S’enfarger dans les fleurs du tapis : mes problèmes d’équilibre

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Sophie Martineau, représentée en couleur et debout dans sa cuisine, s’appuie sur le comptoir tout en portant une main à sa tête, illustrant une perte d’équilibre passagère, tandis que l’environnement autour d’elle est en noir et blanc, évoquant les problèmes d’équilibre liés à la sclérose en plaques.

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« Mes problèmes d’équilibre m’ont appris l’humilité. Et l’importance de demander de l’aide avant de tomber. »

Sophie

[Image suggérée : Femme se tenant au mur en marchant dans un couloir. Alt: « Naviguer les problèmes d’équilibre au quotidien avec la SP »]

« Attention, il y a une marche ! » Marc me crie ce genre d’avertissement au moins cinq fois par jour maintenant. Même quand je connais parfaitement l’endroit où nous sommes.

Parce qu’avec la SP, mon sens de l’équilibre est devenu… créatif. Mon corps a décidé que marcher en ligne droite était devenu une suggestion optionnelle plutôt qu’un automatisme.

Et oui, je me suis littéralement enfargée dans les fleurs du tapis. Plus d’une fois.

Quand marcher devient un exercice de concentration

Avant la SP, je ne pensais jamais à comment marcher. Mon corps savait juste quoi faire. Un pied devant l’autre, automatique, facile, évident.

Maintenant ? Marcher demande ma concentration. Surtout dans certaines conditions. Quand je suis fatiguée. Quand il fait chaud. Quand mes pieds sont engourdis.

Mon cerveau doit superviser consciemment ce qui se passait automatiquement avant. C’est épuisant d’une façon que je n’aurais jamais pu imaginer.

[Image suggérée : Pieds en gros plan marchant lentement et prudemment. Alt: « Marche consciente et prudente avec problèmes d’équilibre »]

Les premiers signes

Au début, c’était subtil. Une légère instabilité quand je fermais les yeux sous la douche. Une tendance à dévier un peu vers la gauche quand je marchais.

Puis ça s’est intensifié. Je me cognais dans les cadres de porte. Je trébuchais sur des obstacles imaginaires. Marc me demandait si j’avais bu après m’avoir vue zigzaguer dans notre couloir.

Avant mon diagnostic, je blâmais mes chaussures, le manque de sommeil, ma propre maladresse. Maintenant je sais que c’était la SP qui s’annonçait.

Les escaliers : mon nouveau défi

Les escaliers sont devenus mon ennemi juré. Monter, ça va encore à peu près. Mais descendre ? C’est comme demander à mon corps de résoudre une équation complexe à chaque marche.

Je dois regarder chaque marche. Tenir la rampe. Descendre lentement. Les gens pressés derrière moi dans les escaliers publics doivent me trouver terriblement lente.

J’ai appris à toujours chercher l’ascenseur. Pas par paresse, mais par nécessité. Et par peur. La peur de tomber est devenue ma compagne constante.

Ma première vraie chute

Ça s’est passé chez moi. Dans ma propre cuisine, un endroit que je connais par cœur. Mon pied a simplement décidé de ne pas se lever assez haut pour passer au-dessus de… rien.

Je suis tombée de tout mon long. Le choc émotionnel a été pire que les bleus. J’ai pleuré pendant une heure, pas de douleur physique mais de frustration et de peur.

Marc m’a trouvée assise par terre, encore en train de pleurer. « Et si ça arrive dehors ? Et si je me casse quelque chose ? Et si ça empire ? »

[Image suggérée : Femme assise par terre après une chute, l’air bouleversé. Alt: « L’impact émotionnel d’une chute liée aux problèmes d’équilibre de la SP »]

Ce que Dr. Bergeron m’a expliqué

Les problèmes d’équilibre dans la SP ont plusieurs causes. Les lésions peuvent affecter les zones du cerveau et de la moelle épinière responsables de l’équilibre et de la coordination.

Les engourdissements dans mes pieds n’aident pas non plus. Comment maintenir l’équilibre quand tu ne sens pas vraiment le sol sous tes pieds ?

Ajoutez la fatigue, la faiblesse musculaire, et parfois des problèmes de vision, et vous avez la recette parfaite pour l’instabilité.

L’impact sur ma mobilité

Je ne cours plus. Du tout. Même pas pour attraper un autobus. Le risque de chute est trop élevé. C’est étrange de se voir comme quelqu’un qui ne peut plus courir à 35 ans.

Marcher longtemps devient problématique. Plus je suis fatiguée, plus mon équilibre se détériore. C’est un cercle vicieux. Je dois m’arrêter pour me reposer, sinon je risque de tomber.

Les surfaces inégales ? Un cauchemar. Les trottoirs avec leurs petites bosses et creux. Les stationnements de gravier. Les sentiers en forêt que j’adorais. Tout est devenu un parcours d’obstacles potentiellement dangereux.

Adapter mon appartement

Marc et moi avons dû faire des changements à notre logement. Des tapis antidérapants partout. Des barres d’appui dans la douche. Des lumières de nuit pour les déplacements nocturnes.

J’ai enlevé tous les petits tapis décoratifs qui pourraient glisser sous mes pieds. Le désordre par terre ? Éliminé. Chaque objet qui traîne est un risque de trébuchement potentiel.

Notre appartement ressemble peut-être moins à un magazine de décoration maintenant, mais il est plus sécuritaire pour moi. Et c’est tout ce qui compte.

[Image suggérée : Barre d’appui dans une douche. Alt: « Adaptations pour la sécurité dans la salle de bain »]

Les sorties deviennent compliquées

Sortir dans le monde demande maintenant une planification considérable. Est-ce que l’endroit est accessible ? Y a-t-il des escaliers ? Des ascenseurs ? Des rampes ?

Est-ce que l’éclairage est bon ? (Dans la pénombre, mon équilibre est encore pire.) Est-ce qu’il y aura des foules où je pourrais être bousculée ?

Ma vie sociale a dû s’adapter à ces nouvelles considérations. Je ne vais plus dans les bars bondés. Les événements extérieurs sur des terrains inégaux ? Je les évite.

L’aide à la marche : un débat interne

Dr. Bergeron m’a suggéré une canne. « Pas tout le temps, juste pour les journées difficiles ou les sorties plus exigeantes. » Je l’ai regardé comme s’il venait de me suggérer de m’acheter un fauteuil roulant.

J’ai 35 ans. Une canne ? C’est pour les personnes âgées, non ? J’ai résisté pendant des mois. Par orgueil. Par peur de ce que ça représentait. Par refus d’accepter cette nouvelle réalité.

Puis j’ai eu une mauvaise chute en public. Et j’ai finalement accepté d’essayer.

Ma relation avec ma canne

La première fois que je suis sortie avec ma canne, j’avais honte. Je me sentais jugée par chaque regard. Trop jeune pour avoir besoin de ça.

Mais vous savez quoi ? Elle a changé ma vie. Soudainement, je pouvais sortir sans cette peur constante de tomber. Je pouvais marcher plus longtemps. J’avais confiance en ma stabilité.

Je ne l’utilise pas tous les jours. Mais les jours où ma fatigue est intense, ou quand je sors dans un endroit inconnu, elle devient mon alliée.

[Image suggérée : Canne élégante appuyée contre un mur. Alt: « Aide à la mobilité pour les problèmes d’équilibre »]

Les regards et les commentaires

« Tu es trop jeune pour avoir besoin d’une canne ! » « C’est juste psychologique, non ? » « Tu devrais faire plus d’exercice pour améliorer ton équilibre. »

Les gens ont des opinions sur mon corps et mes besoins. Des opinions non sollicitées et souvent blessantes. J’ai appris à les ignorer, mais ça reste difficile.

Marc a développé un regard très efficace pour les gens qui fixent trop longtemps. Moi, j’ai appris à marcher la tête haute, canne ou pas.

Le yoga et la physiothérapie

J’ai commencé à voir une physiothérapeute spécialisée en SP. Elle m’a donné des exercices pour renforcer mes muscles stabilisateurs et améliorer ma proprioception.

Le yoga adapté aide aussi. Pas le yoga intense que je faisais avant, mais des poses douces qui travaillent l’équilibre et la conscience corporelle. Toujours avec un mur ou une chaise à proximité pour le support.

Ces pratiques n’ont pas miraculeusement résolu mes problèmes d’équilibre, mais elles m’ont donné plus de contrôle. Plus de confiance. C’est quelque chose.

Les jours d’équilibre « normal »

Il y a des jours où mon équilibre est presque normal. Où je peux marcher sans trop d’inquiétude. Ces jours-là, je me rappelle comment c’était avant.

Ces moments sont précieux mais aussi un peu cruels. Parce qu’ils me rappellent ce que j’ai perdu. Et parce que je sais qu’ils sont temporaires.

Ma SP rémittente-récurrente signifie que mes symptômes fluctuent. L’équilibre d’un jour n’est jamais garanti pour le lendemain.

[Image suggérée : Femme marchant confortablement dans un parc lors d’une bonne journée. Alt: « Profiter des moments de meilleur équilibre »]

L’impact sur mon identité

J’étais cette personne qui faisait du vélo, du yoga, des randonnées. Mon corps était fort, fiable, compétent. Mon équilibre était un acquis que je ne questionnais jamais.

Maintenant, je dois redéfinir qui je suis dans un corps moins stable. Reconstruire mon identité autour de cette nouvelle réalité.

Je ne suis plus la randonneuse aventureuse. Mais je suis devenue quelqu’un de plus prudent, plus conscient, plus adaptable. Il y a une force dans ça aussi.

Les peurs nocturnes

Les déplacements nocturnes pour aller aux toilettes sont devenus anxiogènes. Dans le noir, mon équilibre est encore pire. J’ai installé des veilleuses partout dans l’appartement.

Marc se réveille souvent quand je me lève la nuit, prêt à m’aider si besoin. Il ne me le dit pas, mais je sais qu’il s’inquiète que je tombe quand il dort.

Cette vulnérabilité nocturne, cette dépendance, c’est difficile à accepter. Je suis censée être adulte et autonome, non ?

Apprendre à demander de l’aide

Mon côté farouchement indépendant déteste avoir besoin d’aide pour des choses aussi basiques que marcher. Mais j’ai dû apprendre à accepter le bras de Marc quand il me l’offre.

À demander à des amis de marcher plus lentement. À accepter qu’on me tienne la porte ou qu’on m’offre un siège. Ces petits gestes ne sont plus des politesses inutiles, ce sont des nécessités.

Apprendre à recevoir de l’aide sans culpabilité est un processus continu. [Article à venir]

[Image suggérée : Main offrant de l’aide à quelqu’un. Alt: « Accepter l’aide pour la mobilité »]

Les adaptations au travail

Mon travail de graphiste se fait principalement assise, heureusement. Mais les rencontres clients en personne sont devenues stressantes.

Je m’assure toujours d’arriver tôt pour repérer les lieux. Où sont les rampes, les ascenseurs, les endroits pour m’asseoir si besoin. Je préfère maintenant les rencontres virtuelles quand c’est possible.

Mes clients réguliers savent maintenant que je peux avoir besoin de prendre l’ascenseur même pour un seul étage. Que je vais me déplacer lentement. La plupart sont compréhensifs.

Les émotions contradictoires

Certains jours, je suis en colère contre mon corps qui ne fait plus ce qu’il devrait faire naturellement. D’autres jours, je suis reconnaissante que ce ne soit « que » des problèmes d’équilibre et pas quelque chose de pire.

Ces émotions contradictoires sont épuisantes. Les émotions après le diagnostic ne disparaissent jamais vraiment, elles évoluent juste avec chaque nouveau défi.

Je dois constamment trouver l’équilibre (ironique, je sais) entre accepter mes limitations et continuer à me pousser doucement.

Ce que j’aurais aimé savoir

J’aurais aimé savoir que les problèmes d’équilibre ne signifient pas automatiquement une progression rapide vers le fauteuil roulant. C’était ma plus grande peur au début.

J’aurais aimé savoir que des aides à la mobilité ne sont pas un échec, mais des outils qui donnent plus de liberté, pas moins. Qu’il n’y a pas de honte à utiliser ce qui aide.

J’aurais aimé savoir que mon corps ferait de son mieux, même si son mieux change de jour en jour.

Regarder vers l’avant

Est-ce que mes problèmes d’équilibre vont s’améliorer ? Empirer ? Rester stables ? Je ne sais pas. L’incertitude fait partie du package SP. [Article à venir]

Ce que je sais, c’est que j’apprends à naviguer cette nouvelle réalité. Lentement, avec aide, en tombant parfois (littéralement), mais en continuant d’avancer.

Mon équilibre n’est plus ce qu’il était. Mais je suis toujours debout, métaphoriquement sinon toujours physiquement. Et pour l’instant, c’est suffisant.

NOTE IMPORTANTE

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. Les problèmes d’équilibre varient considérablement d’une personne à l’autre. Consultez toujours votre équipe médicale pour discuter de vos symptômes spécifiques et des options de traitement adaptées à votre situation.

Pour aller plus loin : Études et ressources scientifiques

Prévalence de l’ataxie et problèmes d’équilibre

Ataxia in Multiple Sclerosis: Prevalence – L’ataxie touche environ 80% des personnes atteintes de SP à un moment donné. Les personnes avec SP progressive primaire ou secondaire sont plus susceptibles de développer de l’ataxie, bien que beaucoup ne présentent que des symptômes légers qui n’affectent pas grandement leurs activités quotidiennes.

Ataxia Symptoms and Impact – Selon le MS Trust, l’ataxie affecte environ 4 personnes sur 5 atteintes de SP. Des études montrent qu’entre 50% et 70% des personnes atteintes de SP rapportent avoir chuté au cours des 2 à 6 derniers mois.

Types of Ataxia in MS – L’ataxie peut affecter le contrôle des mouvements oculaires et des muscles utilisés pour marcher, s’asseoir, se tenir debout, parler ou avaler. Les experts estiment qu’environ 8 personnes sur 10 atteintes de SP connaîtront un certain degré d’ataxie pendant leur maladie.

Mécanismes neurologiques

Cerebellar Pathology and Balance – Les problèmes de coordination sont fréquents en raison de dommages au cervelet et à ses connexions. La pathologie cérébelleuse cause nystagmus, dysarthrie et tremblements avec ataxie des membres, du tronc et de la démarche selon la zone lésée.

Ataxia: Complexity of Brain Involvement – L’ataxie dans la SP implique de multiples régions cérébrales incluant le cervelet, le tronc cérébral et la moelle épinière. Cette nature multifactorielle rend le diagnostic et la gestion difficiles, nécessitant une approche multimodale.

Impact sur la marche et chutes

Effects on Gait and Plantar Pressure – Les personnes avec problèmes de coordination marchent avec des pas plus courts et plus lents. Lors de processus dynamiques et statiques, elles portent la charge avec l’arrière du pied. L’identification de ces changements aide les physiothérapeutes à déterminer des cibles thérapeutiques spécifiques.

Balance Problems and Fall Risk – Les personnes atteintes d’ataxie ont plusieurs facteurs de risque de chutes, incluant faiblesse musculaire, fatigue, spasticité, problèmes sensoriels et visuels comme la vision double.

Approches thérapeutiques

Physical and Occupational Therapy – L’ataxie est habituellement traitée avec une combinaison de réadaptation et de stratégies compensatoires. Un programme d’exercices pour renforcer les muscles du tronc peut aider, car beaucoup de personnes avec ataxie ont un équilibre précaire et passeront une grande partie de leur journée assises.

Core Stability Training – Un physiothérapeute peut concevoir une série d’exercices pour développer la force du tronc. Les longues périodes d’inactivité peuvent affaiblir les muscles centraux et autres groupes musculaires, aggravant ultimement l’équilibre et la stabilité.

Repetitive TMS for Ataxia – Une étude pilote randomisée de 2017 a montré que la stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) à haute fréquence combinée à un programme de réadaptation intensive améliorait significativement les mesures de démarche et d’équilibre chez les personnes avec SP rémittente-récurrente et ataxie du tronc.

Aides techniques et adaptations

Compensatory Strategies – Des dispositifs adaptatifs comme des cannes lestées pour les bras peuvent parfois atténuer les effets de l’ataxie. Porter des vêtements ajustés peut aider avec la proprioception – la conscience de la position de son corps dans l’espace.

Balance-Challenging Activities – Il est sensé de continuer à faire des activités qui mettent à l’épreuve votre sens de l’équilibre et de la coordination, même si c’est difficile. Faire du yoga, du tai-chi, de l’équitation, ou même jouer sur une planche d’équilibre Wii peuvent tous aider à stimuler et exercer votre cerveau et votre corps.