité sur ce que c’est vraiment de vivre avec la SP au Québec. Parce que vous méritez des récits honnêtes qui valident votre expérience, pas des platitudes qui minimisent votre réalité.

Personnes atteintes Femme assise à une table, échangeant calmement avec un médecin qui lui présente des documents, dans un environnement médical en noir et blanc, illustrant une relation collaborative avec l’équipe médicale dans le contexte de la SP au Québec.

Mon équipe médicale : neurologue, physiothérapeute et compagnie

On parle souvent de « parcours » avec la sclérose en plaques. Mais la vérité? C’est qu’on ne fait pas ce parcours seul. Derrière moi, autour de moi, il y a toute une équipe de professionnels. Mon neurologue qui coordonne tout. Ma physiothérapeute qui m’aide à rester mobile. Mon ergothérapeute qui adapte ma vie quotidienne. Mon psychologue qui soutient ma santé mentale. Chacun joue un rôle spécifique dans ma gestion de la SP. Je vous présente cette équipe qui m’aide à vivre mieux. Et comment bâtir la vôtre au Québec.

Personnes atteintes Femme assise à une table, lisant attentivement des factures et des documents financiers avec une calculatrice et de la monnaie devant elle, dans un intérieur en noir et blanc, illustrant le coût de vivre avec la SP au Québec.

Le coût réel de vivre avec la SP au Québec

Parlons d’argent. Je sais, c’est pas le sujet le plus sexy. Mais quand on vit avec la sclérose en plaques, comprendre les coûts réels et les ressources disponibles au Québec, c’est crucial. Mon traitement coûte environ 2000 $ par mois sans assurance. Avec la RAMQ, je paie environ 615 $. Plus les suppléments, la physiothérapie, le stationnement hospitalier, les adaptations à la maison. Ça s’additionne vite. Aujourd’hui, je partage un portrait honnête de ce que ça coûte vraiment. Les chiffres, les surprises, les trucs pour alléger la facture.

Personnes atteintes Femme assise en tailleur sur un tapis, les yeux fermés et les mains détendues, pratiquant un moment de méditation et de pleine conscience dans un intérieur en noir et blanc, illustrant une approche calme et accessible du bien-être avec la SP.

Méditation et pleine conscience : ce qui fonctionne (et ce qui ne fonctionne pas)

« Asseyez-vous confortablement. Fermez les yeux. Concentrez-vous sur votre respiration. » Je suis en position de méditation, suivant une application guidée. Ça fait deux minutes. Mon esprit : « Ma jambe gauche est engourdie. Est-ce la SP ou ma position? Devrais-je bouger? Non, je dois rester immobile. Mais c’est vraiment inconfortable. Les autres peuvent-ils méditer sans que leurs membres s’engourdissent? Je suis nulle à ça. Oh merde, je devais me concentrer sur ma respiration. Respirer. In. Out. J’ai faim. » Bienvenue dans ma pratique de méditation.

Personnes atteintes Femme assise sur un canapé, une main posée sur la poitrine et le regard doux dirigé vers le bas, dans un intérieur en noir et blanc, illustrant un geste d’auto-compassion et de bienveillance envers soi-même dans le contexte de la SP.

L’auto-compassion : ma révolution personnelle

« Apprendre à me parler avec gentillesse plutôt qu’avec cruauté a été révolutionnaire. Je mérite … Lire plus

Personnes atteintes Femme assise, penchée vers l’avant avec une main appuyée sur la tête, regard fatigué dirigé vers le sol, dans un intérieur en noir et blanc, illustrant la dépression vécue par certaines personnes atteintes de sclérose en plaques.

Les jours noirs : parler de dépression avec la SP

Il y a des matins où je me réveille et je le sais immédiatement. Avant même d’ouvrir les yeux, je le sens. Ce poids sur ma poitrine. Cette lourdeur qui imprègne tout. Ce vide. Aujourd’hui est un jour noir. Ce n’est pas la fatigue de la SP. Ce n’est pas l’anxiété. C’est quelque chose de plus profond, plus sombre. C’est la dépression. Pendant longtemps, je n’ai pas voulu utiliser ce mot. Mais après trois ans avec la SP, je dois être honnête. C’est temps d’en parler ouvertement.

Personnes atteintes Femme debout dans un couloir, regardant un cadre accroché au mur contenant une photo de ses parents, dans un intérieur en noir et blanc, illustrant la réflexion et les émotions liées au diagnostic de la SP du point de vue des parents.

Mes parents face à mon diagnostic : leur propre chemin

Le jour où j’ai reçu mon diagnostic, ma mère est arrivée à ma porte une heure après mon appel. Elle n’a rien dit. Elle m’a juste serrée dans ses bras pendant que je pleurais. Mon père est resté silencieux au téléphone. Puis il a dit simplement : « On va passer au travers ensemble. » Sa voix tremblait. J’ai réalisé ce jour-là que mon diagnostic de SP n’était pas juste le mien. C’était aussi le leur. Et leur chemin pour accepter cette réalité a été différent du mien, mais tout aussi difficile.

Personnes atteintes Sophie Martineau, assise à une table de cuisine et représentée en couleur, regarde vers une fenêtre dans un environnement en noir et blanc, tandis qu’une paire de petits souliers de bébé en couleur repose devant elle, évoquant une réflexion calme autour de la grossesse et de la sclérose en plaques.

La question des enfants quand on a la SP

« Alors, c’est pour quand les enfants? » Cette question simple me glace maintenant. Avant mon diagnostic, j’aurais ri et donné une réponse vague. Aujourd’hui, elle ouvre une boîte de Pandore remplie de questions médicales, de peurs et d’espoirs fragiles. Marc et moi parlons d’avoir des enfants depuis avant la SP. Mais maintenant, chaque fois qu’on aborde le sujet, c’est comme naviguer dans un labyrinthe sans carte. Et le temps presse – j’ai 35 ans, et l’horloge biologique ne se soucie pas de mes anticorps rebelles.

Personnes atteintes Sophie Martineau, assise en couleur sur un canapé, regarde vers l’avant avec une expression calme et attentive, tandis que son partenaire, en arrière-plan en noir et blanc, est assis pensif; deux tasses en couleur reposent sur la table, évoquant une conversation délicate au sein du couple face à la sclérose en plaques.

Être malade chronique dans un couple : les conversations qu’il faut avoir

Il y a des conversations que Marc et moi aurions dû avoir bien avant de les avoir. Des discussions qu’on repoussait parce qu’elles semblaient trop lourdes, trop effrayantes, trop définitives. Mais vivre avec la SP dans un couple, ça demande de parler de choses dont les autres couples n’ont pas besoin de discuter à 35 ans. Et j’ai appris que le silence fait souvent plus de dégâts que les mots difficiles. Ces conversations nécessaires – sur l’évolution de ma maladie, nos peurs, l’intimité, l’avenir – ont renforcé notre lien au lieu de le briser.

Personnes atteintes Sophie Martineau, représentée en couleur et assise à une table de café, tient une tasse et écoute calmement ses amis, tandis que les autres personnes et l’environnement sont en noir et blanc, évoquant la vie sociale et les amitiés lorsque la sclérose en plaques est présente.

Comment ma vie sociale a changé (et mes amitiés aussi)

Il y a trois ans, mon calendrier social débordait. Brunchs, 5 à 7, soirées entre amis, festivals d’été. Je disais oui à tout, je sortais plusieurs fois par semaine. Aujourd’hui, à 35 ans, mon téléphone est beaucoup plus silencieux. Mon agenda social tient sur une demi-page. Certains samedis, ma plus grande sortie est d’aller chercher le courrier. La SP n’a pas juste changé mon corps. Elle a transformé ma vie sociale de fond en comble. J’ai perdu des connaissances, mais j’ai gardé mes vrais amis. La SP a été un filtre brutal mais révélateur.

Personnes atteintes Sophie Martineau, vêtue d’un haut vert et représentée en couleur, est assise sur un canapé et lève calmement la main pour signifier un refus, tandis que deux personnes en arrière-plan et l’environnement sont en noir et blanc; un carton jaune indiquant « non » repose sur la table, évoquant la pose de limites sans culpabilité avec la sclérose en plaques.

Dire « non » sans culpabilité : mon apprentissage le plus difficile

« Désolée, je ne pourrai pas. » Cinq mots. Cinq petits mots qui me restent encore coincés dans la gorge, même trois ans après mon diagnostic. Avant la SP, j’étais la fille qui disait toujours oui. Oui à chaque invitation, oui à chaque projet, oui à chaque demande d’aide. Dire non me semblait égoïste, décevant, inacceptable. La SP m’a forcée à apprendre ce que j’aurais dû savoir depuis longtemps : dire non n’est pas une trahison. C’est une forme d’honnêteté envers soi-même.