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Je n’oublierai jamais le jour où le neurologue de ma mère a dit : « La maladie progresse. »
J’ai eu l’impression que le sol se dérobait sous mes pieds. Pourtant, je le savais. Je le voyais bien. Depuis des mois, les choses changeaient. Ma mère marchait moins bien. Elle avait besoin de plus d’aide. La fatigue s’était intensifiée.
Mais entendre ces mots à voix haute, c’était différent.
[Image suggérée : Mains d’une personne tenant un rapport médical, expression de préoccupation mais pas de désespoir]
Parce que pendant des années, j’avais cru que si je faisais tout correctement – si je suivais tous les rendez-vous, si j’organisais les soins parfaitement, si je m’assurais qu’elle prenait ses médicaments à l’heure – je pourrais arrêter la progression.
Mais voilà la réalité brutale de la SP progressive : peu importe à quel point vous êtes un bon aidant, la maladie suit son propre parcours.
Et apprendre à vivre avec cette réalité sans se laisser écraser par elle, c’est l’un des défis les plus difficiles de l’aidance.
Sommaire
Quand les stratégies qui fonctionnaient ne fonctionnent plus
Pendant les premières années, j’avais développé toutes sortes de stratégies pour organiser les soins.
Ma mère pouvait encore préparer ses propres repas si je préparais les ingrédients. Elle pouvait encore se laver seule avec des barres d’appui. Elle pouvait encore marcher avec une canne à l’intérieur de la maison.
J’avais adapté son environnement. J’avais créé des systèmes. Et ça fonctionnait.
Puis, progressivement, ces stratégies ont cessé de suffire.
Les barres d’appui n’étaient plus assez. La canne non plus. Préparer les ingrédients ne suffisait plus parce qu’elle n’avait plus la coordination nécessaire pour cuisiner en sécurité.
[Image suggérée : Équipement adapté comme canne, marchette, montrant l’évolution des besoins]
Ce que personne ne m’avait dit :
La progression de la SP ne signifie pas que vous avez échoué comme aidant. Elle ne signifie pas que vous n’avez pas assez essayé ou que vous auriez dû faire les choses différemment.
La SP progressive est, par définition, progressive. C’est dans le nom.
Les signes que la maladie évolue
Avec le recul, je peux identifier les signes qui indiquaient que ma mère entrait dans une nouvelle phase. Mais sur le moment, j’étais trop proche de la situation pour les voir clairement.
Voici ce que j’aurais aimé comprendre plus tôt :
Les changements dans la mobilité
Ma mère tombait plus souvent. Les transferts (du lit au fauteuil, du fauteuil aux toilettes) devenaient plus difficiles. Elle avait besoin de plus de temps pour se déplacer. Les distances qu’elle pouvait parcourir diminuaient.
L’augmentation des besoins d’aide
Les tâches qu’elle pouvait faire seule nécessitaient maintenant de l’aide. Les tâches qui nécessitaient un peu d’aide nécessitaient maintenant beaucoup d’aide. Le temps que je passais à l’aider augmentait semaine après semaine.
La fatigue qui s’intensifie
La fatigue liée à la SP n’est pas une fatigue normale. Mais quand elle progresse, elle devient encore plus envahissante. Ma mère passait de plus en plus de temps à se reposer. Les activités qui la fatiguaient avant l’épuisaient maintenant complètement.
Les changements cognitifs
Ça a été le plus difficile à accepter pour moi. Ma mère oubliait des choses. Elle avait du mal à suivre des conversations complexes. Elle se répétait. Ce n’était pas de l’Alzheimer, mais les effets de la SP sur son cerveau.
Les nouveaux symptômes
Des symptômes qui n’existaient pas avant sont apparus. Plus de spasticité. Des douleurs neuropathiques plus intenses. Des problèmes de déglutition. Chaque nouveau symptôme signifiait une nouvelle adaptation.
Ma réaction initiale : le déni et la sur-compensation
Quand j’ai commencé à voir ces signes, ma première réaction a été de nier ce qui se passait.
« C’est juste une mauvaise semaine. »
« Elle est fatiguée à cause de ce nouveau médicament. »
« Si je l’aide un peu plus maintenant, elle retrouvera son autonomie. »
Puis, quand je ne pouvais plus nier l’évidence, je suis passée en mode sur-compensation.
[Image suggérée : Calendrier surchargé de rendez-vous et de tâches, symbolisant la sur-organisation]
J’ai doublé mes efforts. J’ai augmenté les heures que je passais avec elle. J’ai cherché désespérément de nouvelles stratégies, de nouveaux traitements, de nouvelles façons d’arrêter la progression.
Je me disais que si j’essayais assez fort, je pourrais ralentir la maladie. Peut-être même l’arrêter.
Mais voilà ce qui s’est réellement passé : je me suis épuisée encore plus vite. Ma santé en a souffert. Ma famille en a souffert. Et la SP de ma mère a continué de progresser de toute façon.
Parce que la SP ne répond pas à l’effort. Elle ne récompense pas le dévouement. Elle suit son propre chemin.
L’acceptation n’est pas l’abandon
Il m’a fallu beaucoup de temps – et l’aide d’un psychologue – pour comprendre une distinction cruciale.
Accepter que la maladie progresse n’est pas la même chose qu’abandonner.
Accepter, c’est reconnaître la réalité telle qu’elle est. C’est arrêter de se battre contre des faits inchangeables. C’est rediriger son énergie vers ce qu’on peut réellement contrôler plutôt que vers ce qu’on ne peut pas.
Abandonner, ce serait arrêter de chercher les meilleures solutions pour le confort et la qualité de vie de votre proche. Ce serait cesser de s’adapter aux nouveaux besoins. Ce serait laisser tomber.
Ce sont deux choses complètement différentes.
Voici ce que l’acceptation signifie réellement :
Elle signifie reconnaître que votre rôle d’aidant doit évoluer en même temps que la maladie. Redéfinir la relation devient nécessaire encore une fois.
Elle signifie lâcher prise sur l’idée de « maintenir les choses comme elles sont » et accepter que « adapter les choses à ce qu’elles sont devenues » est la nouvelle priorité.
Elle signifie cesser de vous blâmer pour quelque chose qui est complètement hors de votre contrôle.
Elle signifie permettre à votre proche de vivre cette nouvelle phase de sa vie avec dignité plutôt que de s’accrocher à l’idée de qui il était avant.
Adapter vos systèmes et vos attentes
Une fois que j’ai accepté que la SP de ma mère progressait, j’ai pu commencer à adapter mes systèmes de manière réaliste.
Réévaluer les besoins d’aide
J’ai arrêté d’essayer de maintenir le niveau d’autonomie qu’elle avait avant. Au lieu de ça, j’ai évalué honnêtement ce dont elle avait besoin maintenant.
Elle ne pouvait plus cuisiner? D’accord. Nous avons ajouté la livraison de repas du CLSC. Pour savoir comment obtenir ces services, j’ai dû faire quelques démarches, mais ça en valait la peine.
Elle ne pouvait plus se laver seule? D’accord. Nous avons demandé une aide à domicile pour les soins d’hygiène plusieurs fois par semaine.
[Image suggérée : Intervenante professionnelle aidant une personne, relation respectueuse et digne]
Augmenter les services professionnels
Au début de son diagnostic, je faisais presque tout. Mais avec la progression, j’ai compris que je ne pouvais plus être la seule source d’aide.
Nous sommes passés de « je m’occupe de tout avec un peu d’aide occasionnelle » à « une équipe professionnelle s’occupe des soins de base et je coordonne et complète. »
Ce changement a été difficile. Je me sentais coupable de « déléguer » les soins de ma propre mère. Mais c’était essentiel pour sa sécurité et pour ma propre survie.
Adapter l’environnement encore plus
L’adaptation de la maison que nous avions faite trois ans plus tôt n’était plus suffisante.
Nous avons ajouté plus d’équipements : un lit médicalisé, un lève-personne, un fauteuil roulant électrique. Chaque ajout était un rappel que les choses changeaient, mais chaque ajout améliorait aussi son confort et sa sécurité.
Modifier les attentes concernant les activités
Ma mère aimait jardiner. Pendant des années, j’ai essayé de l’aider à continuer même quand ça devenait difficile.
Finalement, j’ai compris qu’il fallait adapter plutôt que d’insister. Au lieu de jardiner à l’extérieur, nous avons créé un petit jardin de pots sur sa terrasse accessible en fauteuil roulant. Elle pouvait toujours toucher la terre, sentir les plantes, mais d’une façon adaptée à sa réalité actuelle.
Gérer vos propres émotions face à la progression
Accepter que la maladie progresse ne signifie pas que ça ne fait pas mal.
Même aujourd’hui, après toutes ces années, je ressens encore des vagues de tristesse quand je constate un nouveau déclin. C’est normal. C’est humain.
Les émotions que j’ai traversées (et que vous traverserez peut-être aussi) :
La tristesse et le deuil
Chaque nouvelle phase de la maladie apporte son propre deuil. Le deuil de qui votre proche était, de ce qu’il pouvait faire, de la relation que vous aviez.
Ce deuil est légitime même si votre proche est toujours vivant. Les psychologues appellent ça le « deuil blanc » et c’est l’une des expériences les plus difficiles de l’aidance.
Si vous ressentez cette tristesse profonde, sachez que gérer ces émotions difficiles est une partie normale du processus. Ne la refoulez pas. Trouvez un espace sûr pour la vivre.
La colère
J’étais en colère. Contre la maladie. Contre l’injustice de tout ça. Contre le fait que peu importe mes efforts, la SP continuait de progresser.
Cette colère est compréhensible. Mais elle peut aussi vous consumer si vous ne la reconnaissez pas et ne trouvez pas des façons saines de la canaliser.
La peur de l’avenir
Si la maladie a progressé jusqu’ici, jusqu’où ira-t-elle? Que se passera-t-il dans six mois? Dans un an? Serai-je capable de gérer la prochaine phase?
Ces questions m’empêchaient de dormir. Mais j’ai appris que vivre dans la peur constante de l’avenir m’empêchait d’être présente dans le présent.
Le soulagement (et la culpabilité qui vient avec)
Parfois, quand nous avons finalement obtenu plus d’aide ou quand ma mère a accepté d’utiliser le fauteuil roulant, je ressentais du soulagement. Puis immédiatement après, de la culpabilité pour ce soulagement.
« Comment puis-je être soulagée que ma mère ait besoin d’un fauteuil roulant? »
Mais le soulagement n’était pas pour la progression de la maladie. Il était pour la diminution de la charge, pour la sécurité accrue, pour la fin d’une lutte épuisante contre l’inévitable.
[Image suggérée : Personne regardant par la fenêtre, expression pensive mais pas désespérée]
Communiquer avec votre proche pendant cette transition
L’une des choses les plus difficiles a été de parler avec ma mère de la progression de sa maladie.
Elle le voyait aussi. Elle le ressentait. Mais nous avions tous les deux peur d’en parler ouvertement.
Ce que j’ai appris sur la communication pendant cette période :
Être honnête sans être alarmiste
« Maman, je remarque que les transferts sont plus difficiles maintenant. Je pense qu’il serait bon de parler avec l’ergothérapeute d’options pour rendre ça plus sécuritaire. »
Plutôt que : « Oh mon Dieu, tu vas tomber et te blesser! »
Inclure votre proche dans les décisions
Même si la capacité de ma mère à faire certaines choses diminuait, sa capacité à prendre des décisions concernant sa propre vie restait intacte.
Je lui ai toujours présenté les options, expliqué mes préoccupations, et demandé son avis. Ça lui a permis de maintenir un sentiment de contrôle même quand tant de choses échappaient à son contrôle.
Reconnaître ses propres émotions aussi
« Je trouve ça difficile de voir la maladie progresser. Ça me rend triste. Mais je veux que tu saches que je suis là et qu’on va s’adapter ensemble. »
Cette vulnérabilité a créé un espace où ma mère se sentait aussi libre d’exprimer ses propres peurs et tristesses.
Pour plus de réflexions sur comment naviguer ces conversations difficiles, il y a des ressources disponibles.
Travailler avec l’équipe médicale pendant la progression
Quand la maladie de ma mère a commencé à progresser plus rapidement, nos interactions avec l’équipe médicale ont aussi dû évoluer.
Être proactif plutôt que réactif
Au lieu d’attendre les rendez-vous réguliers pour mentionner les changements, j’ai appris à contacter l’équipe dès que je remarquais quelque chose de significatif.
Cela nous a permis d’adapter les soins plus rapidement et d’éviter des crises évitables.
Demander des références vers des spécialistes
Chaque nouveau symptôme peut nécessiter un nouveau type d’expertise. Pour les problèmes de déglutition, une orthophoniste. Pour les douleurs neuropathiques, un spécialiste de la douleur. Pour les problèmes d’équilibre, un physiothérapeute.
Travailler efficacement avec l’équipe médicale devient encore plus important quand la maladie progresse.
[Image suggérée : Réunion avec professionnels de santé, discussion collaborative et respectueuse]
Insister sur le contrôle de la douleur et du confort
À mesure que la SP progressait, le confort de ma mère est devenu une priorité encore plus grande que la « fonction ».
J’ai appris à être très claire avec les médecins : « Le confort et la qualité de vie sont nos priorités maintenant. »
Quand envisager plus de soutien structuré
Il arrive un moment où les soins à domicile, même avec de l’aide professionnelle, atteignent leurs limites.
C’est une réalité difficile à accepter. Je ne voulais pas y penser. Je me disais « jamais ma mère n’ira en résidence. »
Mais la réalité, c’est que parfois, un environnement plus structuré offre une meilleure qualité de vie que d’essayer de maintenir à domicile au prix de la sécurité et du bien-être.
Les signes qu’il est temps d’explorer d’autres options :
Les besoins dépassent ce que vous et l’équipe à domicile pouvez raisonnablement fournir. Votre proche tombe fréquemment ou vit des situations dangereuses à la maison. Vous êtes épuisé au point d’affecter votre propre santé. Votre proche lui-même exprime de l’anxiété concernant sa sécurité à domicile.
Ce que j’aurais aimé savoir plus tôt :
Explorer ces options ne signifie pas abandonner votre proche. Cela signifie trouver le meilleur environnement pour sa qualité de vie actuelle.
Vous pouvez toujours être présent, impliqué, aimant, même si votre proche ne vit pas à domicile. Votre rôle d’aidant évolue, mais il ne disparaît pas.
Si vous arrivez à ce point dans votre parcours, l’article sur quand l’aidance à domicile n’est plus possible pourrait vous aider à naviguer cette transition difficile.
Se préparer pour la prochaine phase sans vivre dans la peur
Une des choses les plus difficiles face à la progression est l’incertitude. Vous ne savez pas à quelle vitesse la maladie va progresser. Vous ne savez pas quels nouveaux défis apparaîtront.
Cette incertitude peut vous paralyser. Ou vous pouvez apprendre à vivre avec elle d’une manière différente.
Ma stratégie maintenant :
Je planifie sans m’obséder
J’ai des conversations avec ma mère sur ses souhaits futurs. J’ai des documents juridiques en place. J’ai exploré les options disponibles.
Mais je ne passe pas mes journées à m’inquiéter de chaque scénario possible. J’ai fait ce que je pouvais faire pour me préparer, puis je me concentre sur maintenant.
Je me concentre sur ce qui peut être contrôlé
Je ne peux pas contrôler la progression de la SP. Mais je peux contrôler comment je réagis à cette progression. Je peux contrôler si je demande de l’aide. Je peux contrôler si je prends soin de moi.
Je trouve du sens dans le présent
Au lieu de passer tout mon temps à m’inquiéter de l’avenir, j’essaie d’être présente dans les moments que nous avons maintenant. Ces moments ne seront peut-être pas toujours là.
Je me rappelle que je peux m’adapter
J’ai déjà traversé plusieurs phases de progression. Chaque fois, j’ai trouvé un moyen de m’adapter. Ça n’a pas toujours été facile, mais j’y suis arrivée.
Cette résilience que j’ai déjà démontrée me donne confiance que je pourrai m’adapter aux défis futurs aussi.
Maintenir la qualité de vie malgré la progression
La progression de la SP ne signifie pas la fin de la qualité de vie. Elle signifie une redéfinition de ce que « qualité de vie » signifie.
Les choses qui apportent toujours de la joie à ma mère :
Elle ne peut plus jardiner comme avant, mais elle aime toujours sentir les plantes et toucher la terre. Elle ne peut plus cuisiner, mais elle aime toujours manger des plats qu’elle aimait. Elle ne peut plus marcher dehors, mais elle aime toujours regarder les oiseaux par la fenêtre.
[Image suggérée : Moment de joie simple entre aidant et proche, connexion authentique malgré les défis]
Ce que j’ai appris :
La qualité de vie n’est pas définie par ce qu’une personne peut faire physiquement. Elle est définie par les moments de connexion, de plaisir, de confort, et de dignité.
Même dans les phases avancées de la SP, ces moments sont possibles. Il faut juste parfois les chercher différemment.
Trouver du soutien pendant cette période difficile
Faire face à la progression de la maladie de votre proche est l’une des expériences les plus solitaires de l’aidance.
Les gens autour de vous peuvent ne pas comprendre. Ils peuvent dire des choses bien intentionnées mais blessantes comme « Au moins elle est toujours là » ou « Tu savais que ça arriverait. »
Vous avez besoin d’un espace où vous pouvez parler de ça avec des gens qui comprennent vraiment.
Les groupes de soutien pour aidants. Les lignes d’écoute comme Info-aidant (1-855-852-7784). Un psychologue qui connaît les défis de l’aidance. D’autres aidants qui vivent la même chose.
Ne traversez pas cette période seul. Le soutien n’est pas un luxe, c’est une nécessité.
Ce que je dirais à mon moi d’il y a cinq ans
Si je pouvais revenir en arrière et parler à la version de moi qui venait d’entendre « la maladie progresse » pour la première fois, voici ce que je lui dirais :
Tu n’as pas échoué. La progression de la SP n’est pas un reflet de tes efforts comme aidante. Tu fais de ton mieux, et c’est suffisant.
Ça va faire mal, mais tu vas survivre. Chaque nouvelle phase apporte son propre deuil. Permets-toi de ressentir cette douleur. Elle ne te détruira pas.
Demande de l’aide plus tôt. Tu vas passer des mois à essayer de tout gérer seule avant de finalement demander de l’aide. Ne perds pas ce temps. Demande maintenant.
Ta mère est toujours ta mère. Même quand elle a besoin d’aide pour presque tout, elle est toujours la personne qui t’a élevée. Traite-la avec cette dignité.
Prends soin de toi aussi. Tu ne peux pas verser d’une tasse vide. Si tu t’épuises, tu ne pourras plus aider personne. Prendre soin de toi n’est pas égoïste, c’est essentiel.
Les bons moments existent encore. Ils sont juste différents. Cherche-les. Chéris-les.
Tu es plus forte que tu ne le penses. Tu vas t’adapter. Tu vas survivre à des choses que tu pensais impossibles à survivre. Tu as cette force en toi.
NOTE IMPORTANTE
Si vous constatez une progression rapide de la maladie de votre proche, si de nouveaux symptômes inquiétants apparaissent, ou si vous avez des questions concernant l’évolution de la condition, contactez l’équipe médicale rapidement. Ne pensez pas que vous « dérangez » – c’est leur rôle de vous aider à naviguer ces changements.
Si vous êtes en situation de crise ou d’épuisement extrême, n’attendez pas. Info-aidant est disponible au 1-855-852-7784. Vous pouvez aussi contacter votre CLSC pour discuter des options de répit d’urgence.
Vous n’êtes pas seul dans cette épreuve. Des ressources et du soutien existent pour vous aider.
NOTE DE JULIE
Faire face à la progression de la SP de ma mère reste l’un des aspects les plus difficiles de mon parcours d’aidante. Même après toutes ces années, même avec toute mon expérience professionnelle, ça me touche profondément.
Mais j’ai appris que la progression de la maladie ne définit pas la valeur de mon rôle d’aidante. Mon amour pour ma mère, ma présence, mes efforts pour assurer son confort et sa dignité – tout cela compte énormément, même si ça n’arrête pas la progression.
Et j’ai appris que l’acceptation est un processus continu. Ce n’est pas quelque chose qu’on fait une fois et c’est réglé. C’est quelque chose qu’on refait à chaque nouvelle phase, à chaque nouveau défi.
Si vous traversez cette expérience maintenant, sachez que vos émotions sont légitimes. Votre tristesse, votre colère, votre peur – tout cela est normal. Vous n’êtes pas faible pour ressentir ces choses. Vous êtes humain.
Et vous êtes capable de vous adapter à cette nouvelle réalité, même si ça ne semble pas possible maintenant.
Je vous vois. Je comprends. Et je suis là avec vous dans ce parcours difficile.
Pour aller plus loin : Ressources professionnelles
Sur la progression de la SP
- Société canadienne de la sclérose en plaques : comprendre la progression de la SP (https://scleroseenplaques.ca)
- Institut du Cerveau et de la Moelle épinière : évolution de la sclérose en plaques (https://icm-institute.org)
Soutien pour les aidants au Québec
- L’Appui pour les proches aidants : Info-aidant 1-855-852-7784 (https://www.lappui.org)
- Proche aidance Québec : ressources par région (https://procheaidance.quebec)
Adaptation et soins à domicile
- CLSC de votre région : services de soutien à domicile
- Ordre des ergothérapeutes du Québec : adaptation du domicile (https://www.oeq.org)
- Société d’habitation du Québec : Programme d’adaptation de domicile (https://www.habitation.gouv.qc.ca)
Soutien psychologique
- Ordre des psychologues du Québec : trouver un psychologue (https://www.ordrepsy.qc.ca)
- Services psychosociaux du CLSC
- Groupes de soutien pour aidants dans votre région
Planification future
- Éducaloi : guide juridique pour proches aidants (https://educaloi.qc.ca)
- Chambre des notaires du Québec : mandat de protection et testament (https://www.cnq.org)
Pour continuer votre réflexion, je vous invite à lire Maintenir l’espoir sans nier la réalité, qui explore comment garder une perspective positive même face aux défis de la progression.