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[IMAGE PRINCIPALE : Parent et enfant assis ensemble avec un livre, dans une ambiance chaleureuse et rassurante]
Expliquer la sclérose en plaques à un enfant, c’est marcher sur un fil. Trop d’informations et on risque de l’angoisser. Pas assez, et son imagination va combler les vides avec des scénarios souvent pires que la réalité.
Malik Beauregard, navigateur en santé spécialisé en maladies chroniques, partage ici son expérience personnelle et professionnelle. Avoir accompagné sa sœur atteinte de SP et rencontré des centaines de familles lui a appris qu’il n’existe pas de recette magique, mais des principes qui fonctionnent.
Sommaire
Pourquoi il faut en parler (même si c’est inconfortable)
Les enfants sentent quand quelque chose ne va pas. Ils captent les tensions, les regards inquiets, les conversations qui s’arrêtent brusquement quand ils entrent dans la pièce.
Le silence ne protège pas. Il alimente l’angoisse et l’imagination.
Quand vous expliquez la SP avec des mots adaptés, vous donnez à l’enfant un cadre pour comprendre ce qui se passe. Vous remplacez le mystère angoissant par une réalité qu’il peut apprivoiser.
[IMAGE : Enfant qui observe ses parents avec un air inquiet, puis la même scène où les parents lui parlent ouvertement]
Ma sœur Isabelle a mis des mois avant de parler de son diagnostic à sa fille de 8 ans. Elle pensait la protéger. En réalité, sa fille avait remarqué que maman pleurait souvent, qu’elle allait à l’hôpital, qu’elle annulait des activités.
Sans explication, cette petite avait développé une anxiété terrible. Elle pensait que sa mère allait mourir et qu’on lui cachait la vérité.
Le jour où Isabelle a finalement expliqué, sa fille a été soulagée. « Je pensais que c’était pire », a-t-elle dit. Cette conversation difficile a ouvert un espace de dialogue qui leur a permis de traverser ensemble les défis à venir.
Adapter l’explication selon l’âge de l’enfant
Pour les tout-petits (3-6 ans)
À cet âge, les enfants comprennent le monde à travers le concret et l’immédiat. Ils ont besoin d’explications simples, imagées, ancrées dans ce qu’ils peuvent voir et toucher.
Utilisez des métaphores visuelles. Le corps humain devient un château avec des messagers (les nerfs) qui courent partout pour transmettre des nouvelles importantes. Parfois, les chemins sont un peu abîmés et les messagers doivent aller plus lentement.
[IMAGE : Illustration d’un château avec des petits messagers qui courent sur des chemins, certains chemins étant un peu cassés]
Expliquez les symptômes qu’ils peuvent observer : « Parfois, maman est très fatiguée parce que son corps travaille très fort. C’est comme si elle avait couru un marathon même si elle n’a rien fait. »
Rassurez-les sur ce qui ne change pas : « Maman t’aime toujours autant. La SP ne change pas l’amour. »
Répondez aux questions sans sur-expliquer. À cet âge, une question simple demande une réponse simple. Si l’enfant veut en savoir plus, il reposera des questions.
Pour les enfants d’âge scolaire (7-12 ans)
Les enfants de cet âge peuvent comprendre des explications plus détaillées, mais ils ont encore besoin que ce soit concret. C’est l’âge où ils commencent à se poser des questions sur la mort, la durée, les conséquences.
L’analogie de l’ordinateur fonctionne très bien. Le cerveau est comme un ordinateur qui envoie des messages au reste du corps par des câbles électriques. Ces câbles sont entourés d’une protection (la myéline), un peu comme l’isolant autour d’un fil électrique.
[IMAGE : Schéma simple d’un ordinateur avec des câbles qui partent vers différentes parties du corps, certains câbles ayant leur gaine abîmée]
Dans la SP, cette protection s’abîme par endroits. Les messages ont alors plus de difficulté à passer. Parfois ça va mieux, parfois c’est plus difficile.
Expliquez l’imprévisibilité sans dramatiser : « On ne peut pas toujours savoir comment papa/maman va se sentir d’un jour à l’autre. Certains jours sont meilleurs que d’autres. Ce n’est la faute de personne. »
Parlez des symptômes invisibles de la SP pour qu’ils comprennent que même si leur parent « a l’air bien », il peut être épuisé à l’intérieur.
Pour les adolescents (13-18 ans)
Les ados peuvent comprendre des explications médicales plus précises, mais ils ont leurs propres préoccupations. Comment la maladie va-t-elle affecter leur vie sociale? Leur autonomie? Leurs projets?
Soyez honnête sur l’incertitude. Les ados détectent le mensonge à un kilomètre. Si vous ne savez pas comment la maladie va évoluer, dites-le.
Donnez-leur de l’information médicale précise. Expliquez ce qu’est une maladie auto-immune, comment fonctionnent les traitements modificateurs de la maladie, ce que sont les poussées et les rémissions.
[IMAGE : Adolescent qui consulte un site d’information médicale sur une tablette avec son parent à côté]
Reconnaissez l’impact sur leur vie : « Je sais que ça change certaines choses pour toi. Parfois je ne pourrai pas conduire pour aller te reconduire chez tes amis. On va trouver des solutions ensemble. »
Laissez-leur de l’espace pour être en colère, tristes, frustrés. Ces émotions sont légitimes. Vivre avec les émotions contradictoires quand un parent a la SP est normal à leur âge.
Impliquez-les dans les décisions qui les concernent directement. Leur donner un sentiment de contrôle réduit l’anxiété.
Les questions difficiles (et comment y répondre)
« Est-ce que tu vas mourir? »
C’est la question qui hante tous les parents. La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez rassurer honnêtement.
« La SP n’est pas une maladie mortelle. La plupart des personnes atteintes vivent aussi longtemps que les autres. Oui, c’est une maladie sérieuse qui demande des soins, mais non, je ne vais pas mourir de ça. »
Si votre enfant insiste avec anxiété, creusez pour comprendre d’où vient cette peur. A-t-il entendu une conversation? Vu quelque chose à la télé? Connait-il quelqu’un qui est décédé d’une autre maladie?
[IMAGE : Parent qui tient la main de son enfant, regard rassurant et honnête]
« Est-ce que c’est contagieux? »
« Non, tu ne peux pas attraper la SP. Ce n’est pas comme un rhume ou une grippe. C’est une maladie du système immunitaire, pas causée par un virus que tu pourrais attraper. »
Expliquez que la SP, c’est comme si le système de défense du corps se trompait de cible et attaquait ses propres tissus par erreur.
« Est-ce que je vais l’avoir aussi? »
Cette question cache souvent une double peur : celle de tomber malade et celle de transmettre quelque chose à ses propres enfants un jour.
Soyez honnête sans dramatiser : « Il y a une légère augmentation du risque génétique, mais ça reste très faible. La grande majorité des enfants de personnes atteintes n’auront jamais la SP. »
Pour les ados qui se projettent loin dans l’avenir : « Si un jour tu veux avoir des enfants et que tu t’inquiètes de ça, il y aura probablement encore plus de connaissances médicales qu’aujourd’hui. On en reparlera quand le moment viendra. »
« Pourquoi toi? Qu’est-ce qui a causé ça? »
« On ne sait pas exactement pourquoi certaines personnes développent la SP. Ce n’est pas causé par quelque chose que j’ai fait ou pas fait. Ce n’est pas ma faute, ni la tienne, ni celle de personne. »
Évitez de vous perdre dans des explications sur la génétique, l’environnement, les facteurs de risque. À moins que l’enfant ne pose des questions précises, gardez ça simple.
[IMAGE : Illustration montrant différents facteurs (puzzle incomplet) représentant le mystère des causes de la SP]
« Est-ce que tu vas finir en fauteuil roulant? »
L’image du fauteuil roulant hante l’imaginaire collectif sur la SP. Pour beaucoup d’enfants, c’est leur principale référence sur ce qu’ils pensent connaître de la maladie.
« Certaines personnes atteintes de SP utilisent un fauteuil roulant, mais beaucoup ne le font jamais. On ne peut pas prédire comment la maladie va évoluer pour moi. Ce qui est sûr, c’est que je fais tout pour bien me soigner et rester en forme. »
Profitez-en pour déconstruire les préjugés : « Et tu sais, si un jour j’avais besoin d’un fauteuil roulant, ce ne serait pas la fin du monde. Plein de gens utilisent des fauteuils et vivent des vies actives et heureuses. »
Si vous voulez approfondir ce sujet, consultez notre article sur démystifier la peur du fauteuil roulant.
« Pourquoi tu ne peux plus faire [activité] avec moi? »
Cette question cache de la déception, parfois de la colère. Accueillez l’émotion avant d’expliquer.
« Je comprends que tu sois déçu. Moi aussi je le suis. Mon corps me dit que je dois me reposer aujourd’hui, sinon demain je serai encore plus fatigué. »
Proposez une alternative : « On ne peut pas aller au parc aujourd’hui, mais on pourrait construire une cabane dans le salon? »
Expliquez que ce n’est pas un rejet personnel. Pour plus de détails sur ce sujet, référez-vous à notre article comprendre pourquoi les plans changent à la dernière minute.
Les erreurs à éviter absolument
Mentir ou minimiser
« Ce n’est rien » ou « tout va bien » quand clairement tout ne va pas bien, ça brise la confiance. Les enfants ne sont pas dupes.
Si vous passez votre temps à l’hôpital, si vous êtes souvent fatigué, si les choses ont changé à la maison, l’enfant le voit. Nier cette réalité lui envoie le message qu’il ne peut pas se fier à ce qu’il observe.
Soyez honnête sur les difficultés, mais équilibrez avec de l’espoir réaliste : « Oui, certains jours sont difficiles. Mais j’ai une bonne équipe médicale, je prends mes traitements, et on s’adapte ensemble. »
Faire porter un fardeau émotionnel à l’enfant
C’est tentant, surtout pour les parents seuls ou isolés, de se confier à un enfant plus âgé. Mais l’enfant n’est pas votre thérapeute ni votre confident principal.
Il peut connaître la situation, comprendre vos défis, mais il ne devrait pas être votre soutien émotionnel principal. Pour cela, vous avez besoin d’autres adultes, de professionnels, de groupes de soutien entre pairs.
Un enfant qui devient le confident de son parent vit souvent beaucoup d’anxiété et perd une partie de son enfance.
Utiliser un langage alarmiste
Évitez les mots comme « terrible », « horrible », « catastrophique » quand vous parlez de la SP, même dans des conversations que vous pensez hors de portée d’oreilles.
Les enfants écoutent. Et les mots ont du poids.
Choisissez un langage neutre et factuel : « La SP est une maladie chronique qui demande des ajustements dans notre vie quotidienne. Certaines choses sont plus difficiles, mais on trouve des solutions. »
Éviter complètement le sujet
Certains parents, par volonté de protéger ou parce qu’ils ne savent pas comment aborder le sujet, n’en parlent jamais directement avec leurs enfants.
C’est l’erreur que ma sœur a faite au début. Le silence crée un tabou. L’enfant capte qu’il y a quelque chose d’important dont on ne peut pas parler, ce qui augmente son anxiété.
Même si c’est inconfortable, ouvrez la conversation. Vous n’avez pas besoin d’avoir toutes les réponses. « Je ne suis pas sûr de comment t’expliquer ça, mais je vais essayer » est une bien meilleure ouverture que le silence total.
Promettre que tout sera toujours pareil
Avec une maladie imprévisible comme la SP, promettre que « rien ne va changer » est une promesse qu’on ne peut pas tenir.
Certaines choses vont changer. C’est inévitable. Mais ce qui reste constant, c’est votre amour, votre engagement en tant que parent, votre priorité pour leur bien-être.
« Certaines choses vont être différentes, mais on va s’adapter ensemble. Et ce qui ne changera jamais, c’est combien je t’aime et combien tu comptes pour moi. »
[IMAGE : Parent et enfant main dans la main face à un chemin qui change, mais ensemble]
Les ressources pour vous aider
Livres et outils pédagogiques
Plusieurs ressources visuelles et adaptées à l’âge existent pour faciliter la conversation. Elles permettent d’aborder le sujet de manière moins directe, ce qui peut être plus confortable pour certains enfants.
Il existe des livres illustrés, des applications interactives, des vidéos éducatives créées spécifiquement pour expliquer la SP aux enfants. Renseignez-vous auprès de votre neurologue, de la Société canadienne de la SP ou de votre section locale.
Ces outils ne remplacent pas la conversation, mais ils la complètent et donnent un support visuel que l’enfant peut consulter à son rythme.
Les groupes de soutien pour jeunes
Si votre enfant en ressent le besoin, il existe des groupes de soutien pour les jeunes dont un parent a la SP. Ces espaces leur permettent de rencontrer d’autres enfants qui vivent la même réalité.
Se rendre compte qu’on n’est pas seul, que d’autres comprennent vraiment ce qu’on vit, ça peut être extrêmement libérateur pour un enfant. Pour en savoir plus, consultez notre article sur l’importance de ne pas se sentir seul quand un parent est malade.
Les professionnels qui peuvent aider
N’hésitez pas à faire appel à des professionnels si vous sentez que votre enfant a besoin de plus de soutien :
Un psychologue ou un travailleur social peut aider l’enfant à gérer ses émotions face à la maladie de son parent. Certains sont spécialisés dans l’accompagnement des jeunes proches aidants.
Un conseiller scolaire peut mettre en place des accommodements si nécessaire et veiller à ce que l’enfant ne soit pas pénalisé si la situation familiale affecte ses résultats.
Un médecin de famille qui connaît votre situation peut surveiller le bien-être de l’enfant et intervenir si des signes d’anxiété ou de dépression apparaissent.
[IMAGE : Réseau de soutien autour d’une famille : professionnels de la santé, éducateurs, groupes de soutien]
Quand impliquer l’école et les éducateurs
Les enseignants et éducateurs passent beaucoup de temps avec votre enfant. Ils peuvent observer des changements dans son comportement, sa concentration, ses résultats scolaires.
Informer l’école de votre situation permet de créer un filet de sécurité autour de votre enfant.
Ce que vous pouvez partager avec l’école
Vous n’avez pas à tout dévoiler sur votre condition médicale. Mais partager certaines informations clés permet aux éducateurs de mieux comprendre et soutenir votre enfant.
« Mon enfant traverse une période difficile. J’ai une maladie chronique qui affecte parfois notre vie familiale. Il se peut qu’il soit plus fatigué, distrait ou émotif certains jours. »
Demandez qu’on vous informe si on observe des changements préoccupants : repli sur soi, baisse soudaine des résultats, comportements inhabituels.
Si votre enfant doit occasionnellement manquer l’école pour vous accompagner à un rendez-vous médical ou parce que vous avez besoin d’aide, établissez une communication claire avec l’école pour éviter les malentendus.
Les accommodements possibles
Selon l’âge et les besoins de votre enfant, certains accommodements peuvent l’aider :
De la flexibilité sur les retards ou absences occasionnels liés à la situation familiale. Un espace où l’enfant peut aller se calmer s’il se sent submergé émotionnellement. Un adulte de référence à l’école avec qui il peut parler s’il en ressent le besoin.
L’important, c’est que l’école devienne un partenaire dans le soutien de votre enfant, pas une source de stress supplémentaire.
Si vous cherchez à mieux comprendre comment soutenir votre enfant dans ce contexte [ARTICLE À CRÉER], nous avons des ressources pratiques.
Gérer les situations sociales
Les enfants se posent souvent la question : « Est-ce que je dois en parler à mes amis? »
Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Certains enfants préfèrent garder ça privé. D’autres trouvent du soulagement à en parler.
Préparer votre enfant à répondre aux questions
Donnez-lui des formulations simples qu’il peut utiliser s’il choisit d’en parler : « Mon parent a une maladie qui s’appelle la SP. Parfois il est fatigué ou a besoin de se reposer, mais on trouve des solutions. »
Rappelez-lui qu’il n’est pas obligé de tout expliquer. « Si tu ne veux pas en parler avec quelqu’un, tu peux simplement dire ‘je préfère ne pas en parler pour le moment’. »
Préparez-le à des réactions variées. Certains amis seront compréhensifs et empathiques. D’autres ne sauront pas quoi dire. Certains pourraient poser des questions maladroites.
« C’est normal si certains ne comprennent pas tout de suite. Ça leur prend du temps pour intégrer l’information, comme toi tu as eu besoin de temps. »
[IMAGE : Groupe d’enfants qui discutent, certains posant des questions avec curiosité et bienveillance]
Quand les amis disent des choses blessantes
Malheureusement, certains enfants peuvent dire des choses blessantes, par ignorance plus que par méchanceté. « Pourquoi ton parent ne peut pas venir comme les autres? » ou « C’est bizarre ta famille. »
Équipez votre enfant pour répondre : « Mon parent a une maladie, mais ça ne rend pas notre famille bizarre. Toutes les familles sont différentes. »
Encouragez-le à vous en parler s’il entend des commentaires qui le blessent. Vous pourrez l’aider à naviguer ces situations et, si nécessaire, intervenir auprès des parents des autres enfants ou de l’école.
Pour approfondir ce sujet, notre article sur comment expliquer la SP à son entourage offre des pistes concrètes.
Les conversations continues
Expliquer la SP n’est pas une conversation unique. C’est un dialogue qui évolue au fil du temps.
À chaque étape de développement, votre enfant comprendra les choses différemment. Des questions qui n’avaient pas de sens à 6 ans deviendront cruciales à 13 ans.
Rester ouvert aux questions
Créez un environnement où les questions sont bienvenues, même les questions difficiles ou répétitives.
« Tu peux toujours me poser des questions sur ma maladie. Il n’y a pas de question bête ou interdite. »
Certains enfants posent la même question plusieurs fois. Ce n’est pas qu’ils n’ont pas compris la première fois. C’est qu’ils ont besoin de se rassurer, de vérifier que la réponse est toujours la même.
Soyez patient. Répétez autant de fois que nécessaire.
Ajuster les explications selon l’évolution
Si votre condition évolue, mettez à jour vos explications. Ne laissez pas votre enfant découvrir des changements importants sans préparation.
« Tu te rappelles qu’on avait parlé des traitements que je prends? Eh bien, celui-ci ne fonctionne plus aussi bien, alors mon médecin et moi allons en essayer un nouveau. »
Si vous vivez une poussée, expliquez ce qui se passe : « Mon corps traverse une période plus difficile en ce moment. C’est ce qu’on appelle une poussée. Ça devrait s’améliorer avec le temps et le traitement. »
Notre article sur reconnaître une vraie poussée versus une mauvaise journée peut vous aider à expliquer cette distinction à votre enfant.
[IMAGE : Calendrier ou ligne du temps montrant l’évolution des conversations parent-enfant sur plusieurs années]
Valider leurs émotions à chaque étape
Rappelez régulièrement à votre enfant que ses émotions sont légitimes.
« Tu as le droit d’être frustré quand nos plans changent. Tu as le droit d’être triste parfois. Tu as le droit d’être en colère que notre famille doive gérer ça. Toutes ces émotions sont normales. »
Encouragez-le à exprimer ce qu’il ressent plutôt qu’à garder tout en dedans : « Si tu te sens triste ou inquiet, tu peux m’en parler. On peut aussi trouver un autre adulte de confiance avec qui en parler si tu préfères. »
Prendre soin de soi pour mieux accompagner
Expliquer la SP à vos enfants et les accompagner émotionnellement dans cette réalité, c’est épuisant. Surtout quand vous gérez vous-même les défis de vivre avec la maladie.
Vous ne pouvez pas verser d’une tasse vide.
Assurez-vous de prendre soin de votre propre santé mentale. Consultez un thérapeute si nécessaire. Rejoignez des groupes de soutien entre pairs [ARTICLE À CRÉER]. Développez votre réseau de soutien.
Rappelez-vous que demander de l’aide n’est pas un échec. C’est une force. Les ressources pratiques disponibles au Québec peuvent alléger votre charge. Consultez notre section sur les aides financières disponibles pour les personnes atteintes et sur les droits des personnes vivant avec la SP.
[IMAGE : Parent qui prend un moment pour lui, lisant ou se reposant, symbolisant l’importance de l’auto-soin]
Parfois, la culpabilité nous envahit. « Je ne suis pas le parent que je voulais être. » « Mes enfants méritent mieux. »
Arrêtez-vous là. Vous faites de votre mieux dans une situation difficile. Vos enfants n’ont pas besoin d’un parent parfait. Ils ont besoin d’un parent présent, honnête, qui les aime et qui fait de son mieux.
Et ça, vous le faites déjà.
En résumé : les principes clés
Expliquer la SP aux enfants repose sur quelques principes fondamentaux :
Adaptez votre langage à l’âge et au développement de l’enfant. Un tout-petit a besoin de métaphores simples. Un ado peut comprendre des explications médicales plus précises.
Soyez honnête sans dramatiser. Dites la vérité, mais dans un cadre rassurant. Reconnaissez les défis sans créer de panique inutile.
Accueillez toutes les émotions. Laissez votre enfant exprimer sa tristesse, sa colère, sa frustration. Ces émotions sont normales et saines.
Créez un dialogue continu. Ce n’est pas une conversation unique. Les questions et les besoins de votre enfant évolueront avec le temps.
Impliquez l’école et construisez un réseau de soutien. Vous n’avez pas à tout porter seul. Les éducateurs, les professionnels de la santé, les groupes de soutien sont là pour vous aider.
Prenez soin de vous. Pour accompagner efficacement vos enfants, vous devez d’abord prendre soin de votre propre bien-être physique et mental.
La SP change beaucoup de choses dans une famille. Mais l’amour, le lien parent-enfant, la capacité à grandir et à s’épanouir – tout ça reste possible.
Vos enfants n’ont pas besoin que tout soit parfait. Ils ont besoin de savoir qu’ils peuvent compter sur vous, que vous serez honnête avec eux, et que peu importe les défis, vous traverserez ça ensemble.
Et ça, vous pouvez le leur offrir.
Références
Cet article s’appuie sur les sources suivantes :
- Sep Ensemble – Comment expliquer la sclérose en plaques aux enfants. Disponible sur : https://www.sep-ensemble.fr/la-sep-au-quotidien/expliquer-la-sep-aux-enfants
- Sep Ensemble – Expliquer la SEP aux enfants – Témoignage du Pr Kumaran Deiva, chef du service de neurologie pédiatrique. Disponible sur : https://www.sep-ensemble.fr/la-sep-au-quotidien/sep-enfants-explications
- Ligue française contre la sclérose en plaques – La SEP expliquée aux enfants. Disponible sur : https://www.ligue-sclerose.fr/Documents/La-SEP-expliquee-aux-enfants
- Info SEP – Liens pour expliquer la sep aux enfants. Disponible sur : https://sep.apf-francehandicap.org/blog/liens-pour-expliquer-la-sep-aux-enfants/
- France SEP – Sclérose en plaques chez l’enfant et l’ado. Disponible sur : https://www.arsep.org/fr/174-sep-et-enfants.htm