La gratitude dans la tempête : comment je la cultive sans toxicité positive

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Femme assise à une table près d’une fenêtre, tenant un carnet contre elle avec les yeux fermés, dans un environnement en noir et blanc, évoquant une gratitude calme et nuancée sans positivité forcée dans le contexte de la SP.

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« Je peux être reconnaissante pour certaines choses ET en colère contre ma maladie. Les deux peuvent coexister. »

Sophie

[SUGGESTION IMAGE 1 : Tempête d’un côté, petite lumière qui perce de l’autre, équilibre entre difficulté et espoir, pas de filtre Instagram]

« Tu devrais être reconnaissante. Au moins, tu peux encore marcher. Au moins, ce n’est pas un cancer. Au moins, tu as un bon système de santé. Au moins… »

« Au moins. »

Ces deux mots que j’ai entendus tellement de fois depuis mon diagnostic de SP. Toujours bien intentionnés. Toujours visant à me faire sentir mieux. Toujours me laissant en fait me sentir pire.

Parce que oui, je sais que ça pourrait être pire. Mais savoir que ça pourrait être pire ne rend pas mon présent moins difficile.

Pendant longtemps, j’ai rejeté complètement l’idée de gratitude. Ça me semblait être juste une autre forme de déni toxique. Une façon de minimiser ma douleur en me forçant à être « positive ».

Mais au fil du temps, j’ai découvert qu’il existe une forme de gratitude qui est différente. Une gratitude qui peut coexister avec la douleur. Une gratitude qui n’efface pas ma réalité difficile mais qui ajoute de la profondeur à mon expérience.

Cultiver cette gratitude authentique, sans tomber dans la toxicité positive, a été l’un des apprentissages les plus délicats de mon parcours avec la SP.

Ce que la gratitude n’est PAS

Commençons par clarifier ce que je ne veux pas dire par « gratitude ».

[SUGGESTION IMAGE 2 : Affiches Instagram typiques « good vibes only », « tout arrive pour une raison », filtres arc-en-ciel, symbolisant la toxicité positive]

La gratitude n’est pas du déni. Ce n’est pas prétendre que tout va bien quand ça ne va pas bien. Ce n’est pas sourire à travers la douleur et dire « Je suis bénie! » quand je me sens vraiment malheureuse.

La gratitude n’est pas de la minimisation. Ce n’est pas dire « Ça pourrait être pire » pour invalider ma propre souffrance. La douleur n’est pas une compétition. Ma difficulté n’est pas moins valide parce que quelqu’un d’autre souffre différemment.

La gratitude n’est pas de la comparaison. Ce n’est pas me forcer à me sentir mieux en comparant ma situation à celle de personnes qui ont « pire ». Ça ne fonctionne pas comme ça. Et honnêtement, ça fait juste en sorte que je me sens coupable de ma douleur en plus de la ressentir.

La gratitude n’est pas une obligation. Je ne « dois » pas être reconnaissante. Personne ne me doit de la gratitude pour quoi que ce soit. Ce n’est pas un devoir moral.

La gratitude n’est pas un remède. Elle ne guérira pas ma SP. Elle ne fera pas disparaître mes symptômes. Elle n’est pas un substitut aux traitements médicaux ou au soutien psychologique.

Cette clarification était essentielle pour moi. Parce que pendant longtemps, quand les gens mentionnaient la gratitude, c’était dans ce contexte toxique. Et je rejetais toute l’idée.

La toxicité positive : mon expérience

La « toxicité positive » est cette pression subtile (ou parfois pas si subtile) de toujours être positive, de toujours voir le bon côté, de toujours être reconnaissante, peu importe ce qui se passe.

[SUGGESTION IMAGE 3 : Masque souriant devant visage triste, métaphore de la fausse positivité forcée]

J’ai rencontré beaucoup de toxicité positive après mon diagnostic :

« La SP est un cadeau! Elle va te rendre plus forte! »

« Tout arrive pour une raison. Dieu a un plan. »

« Pense positif et tu iras mieux! »

« Tu devrais être reconnaissante pour tout ce que tu as encore. »

Ces commentaires, même bien intentionnés, faisaient plusieurs choses nocives :

Ils invalidaient ma douleur. Comme si reconnaître ma souffrance était un échec moral.

Ils me faisaient sentir coupable. Comme si ne pas être constamment positive empirait ma condition.

Ils simplifiaient une réalité complexe. Comme si un changement d’attitude pouvait résoudre une maladie neurologique.

Ils me forçaient à performer de la gratitude pour rendre les autres confortables avec ma maladie.

Ma colère face à la SP était valide. Ma tristesse était réelle. Mon anxiété était compréhensible.

Prétendre le contraire au nom de la « gratitude » ou de la « positivité » n’était pas sain. C’était toxique.

Le tournant : découvrir la gratitude authentique

Mon introduction à une forme différente de gratitude est venue de façon inattendue, lors d’une session de thérapie particulièrement difficile.

[SUGGESTION IMAGE 4 : Cahier de notes avec stylo, tasse de tisane, lumière douce de fin de journée, évoquant l’introspection calme]

J’étais en pleine crise. Une poussée venait d’empirer mes symptômes. Je venais de perdre un client important. Je me sentais submergée, en colère, désespérée.

Ma thérapeute ne m’a pas dit d’être reconnaissante. Elle ne m’a pas dit de voir le bon côté. Elle m’a simplement écoutée. Validée. Tenu l’espace pour toute ma douleur.

Puis, vers la fin de la session, elle a demandé doucement : « Au milieu de tout cela, y a-t-il quelque chose – n’importe quoi, même quelque chose de tout petit – qui a été une lumière? »

Pas « tu devrais être reconnaissante pour ». Juste « y a-t-il eu une lumière? »

Cette question était différente. Elle n’invalidait pas ma douleur. Elle me permettait de tenir ma douleur ET de remarquer autre chose aussi.

J’ai réfléchi. « Marc a été incroyable. Il a pris soin de moi sans se plaindre. Ça m’a touchée. »

« C’est une lumière », a-t-elle dit. « Peux-tu tenir les deux? La difficulté de la poussée ET la gratitude pour le soutien de Marc? »

Et j’ai réalisé : oui. Je peux. Les deux peuvent coexister.

C’était ma première vraie expérience de gratitude authentique au milieu de la tempête.

Les principes de ma pratique de gratitude

Depuis, j’ai développé ma propre approche de la gratitude qui respecte ces principes :

1. La gratitude ET, pas la gratitude MAIS

[SUGGESTION IMAGE 5 : Diagramme de Venn avec « difficultés » et « lumières » qui se chevauchent, zone de rencontre éclairée]

Faux : « Ma poussée était terrible MAIS au moins j’ai Marc. »

Le « mais » efface la première partie. Il minimise ma douleur.

Vrai : « Ma poussée était terrible ET j’ai été touchée par le soutien de Marc. »

Le « et » permet aux deux réalités de coexister. Ma douleur est valide. Ma gratitude est aussi valide. Aucune n’annule l’autre.

2. La gratitude spécifique, pas générique

Faux : « Je suis reconnaissante pour tout. »

C’est vague. Ça sonne comme une performance.

Vrai : « Je suis reconnaissante pour ce moment précis où Marc m’a apporté du thé sans que je demande, parce qu’il avait remarqué que j’avais froid. »

La gratitude spécifique est plus vraie. Plus ressentie. Plus ancrée dans la réalité concrète de ma vie.

3. La gratitude pour les petites choses, pas seulement les grandes

[SUGGESTION IMAGE 6 : Gros plan sur petits détails – goutte de rosée, texture de tissu, lumière sur une surface – beauté dans les petites choses]

Je ne peux pas toujours trouver de la gratitude pour les grandes choses. Parfois, tout est difficile.

Mais je peux presque toujours trouver quelque chose de petit :

Le café était bon ce matin. L’eau chaude de la douche a soulagé mes muscles endoloris. Mon chat a ronronné sur mes genoux. Le soleil a brillé à travers la fenêtre.

Ces petites choses ne « réparent » rien. Mais elles ajoutent de minuscules points de lumière à ma journée.

4. La gratitude comme observation, pas comme obligation

Faux : « Je DOIS trouver quelque chose pour être reconnaissante aujourd’hui. »

Cette pression transforme la gratitude en corvée.

Vrai : « Si je remarque quelque chose qui touche mon cœur aujourd’hui, je vais le noter. »

Aucune pression. Juste une ouverture à remarquer quand quelque chose de bon se produit, même au milieu de la difficulté.

5. La gratitude compatible avec toutes les émotions

[SUGGESTION IMAGE 7 : Palette de peinture avec toutes les couleurs, pas seulement les couleurs vives, métaphore des émotions variées]

Je peux être reconnaissante pour le soutien de Marc ET être en colère contre ma maladie.

Je peux être touchée par la beauté d’un coucher de soleil ET être triste de ma fatigue.

Je peux apprécier un moment de rire ET pleurer une heure plus tard.

La gratitude n’exige pas que je sois toujours joyeuse. Elle peut cohabiter avec toute la gamme de mes émotions humaines.

Ma pratique quotidienne (imparfaite) de gratitude

Je ne tiens pas un « journal de gratitude » quotidien. Honnêtement, cette pression de trouver trois choses chaque jour me stressait plus qu’elle ne m’aidait.

[SUGGESTION IMAGE 8 : Carnet simple, quelques notes éparses, pas de pression de perfection, naturel et authentique]

Ma pratique est beaucoup plus flexible et organique :

Moments de gratitude spontanée : Quand quelque chose me touche – vraiment me touche, pas juste « devrait » me toucher – je le remarque. Parfois je le note. Parfois je le partage avec Marc. Parfois je le garde juste pour moi, savourant ce moment.

Gratitude dans les conversations : Quand Marc fait quelque chose qui m’aide, je le lui dis. Pas de façon performative, juste authentiquement. « J’apprécie vraiment que tu aies fait ça. »

Gratitude rétrospective : Certains soirs, si j’en ai l’énergie, je réfléchis à ma journée. Pas pour trouver des « choses à être reconnaissante pour », mais pour remarquer s’il y a eu des lumières au milieu de tout le reste.

Gratitude partagée : Dans mes conversations avec d’autres personnes vivant avec la SP, nous partageons parfois nos moments de lumière. Pas de façon forcée, juste quand ça vient naturellement.

La clé : aucune pression. Aucun jugement si je n’ai rien « trouvé » un jour donné. Certains jours sont juste difficiles, et c’est correct.

Les jours où la gratitude est impossible

Il y a des jours où la gratitude me semble impossible. Et franchement, offensante.

[SUGGESTION IMAGE 9 : Ciel orageux sombre, aucune percée de lumière visible, honnêteté face aux jours vraiment difficiles]

Les jours de poussées sévères. Les jours où la dépression m’écrase. Les jours où je suis tellement fatiguée que même penser est épuisant.

Ces jours-là, essayer de forcer la gratitude serait cruel envers moi-même.

Alors je ne le fais pas. Je me donne la permission d’être simplement dans ma douleur. De ne pas chercher de lumière. De ne pas « chercher le positif ».

Parfois, la chose la plus compatissante que je peux faire pour moi-même est de ne pas demander de gratitude. De laisser la tempête être une tempête sans essayer d’y trouver un arc-en-ciel.

Cette permission – de ne PAS devoir être reconnaissante – est essentielle. Parce que si la gratitude devient une autre chose que je « devrais » faire, elle perd tout son sens.

Ce que la recherche dit sur la gratitude et la maladie chronique

En explorant ce sujet, j’ai été surprise de découvrir qu’il existe beaucoup de recherches scientifiques sur la gratitude et la maladie chronique.

[SUGGESTION IMAGE 10 : Livres de recherche empilés, articles scientifiques, évoquant la base scientifique derrière la pratique]

Les études montrent que les personnes qui pratiquent la gratitude de façon authentique (pas forcée) rapportent :

  • Des niveaux plus bas de dépression
  • Moins d’anxiété
  • Meilleure qualité de sommeil
  • Perception réduite de la douleur
  • Plus grande résilience face aux défis
  • Relations sociales plus fortes
  • Sens accru de bien-être général

Mais voici ce qui est crucial : ces bénéfices viennent de la gratitude AUTHENTIQUE, pas de la positivité forcée.

Les recherches distinguent clairement entre :

  • La gratitude réaliste qui coexiste avec la reconnaissance des difficultés
  • La « pensée positive » qui nie ou minimise les difficultés

La première est bénéfique. La deuxième peut en fait être nocive.

Comment la gratitude a changé mon expérience avec la SP

La gratitude authentique n’a pas changé ma SP. Mes symptômes sont toujours là. Mes limitations sont toujours réelles.

[SUGGESTION IMAGE 11 : Même paysage vu avec deux perspectives différentes – pas changé, mais perçu différemment]

Mais elle a changé mon expérience de vivre avec la SP de façons subtiles mais significatives :

Elle ajoute de la texture à mes jours. Même les jours difficiles ne sont plus monolithiquement « mauvais ». Il y a des moments de difficulté ET des moments de lumière. La texture est plus riche.

Elle renforce mes relations. Quand j’exprime ma gratitude à Marc, à mes amis, à mon équipe médicale, ça renforce nos liens. Ils se sentent vus et appréciés.

Elle me connecte au présent. La gratitude demande que je sois présente pour remarquer ce qui se passe maintenant. Pas dans le passé que j’ai perdu. Pas dans le futur incertain. Maintenant.

Elle me donne des ancres. Dans les moments particulièrement difficiles, je peux me rappeler : « Oui, c’est dur maintenant. ET il y a eu ce moment hier où… » Ça ne résout rien, mais ça me donne un point d’ancrage.

Elle élargit ma capacité émotionnelle. Je peux tenir plus d’émotions simultanément. Pas seulement la douleur OU la joie, mais la douleur ET la joie. Ma vie émotionnelle est plus complexe et plus complète.

Gratitude vs résignation

Une distinction importante : la gratitude n’est pas de la résignation.

[SUGGESTION IMAGE 12 : Deux chemins qui divergent – un menant à l’acceptation active, l’autre à la résignation passive]

Résignation : « Ma vie est ce qu’elle est. Ça ne sert à rien de vouloir mieux. Je devrais juste accepter et être reconnaissante. »

Gratitude authentique : « Ma vie est difficile en ce moment. ET au milieu de cette difficulté, il y a eu ce moment de connexion/beauté/tendresse. Je remarque et apprécie ces moments tout en continuant à chercher des façons d’améliorer ma situation. »

La résignation est passive et défaitiste. La gratitude authentique est active et expansive.

Je peux être reconnaissante pour le soutien de Marc ET continuer à chercher de meilleurs traitements. Je peux apprécier un moment sans douleur ET continuer à travailler avec mon équipe médicale pour gérer mes symptômes.

La gratitude ne m’empêche pas de vouloir mieux. Elle m’aide juste à ne pas rater les bonnes choses qui existent déjà.

Gratitude dans les relations : navigation délicate

Exprimer de la gratitude dans mes relations avec la SP demande une navigation délicate.

[SUGGESTION IMAGE 13 : Deux personnes en conversation, bulles de dialogue soigneusement équilibrées, communication nuancée]

Avec Marc, j’ai appris à dire : « Je suis vraiment reconnaissante que tu m’aides avec ça » ET « Je déteste avoir besoin d’aide. »

Les deux sont vrais. Et Marc peut tenir les deux.

Avec mes proches, j’ai appris à recevoir leurs offres d’aide avec gratitude sans me sentir obligée de minimiser mes difficultés pour les rendre confortables.

Avec d’autres personnes vivant avec la SP, nous pouvons partager nos moments de gratitude sans pression de « rester positives ». On peut dire « J’ai apprécié ce coucher de soleil aujourd’hui » ET « Mais putain que cette fatigue est brutale. »

Cette authenticité dans l’expression de la gratitude rend mes relations plus profondes et plus vraies.

Mes moments de gratitude les plus puissants

Certains moments de gratitude ont été particulièrement puissants pour moi.

[SUGGESTION IMAGE 14 : Lumière douce perçant à travers des nuages après une tempête, métaphore de moments de grâce]

Après ma première poussée majeure : Je suis sortie de l’hôpital épuisée, effrayée, mais aussi profondément touchée par tous ceux qui avaient pris soin de moi. L’équipe médicale. Marc. Mes parents. Cette gratitude a coexisté avec ma peur.

Le jour où j’ai réussi à dire non sans culpabilité : J’ai ressenti de la gratitude pour ma propre croissance. Pour avoir appris à honorer mes limites.

Quand une autre personne avec la SP m’a dit que mes mots l’avaient aidée : Gratitude profonde pour pouvoir transformer ma douleur en connexion et soutien pour quelqu’un d’autre.

Les matins où je me réveille avec peu de douleur : Une gratitude simple et profonde pour ce corps qui, malgré tout, fonctionne encore. Pas parfaitement, mais suffisamment.

Ces moments n’ont pas « compensé » pour la difficulté de vivre avec la SP. Mais ils ont ajouté de la profondeur et du sens à mon expérience.

Enseigner la gratitude authentique aux autres

Quand mes proches ou d’autres personnes nouvellement diagnostiquées me parlent de gratitude, je partage toujours ces principes :

[SUGGESTION IMAGE 15 : Conversation entre deux personnes, échange authentique sans jugement, transmission de sagesse]

« La gratitude n’est jamais une obligation. Si ça ne vient pas naturellement, ne te force pas. »

« Tu peux être en colère ET reconnaissante. Les deux peuvent coexister. »

« Méfie-toi de quiconque utilise la gratitude pour minimiser ta douleur. Ta douleur est valide. »

« La gratitude pour les petites choses est tout aussi précieuse que pour les grandes. »

« Certains jours, il n’y aura pas de gratitude. Et c’est correct. Tu n’es pas en échec. »

Les pièges que j’essaie d’éviter

Même avec toute cette compréhension, je tombe parfois dans des pièges :

[SUGGESTION IMAGE 16 : Signes d’avertissement sur un chemin, métaphore des pièges à éviter dans la pratique de gratitude]

Le piège de la performance : Parfois, je me surprends à « chercher » de la gratitude pour pouvoir la partager ou la noter. C’est de la performance, pas de l’authenticité. Quand je remarque ça, je fais une pause.

Le piège de la comparaison : « D’autres personnes trouvent tellement de choses pour être reconnaissantes. Pourquoi pas moi? » Cette comparaison transforme la gratitude en compétition.

Le piège de l’invalidation de soi : « Je devrais être plus reconnaissante. Je me plains trop. » C’est juste de l’auto-critique déguisée en gratitude.

Le piège de la minimisation : « Au moins j’ai… » utilisé pour minimiser ma douleur légitime.

Reconnaître ces pièges m’aide à y tomber moins souvent. Mais je ne suis pas parfaite. Parfois, je glisse. Et quand je le fais, je m’en rends compte, et je reviens à une gratitude plus authentique.

Gratitude et espoir sans faux espoirs

La gratitude m’a aussi aidée à naviguer entre l’espoir et le réalisme.

[SUGGESTION IMAGE 17 : Balance entre une plume (espoir) et une pierre (réalisme), équilibre délicat]

Je peux être reconnaissante pour les avancées dans la recherche sur la SP sans me créer de fausses attentes.

Je peux apprécier les jours où mes symptômes sont légers sans oublier que les jours difficiles reviendront.

Je peux être touchée par une amélioration sans m’attendre à une guérison miraculeuse.

Cette gratitude réaliste me garde ancrée. Ni dans un optimisme irréaliste ni dans un pessimisme écrasant. Quelque part au milieu, dans l’acceptation de ce qui est tout en restant ouverte à ce qui pourrait être.

Un défi pour vous (sans pression)

Si vous vivez avec la SP ou toute maladie chronique, je vous invite – sans aucune pression – à explorer la gratitude authentique.

[SUGGESTION IMAGE 18 : Porte entrouverte sur jardin paisible, invitation sans obligation, liberté de choix]

Pas la gratitude performative. Pas la gratitude qui minimise votre douleur. Pas la gratitude que vous « devriez » avoir.

Mais la gratitude qui pourrait naturellement émerger si vous portez attention :

Y a-t-il eu un moment aujourd’hui – même tout petit – qui a touché votre cœur?

Une gentillesse de quelqu’un? Un moment de beauté? Un soulagement temporaire de la douleur? Une connexion authentique?

Si oui, remarquez-le. Pas pour « fixer » quoi que ce soit. Juste pour le remarquer.

Et si non? Si aujourd’hui est juste difficile du début à la fin? C’est correct aussi. Vraiment. Votre douleur est valide. Vous n’avez pas à chercher de lumière.

La gratitude authentique n’est jamais forcée. Elle est remarquée quand elle apparaît naturellement.

Où je suis maintenant

Trois ans dans mon parcours avec la SP, la gratitude fait partie de ma vie d’une façon que je n’aurais jamais imaginée.

[SUGGESTION IMAGE 19 : Personne debout dans un champ, bras légèrement ouverts, acceptant ce qui vient, paix sans déni]

Mais ce n’est pas une pratique constante ou parfaite. Certains jours, je remarque beaucoup de moments de gratitude. D’autres jours, rien. Et les deux sont corrects.

La différence maintenant est que je ne me force plus. Je ne me juge plus. Je ne performe plus de gratitude pour rendre les autres confortables.

J’ai appris que la gratitude authentique est comme une fleur sauvage. Elle pousse quand les conditions sont bonnes. On ne peut pas la forcer. On peut juste créer l’espace pour qu’elle apparaisse si elle le veut.

Et dans cet espace – entre la reconnaissance de ma douleur ET l’ouverture aux moments de lumière – j’ai trouvé une façon plus riche, plus complète, plus vraie de vivre avec ma maladie.

La tempête est toujours là. Mais maintenant, je peux remarquer les étoiles entre les nuages sans prétendre que la tempête n’existe pas.

Et pour moi, c’est l’essence de la gratitude authentique.

NOTE IMPORTANTE

Ces informations sont présentées à titre éducatif. La gratitude est un outil complémentaire, jamais un substitut aux soins médicaux ou psychologiques professionnels.

Si vous éprouvez des difficultés psychologiques importantes, consultez un professionnel de la santé mentale.

NOTE DE SOPHIE

La gratitude est un outil puissant, mais seulement quand elle est authentique et non forcée. Si quelqu’un utilise la gratitude pour minimiser votre douleur ou vous faire sentir coupable de vos luttes, sachez qu’ils se trompent.

Votre douleur est valide. Votre colère est valide. Votre tristesse est valide.

La gratitude authentique ne les remplace pas – elle coexiste avec eux. Soyez doux avec vous-même.

La gratitude viendra si et quand elle vient. Et si elle ne vient pas aujourd’hui, vous n’avez pas échoué.

Pour aller plus loin

Recherches sur la gratitude et la maladie chronique

Études majeures sur la gratitude et la santé :

Gratitude et qualité de vie avec maladie chronique :

Mécanismes de la gratitude :

Gratitude et bien-être émotionnel :

Points importants à retenir des recherches

Ce que la gratitude PEUT faire selon les études :

  • Réduire significativement les symptômes de dépression et d’anxiété chez les personnes atteintes de maladies chroniques
  • Améliorer la qualité du sommeil et l’état d’humeur général
  • Diminuer la perception de la douleur chronique
  • Renforcer les relations sociales et le sentiment de connexion
  • Augmenter la résilience face aux difficultés
  • Améliorer certains marqueurs de santé physique (inflammation, stress cardiovasculaire)

Ce que la gratitude NE PEUT PAS faire :

  • Guérir la maladie chronique
  • Remplacer les traitements médicaux
  • Éliminer complètement la souffrance
  • Fonctionner si elle est forcée ou performative
  • Invalider la légitimité de la douleur ou des émotions difficiles

Recommandations importantes des chercheurs :

  • La gratitude authentique (qui reconnaît les difficultés) est bénéfique
  • La « pensée positive » forcée ou qui nie les difficultés peut être nocive
  • La gratitude fonctionne mieux quand elle est pratiquée librement, sans pression
  • Elle peut coexister avec toutes les émotions (colère, tristesse, frustration)
  • Les bénéfices se maintiennent avec une pratique régulière mais flexible
  • La gratitude pour les petites choses est aussi valable que pour les grandes

Distinction critique :

Les études distinguent clairement la gratitude réaliste de la « toxicité positive ». La première reconnaît les difficultés tout en remarquant aussi les lumières. La deuxième nie ou minimise les difficultés, ce qui peut aggraver la détresse psychologique plutôt que de l’améliorer.