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Vous voulez être là pour quelqu’un qui vit avec la SP. Vous voulez aider, soutenir, faire une différence. Mais parfois, vous ne savez pas comment. Et c’est normal.
Ce qui ne l’est pas, c’est de tomber dans les pièges bien intentionnés qui finissent par blesser plutôt qu’aider. Parler à la place de la personne. Prendre des décisions sans la consulter. La traiter comme si elle était fragile ou incapable.
Être un·e bon·ne allié·e, ça s’apprend. Et la première leçon commence par comprendre ce que ça signifie vraiment.
[Suggestion d’image : Photo d’une conversation entre deux personnes, échange respectueux, contact visuel direct]
Sommaire
Qu’est-ce qu’un·e allié·e, vraiment?
Un·e allié·e, ce n’est pas quelqu’un qui « aide les pauvres personnes handicapées ». Ce n’est pas non plus quelqu’un qui se met en avant pour recevoir des félicitations.
Un·e allié·e, c’est quelqu’un qui utilise ses privilèges pour amplifier les voix des personnes concernées. Quelqu’un qui écoute plus qu’il ne parle. Qui apprend continuellement. Qui comprend que son rôle n’est pas de sauver, mais de soutenir.
Dans le contexte de la SP, être allié·e signifie reconnaître que vous ne vivez pas cette réalité au quotidien. Que vous ne pouvez pas vraiment comprendre ce que c’est que de gérer la fatigue invisible, l’incertitude constante, les symptômes qui changent d’un jour à l’autre.
Et c’est correct. Ce qui compte, c’est que vous reconnaissiez cette limite et que vous restiez humble face à l’expertise expérientielle des personnes atteintes.
Les erreurs courantes (même bien intentionnées)
Même avec les meilleures intentions du monde, il est facile de glisser dans des comportements qui infantilisent ou qui enlèvent l’autonomie aux personnes atteintes de SP. Voici quelques exemples fréquents.
Parler à la place de la personne
Vous êtes au restaurant avec votre ami qui vit avec la SP. Le serveur vous demande ce qu’il veut commander. Vous répondez pour lui.
Vous êtes à un rendez-vous médical avec votre sœur. Le médecin pose une question sur ses symptômes. Vous répondez avant qu’elle n’ait le temps d’ouvrir la bouche.
Même si vous pensez aider, ce comportement envoie un message clair : « Tu n’es pas capable de parler pour toi-même. » C’est une forme de déshumanisation qui nie la capacité d’une personne adulte à s’exprimer.
[Suggestion d’image : Illustration montrant la différence entre parler à la place de quelqu’un vs faciliter sa parole]
Imposer de l’aide non sollicitée
Vous voyez votre collègue qui vit avec la SP transporter quelque chose. Vous sautez pour prendre l’objet de ses mains sans demander.
Vous décidez que votre ami a besoin de repos et vous annulez des plans sans le consulter. « C’est pour ton bien. »
Même si votre intention est bonne, imposer votre aide sans demander le consentement de la personne, c’est lui retirer son autonomie. C’est lui dire que vous savez mieux qu’elle ce dont elle a besoin.
Les personnes atteintes de SP connaissent leurs limites. Elles savent quand demander de l’aide. Votre rôle n’est pas de décider à leur place, mais d’être disponible quand elles sollicitent votre soutien.
Utiliser un ton condescendant
« Mon petit papa », « ma belle », « mon coco ». Ces diminutifs affectueux qu’on utilise avec les enfants n’ont pas leur place avec des adultes.
Parler plus lentement ou plus fort sans raison. Expliquer des choses que la personne comprend déjà parfaitement. Féliciter de manière exagérée pour des tâches ordinaires.
Tous ces comportements, même s’ils partent d’une intention bienveillante, infantilisent la personne. Ils suggèrent qu’elle n’est plus tout à fait adulte, qu’elle a régressé à un état de dépendance enfantine.
Comme le souligne l’article sur les handicaps invisibles au travail, cette infantilisation est particulièrement insidieuse parce qu’elle se cache souvent derrière une façade de gentillesse.
Comment offrir du soutien sans enlever l’autonomie
Maintenant que nous avons vu ce qu’il ne faut pas faire, voyons comment soutenir de manière respectueuse et efficace.
Demander avant d’agir
C’est la règle d’or. Avant d’offrir votre aide, demandez si la personne en a besoin.
« As-tu besoin d’aide avec ça? » C’est simple, direct, respectueux. La personne peut dire oui, non, ou « oui, mais seulement pour ça ».
Cette simple question change tout. Elle reconnaît que la personne est la mieux placée pour savoir ce dont elle a besoin. Elle lui laisse le contrôle.
Et si la personne dit non? Vous acceptez sa réponse sans insister. Même si vous pensez qu’elle aurait besoin d’aide. C’est son choix, et ce choix mérite d’être respecté.
[Suggestion d’image : Scène montrant une personne qui demande « As-tu besoin d’aide? » plutôt que d’imposer son aide]
Écouter sans essayer de résoudre
Parfois, les personnes atteintes de SP veulent simplement être entendues. Elles ne cherchent pas nécessairement des solutions ou des conseils.
Votre ami vous parle de sa journée difficile? Écoutez. Validez son expérience. Dites « Ça doit être vraiment frustrant » plutôt que « As-tu essayé de… ».
Comme l’explique l’article sur comment soutenir un ami atteint de SP, être présent et à l’écoute est souvent le plus grand cadeau que vous pouvez offrir.
Résistez à l’envie de proposer immédiatement une solution. Si la personne veut des conseils, elle vous le demandera. Sinon, votre rôle est simplement d’être là, d’écouter, de comprendre.
Respecter les limites et les choix
Les personnes atteintes de SP doivent constamment gérer leur énergie et faire des choix difficiles sur ce qu’elles peuvent et ne peuvent pas faire.
Si votre ami annule des plans à la dernière minute, ne le prenez pas personnellement. Comprenez que ce n’est pas un manque de respect envers vous, mais une nécessité pour prendre soin de sa santé.
Si votre collègue refuse une opportunité professionnelle, ne la poussez pas à « se dépasser ». Elle connaît ses limites mieux que personne.
Respecter ces limites, c’est reconnaître que la personne est l’experte de sa propre vie. C’est accepter que ses choix sont valides, même s’ils ne correspondent pas à ce que vous feriez à sa place.
Adapter sans assumer
Il y a une différence entre adapter votre comportement et assumer que la personne ne peut rien faire.
Adapter, c’est proposer des alternatives inclusives : « On pourrait se voir chez toi plutôt qu’au restaurant si c’est plus confortable pour toi. »
Assumer, c’est décider sans consulter : « On ne va plus au restaurant parce que je pense que c’est trop pour toi. »
Vous voyez la différence? Dans le premier cas, vous offrez des options tout en laissant le choix final à la personne. Dans le second, vous décidez à sa place.
[Suggestion d’image : Comparaison visuelle entre « proposer des options » vs « imposer des décisions »]
L’importance du langage
Les mots comptent. La façon dont vous parlez de la SP et des personnes atteintes a un impact réel.
Personne d’abord, pas maladie d’abord
Dites « personne atteinte de SP » plutôt que « SP-ique » ou « sclérosée ». La personne n’est pas définie par sa maladie. Elle est une personne complète qui se trouve à vivre avec une condition médicale.
Évitez les termes comme « victime de la SP » ou « souffrant de SP ». Ces expressions suggèrent que la personne est passive, impuissante face à sa maladie.
Comme le souligne l’article sur la stigmatisation invisible, le langage que nous utilisons renforce ou déconstruit les stéréotypes.
Éviter les superlatifs inspirationnels
« Tu es tellement courageux! » « Je ne pourrais jamais faire ce que tu fais! » « Tu es une inspiration! »
Ces commentaires, même bien intentionnés, peuvent être épuisants pour les personnes atteintes. Comme l’explique l’article sur rejeter les narratifs toxiques, personne ne veut être réduit à une « inspiration » simplement parce qu’il vit sa vie avec une maladie chronique.
Les personnes atteintes de SP ne sont pas des super-héros. Elles sont des humains qui font de leur mieux dans des circonstances difficiles. Et c’est suffisant.
Ne pas minimiser ou comparer
« Ah, moi aussi je suis fatigué ces temps-ci! » « Mon genou me fait mal aussi, je comprends. »
Ces comparaisons, même si elles visent à créer un lien, minimisent l’expérience de la personne atteinte. La fatigue liée à la SP n’est pas comparable à la fatigue ordinaire. Les douleurs chroniques neurologiques ne sont pas les mêmes qu’une douleur articulaire temporaire.
Vous n’avez pas besoin de comprendre parfaitement pour être solidaire. Reconnaissez simplement : « Je ne peux pas vraiment comprendre ce que tu vis, mais je suis là pour toi. »
[Suggestion d’image : Illustration montrant la différence entre une comparaison minimisante et une validation sincère]
Être allié·e au travail
Le milieu professionnel est un domaine où l’allyship peut faire une énorme différence pour les personnes atteintes de SP.
Ne pas remettre en question les accommodements
Si un·e collègue bénéficie d’accommodements au travail, ce n’est pas un privilège injuste. C’est un droit.
Ne faites pas de commentaires comme « C’est pratique de pouvoir travailler de la maison » ou « J’aimerais bien avoir autant de pauses moi aussi ». Ces remarques suggèrent que la personne profite du système, alors qu’en réalité, elle compense simplement pour des défis que vous ne vivez pas.
Comme l’explique l’article sur les accommodements au travail, ces ajustements visent à créer l’équité, pas l’inégalité.
Défendre quand vous êtes témoin de discrimination
Si vous entendez un collègue faire un commentaire déplacé sur la SP ou questionner la légitimité des symptômes invisibles, intervenez.
« En fait, la SP est une maladie neurologique complexe avec des symptômes qui varient beaucoup. »
Vous n’avez pas besoin d’être expert pour corriger la désinformation. Votre intervention signale que la discrimination n’est pas acceptable dans votre espace de travail.
Soutenir la divulgation (si c’est le choix de la personne)
Certaines personnes choisissent de divulguer leur diagnostic au travail, d’autres non. Les deux choix sont valides.
Si quelqu’un vous confie son diagnostic, respectez cette confiance. Ne le divulguez pas à d’autres sans permission explicite. Ne traitez pas la personne différemment après cette confidence.
Votre rôle est de créer un environnement où la personne se sent en sécurité de partager son diagnostic si elle le souhaite, sans pression ni jugement.
[Suggestion d’image : Environnement de travail inclusif, collègues qui collaborent de manière respectueuse]
L’allyship dans les relations personnelles
Dans vos amitiés et relations familiales, l’allyship prend des formes différentes mais tout aussi importantes.
Maintenir l’inclusion sans forcer
Continuez d’inviter votre ami même s’il a décliné plusieurs fois. Le simple fait d’être invité montre qu’on pense à lui, qu’il est toujours inclus dans le groupe.
Mais ne le forcez pas à participer s’il dit non. Acceptez son refus sans culpabilisation. Ne dites pas « Allez, fais un effort » ou « Tu ne viens jamais ».
Comme l’explique l’article sur maintenir l’amitié à long terme, la flexibilité et la patience sont essentielles.
S’adapter aux besoins changeants
Les besoins d’une personne atteinte de SP peuvent changer d’un jour à l’autre, d’une semaine à l’autre. Ce qui fonctionnait hier ne fonctionnera peut-être pas aujourd’hui.
Soyez flexible. Proposez des options. « On pourrait se voir pour un café court plutôt qu’un souper long? » « Préfères-tu qu’on se voie chez toi cette fois? »
Cette flexibilité montre que vous valorisez la relation plus que le format de la rencontre. Que ce qui compte, c’est d’être ensemble, peu importe comment.
Reconnaître votre propre inconfort
Parfois, être allié·e signifie reconnaître que vous ne savez pas quoi faire ou dire. Et c’est correct.
« Je ne sais pas trop quoi dire, mais je veux que tu saches que je suis là. » Cette vulnérabilité authentique est souvent plus appréciée qu’une fausse assurance.
Vous pouvez demander : « Comment puis-je te soutenir le mieux? » La personne vous dira ce dont elle a besoin. Et si elle ne sait pas elle-même, vous pouvez chercher ensemble.
[Suggestion d’image : Deux amis qui discutent sincèrement, atmosphère de confiance et de vulnérabilité]
Apprendre et désapprendre continuellement
Être un·e bon·ne allié·e, ce n’est pas un état permanent qu’on atteint une fois pour toutes. C’est un processus continu d’apprentissage et de remise en question.
Éduquez-vous
Ne comptez pas uniquement sur les personnes atteintes pour vous éduquer. Elles ne sont pas des encyclopédies vivantes obligées de vous expliquer leur condition.
Lisez des articles comme ceux sur ce blog. Suivez des personnes atteintes de SP sur les réseaux sociaux. Regardez des documentaires. Informez-vous sur les droits au Québec.
Plus vous comprenez la réalité de la SP, mieux vous pouvez soutenir sans reproduire les erreurs courantes.
Acceptez la critique avec grâce
Si une personne atteinte vous fait remarquer que vous avez dit ou fait quelque chose de blessant, ne vous mettez pas sur la défensive.
Ne dites pas « Ce n’était pas mon intention » ou « Tu es trop sensible ». L’impact de vos actions compte plus que vos intentions.
Dites plutôt : « Merci de me l’avoir dit. Je vais faire attention à ne pas répéter ça. » Puis changez votre comportement.
Cette capacité à recevoir la rétroaction et à vous ajuster est ce qui distingue un·e véritable allié·e d’une personne qui se contente de se sentir bien dans sa bonne conscience.
Reconnaissez vos privilèges
Si vous n’avez pas de maladie chronique, vous bénéficiez de privilèges que vous ne remarquez peut-être même pas.
Le privilège de ne pas avoir à planifier chaque sortie en fonction de votre niveau d’énergie. Le privilège de ne pas avoir à justifier votre fatigue. Le privilège d’avoir un corps prévisible.
Reconnaître ces privilèges ne signifie pas vous sentir coupable. Ça signifie en prendre conscience pour mieux comprendre les barrières que vivent les personnes atteintes et pour utiliser vos privilèges pour les soutenir.
[Suggestion d’image : Illustration symbolisant la conscience des privilèges et l’engagement continu]
L’allyship collectif : créer des espaces inclusifs
Au-delà des relations individuelles, l’allyship se manifeste aussi dans la création d’espaces et de systèmes plus inclusifs.
Dans votre communauté
Quand vous organisez un événement, pensez à l’accessibilité dès le départ. Pas comme une arrière-pensée, mais comme une partie intégrante de la planification.
L’article sur créer des espaces vraiment inclusifs offre une checklist complète pour vous guider.
Choisissez des lieux accessibles. Prévoyez des pauses. Offrez des options de participation (en personne et virtuelle). Demandez aux participants s’ils ont des besoins particuliers.
Dans votre milieu professionnel
Si vous êtes en position d’influence au travail, utilisez ce pouvoir pour créer un environnement inclusif.
Proposez des politiques de travail flexible. Sensibilisez vos collègues aux réalités des maladies chroniques invisibles. Assurez-vous que les processus de recrutement ne discriminent pas.
L’article sur les employeurs et les talents atteints de SP offre des pistes concrètes pour rendre votre milieu de travail plus inclusif.
Dans vos cercles sociaux
Lorsque vous planifiez des activités de groupe, pensez à l’inclusion.
Proposez des activités variées qui ne demandent pas toutes une grande énergie physique. Acceptez que certaines personnes arrivent en retard ou partent tôt sans que ce soit un drame.
Créez une culture où il est normal de dire « Je ne me sens pas bien » sans avoir à se justifier longuement ou à donner des détails médicaux.
[Suggestion d’image : Groupe diversifié participant à une activité inclusive, atmosphère accueillante]
Quand l’allyship devient performatif
Il existe un piège dans lequel même les meilleures intentions peuvent tomber : l’allyship performatif.
Les signes d’allyship performatif
Vous partagez des articles sur la SP sur les réseaux sociaux, mais vous ne changez rien à votre comportement réel envers les personnes atteintes dans votre vie.
Vous parlez beaucoup de soutenir les personnes atteintes, mais quand vient le temps d’accommoder réellement quelqu’un, vous trouvez des excuses.
Vous voulez des félicitations pour vos « bonnes actions » d’allié·e. Vous vous positionnez comme un sauveur plutôt qu’un soutien.
L’allyship performatif se préoccupe plus de paraître bon que de faire du bien. Il cherche la reconnaissance publique plutôt que l’impact réel.
Comment éviter ce piège
Concentrez-vous sur les actions concrètes plutôt que sur les déclarations publiques. Votre allyship devrait se manifester dans vos interactions quotidiennes, pas seulement lors de la Journée mondiale de la SP.
Ne cherchez pas de reconnaissance. Si vous faites les choses pour recevoir des félicitations, vous n’êtes pas vraiment là pour les bonnes raisons.
Comme le souligne l’article sur l’activisme adapté, le véritable engagement se mesure dans la durée et la cohérence, pas dans les grands gestes occasionnels.
[Suggestion d’image : Contraste entre actions authentiques et performatives, illustré avec sensibilité]
L’allyship intersectionnel
Les personnes atteintes de SP ne vivent pas qu’une seule forme d’oppression ou de discrimination. Elles peuvent aussi faire face à du racisme, de la misogynie, de l’homophobie, de l’âgisme, ou d’autres formes de discrimination.
Reconnaître les réalités multiples
Une femme atteinte de SP ne fait pas face aux mêmes défis qu’un homme atteint. Une personne racisée atteinte de SP peut vivre du racisme médical en plus de l’invisibilisation de ses symptômes.
Un·e allié·e intersectionnel reconnaît ces réalités multiples. Il ne réduit pas la personne à sa maladie, mais comprend que son expérience est façonnée par plusieurs aspects de son identité.
Amplifier les voix marginalisées
Dans la communauté SP, certaines voix sont plus entendues que d’autres. Les personnes blanches, cisgenres, sans autre handicap sont souvent plus visibles.
Un·e bon·ne allié·e utilise ses privilèges pour amplifier les voix qui sont moins entendues. Il crée des espaces où les personnes aux identités multiples marginalisées peuvent s’exprimer.
Cela peut signifier recommander une personne racisée atteinte de SP pour une opportunité de parole. Ou partager le contenu d’une personne queer atteinte de SP. Ou s’assurer qu’un panel sur la SP ne soit pas composé uniquement de personnes blanches.
[Suggestion d’image : Diversité au sein de la communauté SP, représentation de différentes identités]
L’art de savoir s’effacer
Parfois, le meilleur soutien qu’un·e allié·e peut offrir, c’est de savoir quand s’effacer.
Passer le micro
Quand on vous demande de parler de la SP, vous pourriez rediriger vers une personne atteinte. « Je pense que Sophie serait mieux placée pour parler de ça. »
Dans les espaces de discussion sur la SP, écoutez plus que vous ne parlez. Laissez les personnes atteintes guider la conversation.
Reconnaître vos limites
Vous n’avez pas réponse à tout. Et c’est correct.
Quand quelqu’un vous pose une question sur la SP à laquelle vous ne pouvez pas répondre, dirigez-le vers les bonnes ressources plutôt que de spéculer.
« Je ne sais pas, mais l’article sur les ressources de soutien au Québec pourrait t’aider. »
Accepter de ne pas être au centre
Être allié·e signifie parfois accepter de ne pas être au centre de l’attention. De ne pas recevoir de reconnaissance. De faire le travail de soutien sans que ce soit reconnu publiquement.
Et c’est correct. Le but n’est pas votre valorisation personnelle. Le but est le bien-être et l’autonomie des personnes que vous soutenez.
[Suggestion d’image : Illustration symbolique du concept de « passer le micro » et s’effacer]
Petits gestes qui font une grande différence
L’allyship ne requiert pas toujours de grands gestes. Souvent, ce sont les petites actions quotidiennes qui comptent le plus.
Dans la vie quotidienne
Tenir la porte sans faire tout un plat. Proposer un siège dans les transports en commun sans insister si la personne refuse. Offrir de prendre des notes lors d’une réunion si vous remarquez que quelqu’un lutte avec le brouillard cognitif.
Ces petits gestes montrent que vous êtes attentif sans être envahissant. Que vous pensez à l’inclusion sans faire de la personne un spectacle.
Dans les conversations
Valider les expériences de la personne. « Ça doit être vraiment difficile » peut sembler simple, mais ça fait une énorme différence.
Ne pas changer de sujet quand quelqu’un parle de ses défis. Ne pas minimiser. Simplement écouter et reconnaître.
Dans vos choix quotidiens
Choisir des restaurants accessibles pour les sorties de groupe. Proposer des rencontres virtuelles comme alternative. Accepter les changements de plans sans frustration.
Ces choix quotidiens créent un environnement où les personnes atteintes se sentent vraiment incluses, pas juste tolérées.
[Suggestion d’image : Collage de petits gestes quotidiens d’inclusion et de soutien]
NOTE IMPORTANTE
Cet article vous offre des pistes pour devenir un·e meilleur·e allié·e, mais rappelez-vous que chaque personne est unique. Ce qui fonctionne pour une personne peut ne pas fonctionner pour une autre.
Le plus important est de garder une attitude d’apprentissage continu, d’humilité et d’écoute. L’allyship parfait n’existe pas. Ce qui existe, c’est l’engagement sincère à faire mieux, jour après jour.
Si vous faites une erreur (et vous en ferez), excusez-vous, apprenez, et faites différemment la prochaine fois. C’est ça, le véritable allyship.
NOTE DE MALIK
Dans mon travail de navigateur en santé, je rencontre des allié·e·s extraordinaires. Des conjoint·e·s, des ami·e·s, des collègues qui réussissent à soutenir sans étouffer, à aider sans infantiliser.
Ce qui les distingue? L’humilité. La capacité d’écouter réellement. La volonté d’être corrigés. L’acceptation que leur rôle n’est pas de sauver, mais de soutenir.
J’ai aussi vu ma sœur Isabelle naviguer des relations avec des personnes bien intentionnées qui finissaient par blesser. Des gens qui parlaient à sa place lors de rendez-vous médicaux. Des ami·e·s qui décidaient qu’elle était « trop fatiguée » pour sortir sans lui demander.
Ce qui m’a frappé, c’est que ces personnes étaient sincèrement convaincues d’aider. Elles ne voyaient pas comment leurs actions, malgré leurs bonnes intentions, retiraient l’autonomie et la dignité d’Isabelle.
Être allié·e, ça commence par reconnaître qu’on ne sait pas tout. Que les personnes atteintes sont les expertes de leur propre vie. Et que notre rôle est d’amplifier leur voix, pas de parler à leur place.
Dans un monde idéal, les personnes atteintes de SP n’auraient pas besoin d’allié·e·s parce qu’il n’y aurait pas de barrières systémiques à démanteler. Mais nous ne vivons pas dans ce monde idéal. Alors en attendant, soyons des allié·e·s qui écoutent, qui apprennent, qui s’effacent quand nécessaire, et qui utilisent leurs privilèges pour créer un monde plus inclusif.
Pas pour se sentir bons. Mais parce que c’est la bonne chose à faire.
Pour aller plus loin : Ressources professionnelles
- World Institute on Disability. (2023). How to Be a Good Ally to Disabled People. Accessible à : https://wid.org/how-to-be-a-good-ally-to-disabled-people/
- Centers for Disease Control and Prevention. (2025). Become a Disability A.L.L.Y. in Your Community and Promote Inclusion for All. Accessible à : https://www.cdc.gov/disability-inclusion/strategies/become-a-disability-ally.html
- Cornell University. Be An Ally – Accessibility Information. Accessible à : https://accessibility.cornell.edu/diversity-includes-disability/be-an-ally/
- Mental Health Commission of Canada. (2025). How to be an ally to people living with disability. Accessible à : https://mentalhealthcommission.ca/blog-posts/63259-how-to-be-an-ally-to-people-living-with-disability/
- Inclusion Hub. How Workplace Allyship Supports People With Invisible Disabilities. Accessible à : https://www.inclusionhub.com/articles/workplace-allyship-supports-invisible-disabilities
- NACCHO. Amplifying Their Voice by Lowering Ours: What it Means to be a Disability Ally. Accessible à : https://www.naccho.org/blog/articles/amplifying-their-voice-by-lowering-ours-what-it-means-to-be-a-disability-ally
- Génération Culottée. (2025). Inclusion et handicap : 5 actions concrètes à mettre en place. Accessible à : https://generationculottee.fr/inclusion-personnes-handicapees/
- Espace éthique Île-de-France. Conseils d’une personne vivant avec un handicap aux futurs auxiliaires de vie. Accessible à : https://www.espace-ethique.org/ressources/article/conseils-dune-personne-vivant-avec-un-handicap-aux-futurs-auxiliaires-de-vie