Santé mentale et bien-être : prendre soin de l’esprit autant que du corps

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Femme assise en tailleur sur un canapé, les yeux fermés et les mains posées sur les genoux, pratiquant un moment de calme et de recentrage, dans un salon en noir et blanc, illustrant le bien-être et la santé mentale avec la SP.

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« Prendre soin de ma santé mentale est aussi important que prendre mes médicaments. Mon esprit mérite autant d’attention que mon corps. »

Sophie

[IMAGE SUGGÉRÉE : Personne en position de méditation ou de réflexion paisible, lumière douce et naturelle, atmosphère de calme intérieur, paysage apaisant en arrière-plan]

Pendant mes premiers mois avec la SP, j’étais obsédée par mes symptômes physiques. La fatigue, les engourdissements, l’équilibre… tout ça monopolisait mon attention.

Mais personne ne m’avait vraiment préparée à ce qui se passait dans ma tête. L’anxiété constante. Les jours où je ne voulais pas sortir du lit. La peur qui me réveillait à 3h du matin.

Ma santé mentale a pris un coup aussi violent que ma santé physique. Et ça, c’est quelque chose dont on ne parle pas assez.

Le choc émotionnel du diagnostic

Quand j’ai reçu mon diagnostic, j’ai ressenti un tourbillon d’émotions que je ne pouvais même pas nommer. C’était comme si quelqu’un avait ouvert une valve et que tout sortait en même temps.

La peur, évidemment. Peur de finir en fauteuil roulant. Peur de perdre mon autonomie. Peur de devenir un fardeau pour Marc.

[IMAGE SUGGÉRÉE : Fenêtre avec gouttes de pluie, vue floue sur l’extérieur, atmosphère mélancolique mais contemplative, symbolisant les émotions complexes]

Mais aussi la colère. Pourquoi moi? J’ai 28 ans, j’ai toute ma vie devant moi. C’est tellement injuste.

Et bizarrement, aussi du soulagement. Enfin, mes symptômes avaient un nom. Je n’inventais rien. J’avais une vraie maladie avec un vrai diagnostic.

Ces émotions contradictoires m’ont fait me sentir complètement folle pendant des semaines. J’oscillais entre l’espoir et le désespoir plusieurs fois par jour.

L’anxiété : ma nouvelle colocataire non invitée

Trois mois après mon diagnostic, l’anxiété s’est installée de façon permanente dans ma vie.

Chaque nouveau symptôme me terrorisait. Un picotement dans le pied? C’est sûrement une nouvelle poussée. Un oubli? Mon cerveau est en train de se détériorer.

[IMAGE SUGGÉRÉE : Personne assise au bord d’un lit la nuit, lumière tamisée, posture qui évoque l’insomnie et l’inquiétude, atmosphère vulnérable mais non dramatique]

Je vérifiais constamment mon corps. Je scrutais chaque sensation bizarre. Je googlais mes symptômes à 2h du matin (vraiment, ne faites jamais ça).

L’incertitude de la SP alimentait mon anxiété comme de l’essence sur un feu. Je ne savais jamais comment je me sentirais le lendemain. Je ne pouvais rien planifier avec certitude.

Cette anxiété chronique était épuisante. Parfois même plus épuisante que la fatigue de la SP elle-même.

Les jours noirs : quand la dépression frappe

Six mois après mon diagnostic, j’ai traversé ma première vraie dépression.

Ce n’était pas juste de la tristesse. C’était un vide profond. Une absence totale de joie, d’espoir, de motivation.

[IMAGE SUGGÉRÉE : Tasse de thé fumante sur une table près d’une fenêtre grise, livre fermé, atmosphère lourde mais pas désespérée, lumière diffuse]

Je ne voulais plus voir personne. Répondre aux messages me demandait une énergie que je n’avais pas. Même mes projets de graphisme, que j’adorais, me laissaient complètement indifférente.

Marc me trouvait souvent en train de pleurer sans raison apparente. Ou plutôt, avec toutes les raisons du monde, mais incapable de les nommer.

La dépression avec la SP, c’est particulièrement vicieux. Est-ce que c’est une réaction normale à ma situation difficile? Est-ce que c’est causé par l’inflammation dans mon cerveau? Est-ce un effet secondaire de mon traitement?

Probablement un mélange de tout ça. Et franchement, à ce moment-là, je m’en foutais. Je voulais juste que ça arrête.

Demander de l’aide : le tournant

Ma psychologue, Caroline, a été la première à mettre des mots sur ce que je vivais.

« Sophie, tu n’es pas en train de devenir folle. Tu vis avec une maladie chronique imprévisible. Ce serait anormal de ne PAS être anxieuse ou déprimée. »

[IMAGE SUGGÉRÉE : Deux personnes en conversation dans un cabinet lumineux et accueillant, plantes, atmosphère de confiance et d’écoute professionnelle]

Cette validation simple a tout changé. J’avais le droit de ne pas aller bien psychologiquement. Ce n’était pas une faiblesse. C’était une réaction humaine normale.

Demander de l’aide a été l’une des meilleures décisions que j’ai prises. Je pensais que je pouvais gérer toute seule. Que consulter un psy, c’était admettre que j’étais vraiment malade.

Mais en réalité? Consulter, c’était reprendre du pouvoir sur ma vie.

Les outils qui m’ont aidée

Caroline m’a enseigné des techniques concrètes pour gérer mon anxiété.

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La respiration profonde, d’abord. Ça semble tellement simple que j’ai failli rire la première fois qu’elle me l’a suggéré. Mais quand je sens l’anxiété monter, respirer lentement pendant quelques minutes calme vraiment mon système nerveux.

[IMAGE SUGGÉRÉE : Mains en position de repos, exercice de respiration ou de relaxation, lumière douce, atmosphère zen et accessible]

La technique du « grounding » aussi. Quand mes pensées partent en spirale catastrophique, je me ramène au moment présent. Cinq choses que je vois. Quatre choses que je touche. Trois choses que j’entends.

Ça stoppe le train fou de mon anxiété. Ça me rappelle que là, maintenant, dans ce moment précis, je vais bien.

La méditation : mon expérience honnête

Tout le monde me disait d’essayer la méditation et la pleine conscience. « Ça va changer ta vie! Ça va tout régler! »

J’ai essayé. Honnêtement, les premières semaines, je détestais ça.

[IMAGE SUGGÉRÉE : Coussin de méditation dans un coin calme, chandelle, atmosphère simple et authentique, pas de cliché spirituel excessif]

Rester assise à ne rien faire quand mon cerveau hurlait d’anxiété? Impossible. Je finissais plus stressée qu’avant.

Mais j’ai persévéré. Pas 30 minutes par jour comme les applications le suggéraient. Trois minutes. Parfois juste une.

Et lentement, très lentement, ça a commencé à m’aider. Pas de façon miraculeuse. Mais je remarquais que je pouvais observer mes pensées anxieuses sans immédiatement embarquer dans leur histoire.

La méditation ne guérit pas mon anxiété. Mais elle me donne un peu d’espace entre le déclencheur et ma réaction. Et cet espace, aussi petit soit-il, fait une différence.

L’auto-compassion : ma révolution personnelle

Le concept d’auto-compassion a littéralement transformé ma relation avec moi-même.

Avant, je me parlais comme à une employée incompétente. « T’es vraiment nulle. Tu ne peux même pas faire une journée complète de travail. Tu déçois tout le monde. »

[IMAGE SUGGÉRÉE : Personne s’enlaçant elle-même, geste doux et bienveillant, lumière chaude, atmosphère d’acceptation personnelle]

Caroline m’a demandé : « Est-ce que tu parlerais comme ça à Amélie si elle avait la SP? »

Jamais. Je serais compréhensive, encourageante, gentille.

« Alors pourquoi tu ne te traites pas avec la même gentillesse? »

Cette question m’a hantée pendant des semaines. Pourquoi est-ce que je me traitais plus durement que je ne traiterais n’importe qui d’autre?

Maintenant, quand je me surprends à être cruelle envers moi-même, je fais une pause. Je me parle comme je parlerais à quelqu’un que j’aime. Avec douceur. Avec compréhension.

Ce n’est pas de la complaisance. C’est de la compassion. Et ça a changé ma santé mentale plus que n’importe quel médicament.

Le rôle des médicaments

Après plusieurs mois de thérapie, Caroline et mon neurologue ont suggéré qu’un antidépresseur pourrait m’aider.

J’étais réticente. J’avais l’impression que prendre un antidépresseur, c’était admettre que j’avais vraiment un problème. Que je ne pouvais pas m’en sortir par moi-même.

[IMAGE SUGGÉRÉE : Pilulier organisé avec verre d’eau, lumière naturelle, présentation sobre et non stigmatisante]

Mais après trois semaines sur le médicament, j’ai senti une différence. Pas spectaculaire. Pas comme si tous mes problèmes avaient disparu.

Mais c’était comme si quelqu’un avait baissé le volume de mon anxiété. Les pensées catastrophiques étaient toujours là, mais moins envahissantes. Plus gérables.

L’antidépresseur ne m’a pas guérie. Mais combiné à la thérapie, aux techniques de gestion de l’anxiété, et à l’auto-compassion, il fait partie de ma trousse d’outils pour protéger ma santé mentale.

Parler ou ne pas parler : naviguer la stigmatisation

Parler de ma santé mentale était presque plus difficile que parler de ma SP.

Dire « j’ai la sclérose en plaques » suscite de la sympathie. Dire « je fais de l’anxiété et de la dépression » suscite souvent… de l’inconfort. Des conseils non sollicités. « As-tu essayé le yoga? Sors plus! Pense positif! »

[IMAGE SUGGÉRÉE : Deux personnes en conversation authentique, café ou thé entre elles, langage corporel ouvert et empathique]

J’ai appris à choisir à qui je me confie. Pas tout le monde ne peut contenir mes émotions difficiles. Et c’est correct.

Amélie et Marc sont mes personnes sûres. Je peux leur dire que je ne vais pas bien sans qu’ils essaient immédiatement de me « réparer ». Ils écoutent. Ils valident. C’est tout ce dont j’ai besoin.

Les stratégies quotidiennes qui fonctionnent

Au-delà de la thérapie et des médicaments, j’ai développé des petites habitudes qui protègent ma santé mentale.

Conférence 1 : Le microbiote

Le matin, j’écris trois choses pour lesquelles je suis reconnaissante. Certains jours, c’est profond. D’autres jours, c’est « je suis reconnaissante pour mon café ». Les deux sont valides.

[IMAGE SUGGÉRÉE : Journal intime ouvert avec stylo, lumière matinale douce, tasse à côté, atmosphère de rituel personnel paisible]

Je limite drastiquement mon exposition aux réseaux sociaux. Voir tout le monde vivre des vies apparemment parfaites pendant que je lutte avec ma maladie ne m’aide pas du tout.

Je protège mon sommeil comme si ma vie en dépendait. Parce qu’en quelque sorte, elle en dépend. Ma fatigue empire tout, incluant mon anxiété et ma dépression.

Et je dis non aux choses qui drainent mon énergie émotionnelle. Les événements stressants. Les personnes toxiques. Les obligations qui ne me servent pas.

L’importance de la connexion humaine

Paradoxalement, quand je vais mal mentalement, mon premier réflexe est de m’isoler. De me replier sur moi-même.

Mais j’ai appris que c’est exactement le moment où j’ai le plus besoin de connexion humaine.

[IMAGE SUGGÉRÉE : Groupe d’amis ensemble, rires authentiques, atmosphère chaleureuse et de soutien mutuel, lumière naturelle]

Pas nécessairement pour parler de la SP ou de ma santé mentale. Juste pour être avec des gens qui m’aiment. Pour rire. Pour me rappeler que je suis plus que ma maladie.

Ma vie sociale a changé avec la SP. Certaines amitiés se sont éloignées. Mais celles qui sont restées sont devenues plus profondes, plus authentiques.

Les jours difficiles : s’autoriser à ne pas aller bien

Il y a encore des jours où je ne vais pas bien. Où l’anxiété me submerge. Où je me demande comment je vais vivre le reste de ma vie comme ça.

Ces jours-là, je ne me bats plus contre mes émotions. Je les accueille. « Bonjour tristesse. Bonjour peur. Je vous vois. Vous avez le droit d’être là. »

[IMAGE SUGGÉRÉE : Personne regardant par la fenêtre un jour de pluie, posture réflexive, atmosphère douce et acceptante, ni joyeuse ni désespérée]

Je me donne la permission de faire le strict minimum. De regarder des séries toute la journée. De ne pas être productive. De simplement survivre à cette journée.

Parce que demain sera peut-être meilleur. Et si ce n’est pas demain, ce sera après-demain. Ou la semaine prochaine.

Vivre avec l’incertitude, c’est aussi accepter que ma santé mentale va fluctuer. Et c’est correct.

NOTE IMPORTANTE

La santé mentale avec la SP est complexe. Les symptômes dépressifs peuvent être causés par la maladie elle-même, par les médicaments, ou par la réaction psychologique au diagnostic. Parfois, c’est un mélange de tout.

C’est pourquoi il est crucial de consulter des professionnels qui comprennent la SP. Un psychologue ou psychiatre familier avec les maladies chroniques fera toute la différence.

Si vous avez des pensées suicidaires, contactez immédiatement une ligne d’écoute ou rendez-vous à l’urgence. Ces pensées sont un symptôme, pas une solution. Et de l’aide existe.

NOTE DE SOPHIE

Ce que j’ai partagé ici reflète mon parcours personnel avec la santé mentale dans le contexte de la SP. Chaque personne vit cela différemment.

Si vous luttez avec votre santé mentale, sachez que vous n’êtes pas seul. La dépression et l’anxiété sont extrêmement communes chez les personnes vivant avec la SP.

Demander de l’aide n’est pas une faiblesse, c’est un acte de courage.

Pour aller plus loin : ressources professionnelles

Soutien psychologique spécialisé :

  • Ordre des psychologues du Québec : ordrepsy.qc.ca (répertoire des psychologues)
  • Services de psychologie offerts par votre CLSC local
  • Programme de soutien psychologique de la Société canadienne de la SP

Lignes d’écoute et soutien d’urgence :

  • Ligne québécoise de prévention du suicide : 1-866-APPELLE (1-866-277-3553) – disponible 24/7
  • Tel-Aide : 514-935-1101 (Montréal) – écoute anonyme et confidentielle
  • Info-Social 811 : Évaluation psychosociale et orientation vers les ressources

Groupes de soutien :

  • Groupes de soutien de la Société canadienne de la SP (virtuels et en personne)
  • Communautés en ligne pour personnes vivant avec la SP
  • Programmes de pairs aidants

Ressources pour les proches :

  • Ligne Info-aidant : 1-855-852-7784
  • L’Appui pour les proches aidants : lappui.org

En cas d’urgence psychiatrique :

  • Composez le 911
  • Rendez-vous à l’urgence de l’hôpital le plus proche
  • Services de crise de votre région (contactez le 811 pour être dirigé)

Pour trouver un professionnel de la santé mentale : Parlez-en à votre neurologue ou médecin de famille qui peut vous référer à des spécialistes familiers avec les maladies chroniques.