L’isolement social anticipé : est-ce que je vais finir seule?

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Femme assise seule à l’écart sur un canapé, les mains jointes et le regard baissé, tandis qu’un groupe de personnes discute en arrière-plan flouté, dans un environnement en noir et blanc, illustrant l’isolement social anticipé et la peur de la solitude liée à la SP.

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« La peur de finir seule me hante parfois. Mais je réalise que la connexion authentique compte plus que la quantité de personnes autour de moi. »

Sophie

[IMAGE À INSÉRER: Femme seule regardant par une fenêtre, ville au loin, expression de solitude]

Il y a cette peur qui me réveille certaines nuits. Une peur que je n’ose presque jamais dire à voix haute.

La peur de finir seule.

Pas seule dans le sens « célibataire ». Marc est là. Mes parents sont là. Amélie est là.

Mais seule quand même. Seule parce que les gens se seront lassés. Seule parce que je serai devenue trop compliquée, trop limitée, trop… différente.

Est-ce que je vais finir seule?

Cette question me hante depuis mon diagnostic.

Le début des disparitions

Au début, après le diagnostic, tout le monde était là. Les messages. Les appels. Les visites.

« Comment tu vas? » « De quoi tu as besoin? » « On est là pour toi. »

[IMAGE À INSÉRER: Téléphone avec nombreux messages de soutien, début du parcours]

Et j’y ai cru. Vraiment cru. Je pensais que mon réseau social allait rester intact. Que mes amis comprendraient. Que rien ne changerait vraiment.

Mais trois ans plus tard, je regarde autour de moi et je vois les espaces vides.

Sarah, avec qui je sortais chaque semaine. On ne s’est pas vues depuis six mois. Les derniers messages? Moi qui annule. Encore. Elle qui dit « pas de problème, on se reprend ». Puis… silence.

Mathieu, mon collègue de l’ancienne agence. On se texta régulièrement pendant la première année. Puis les messages sont devenus de plus en plus espacés. Maintenant? Peut-être un « joyeux anniversaire » sur Facebook.

[IMAGE À INSÉRER: Liste de contacts avec dernières conversations datées, espaces grandissants]

Le groupe de yoga que je fréquentais. Elles continuent de se voir. Je le sais par Instagram. Elles ne m’invitent plus. Pas par méchanceté. Juste… parce que j’ai dit non trop souvent.

L’histoire qu’on ne m’avait pas racontée

Quand Dr. Bergeron m’a expliqué ce qu’est la SP, il m’a parlé des symptômes physiques. De la fatigue. Des poussées. Des traitements.

Ce qu’il ne m’a pas dit – et comment aurait-il pu? – c’est que la SP allait aussi affecter mes amitiés. Mes relations sociales. Mon sentiment d’appartenance au monde.

Personne ne m’avait prévenue que je perdrais des amis. Pas à cause d’un conflit. Pas à cause d’un déménagement. Mais simplement parce que vivre avec la SP me rendrait… différente. Moins disponible. Moins prévisible. Moins « normale ».

[IMAGE À INSÉRER: Deux chemins qui divergent, métaphore de la séparation sociale]

Dans les groupes de soutien en ligne, il y a cette phrase qui revient souvent : « La SP transforme les amis en étrangers et les étrangers en amis. »

La première fois que je l’ai lue, j’ai pleuré. Parce que c’était exactement ce que je vivais. Et parce que ça faisait mal de voir que c’était si commun que quelqu’un avait créé une phrase pour le décrire.

Les annulations qui tuent les amitiés

Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai annulé des plans.

Vendredi dernier. J’avais dit oui à un souper chez Amélie. Au moment d’accepter l’invitation, trois semaines plus tôt, j’étais dans une bonne période. Je me sentais capable.

Mais vendredi arrive. Et je suis épuisée. Ma fatigue SP a frappé fort toute la semaine. L’idée de me préparer, de conduire 30 minutes, d’être sociale pendant trois heures… c’est insurmontable.

[IMAGE À INSÉRER: Message d’annulation non envoyé sur téléphone, hésitation palpable]

Alors j’envoie le message. Encore. « Désolée, je ne me sens pas bien. Je dois annuler. »

Amélie est compréhensive. Comme toujours. « Pas de problème, on se reprend! »

Mais moi, je sais. Je sais que chaque annulation gruge un peu plus notre amitié. Que même si elle dit que c’est okay, une partie d’elle est déçue. Frustrée peut-être.

Et je me demande : combien d’annulations avant qu’elle arrête de m’inviter?

C’est déjà arrivé avec d’autres. Des amis qui, après trop d’annulations, ont simplement cessé de proposer quoi que ce soit. Pas par méchanceté. Juste par… lassitude, je suppose.

Le paradoxe de l’anticipation

Voici le pire : je ne sais même pas si je vais me sentir bien ou mal dans trois semaines.

Alors quand quelqu’un m’invite à quelque chose, je suis coincée.

[IMAGE À INSÉRER: Calendrier avec point d’interrogation géant, incertitude temporelle]

Si je dis oui, je risque de devoir annuler. Encore. Et de passer pour quelqu’un de peu fiable.

Si je dis non par précaution, je rate peut-être une occasion où j’aurais pu aller. Et les gens arrêtent éventuellement d’inviter quelqu’un qui dit toujours non.

Alors maintenant, je dis souvent non d’avance. Pour éviter la honte d’annuler. Pour ne pas décevoir.

Mais en faisant ça, je me coupe moi-même socialement. Je deviens mon propre isolement.

C’est un cercle vicieux parfait. Et je ne sais pas comment en sortir.

Les conversations que je ne peux plus avoir

Il y a aussi ce qui se passe quand je suis effectivement avec des gens.

Avant la SP, je pouvais parler de tout. Mon travail. Mes projets. Mes lectures. Mes réflexions sur la vie.

Maintenant? Ma SP occupe tellement d’espace mental que c’est souvent tout ce que j’ai à dire.

[IMAGE À INSÉRER: Groupe d’amis en conversation, une personne visiblement à part]

« Comment tu vas? » quelqu’un demande.

Et moi, intérieurement, je pense : « Tu veux vraiment savoir? Parce que j’ai eu trois mauvaises nuits. Ma fatigue est écrasante cette semaine. J’ai eu des nouveaux engourdissements dans ma main gauche et ça m’angoisse. Je me demande si ma SP progresse. »

Mais je ne peux pas dire tout ça. Parce que ça fait lourd. Parce que les gens ne veulent pas vraiment savoir. Parce que je ne veux pas être « Sophie qui parle toujours de sa maladie ».

Alors je dis : « Ça va bien! » Avec un sourire.

Et je me sens seule. Même entourée.

Le fossé qui se creuse

Plus le temps passe, plus je sens le fossé se creuser entre moi et mes amis « normaux ».

Ils parlent de leurs projets de voyage. Moi, je me demande si je pourrai gérer le vol et la chaleur.

Ils parlent de leurs promotions au travail. Moi, j’ai quitté mon emploi stable et je jongle avec le freelance.

Ils parlent de leur marathon du week-end. Moi, j’ai besoin d’une sieste après avoir fait l’épicerie.

[IMAGE À INSÉRER: Deux mondes parallèles, vécu différent]

Je n’ai plus grand-chose en commun avec eux. Notre vie quotidienne est tellement différente maintenant.

Et je vois dans leurs yeux qu’ils ne comprennent pas vraiment. Comment pourraient-ils? Ils ne vivent pas dans un corps imprévisible. Ils ne calculent pas constamment leurs cuillères d’énergie. Ils n’ont pas peur de chaque nouveau symptôme.

On vit dans des réalités parallèles. Et ce fossé me terrifie.

La peur des nouvelles rencontres

Au début, je pensais que je pourrais juste me faire de nouveaux amis. Des gens qui me connaîtraient déjà avec la SP. Pour qui ce serait normal dès le départ.

Mais faire de nouvelles amitiés quand on a 35 ans et qu’on a la SP? C’est compliqué.

Quand est-ce que je mentionne que j’ai la SP? Au premier café? Après trois rencontres? Jamais?

[IMAGE À INSÉRER: Première rencontre, moment de révélation difficile]

Si je le dis trop tôt, je risque que ça devienne toute mon identité aux yeux de cette personne. « Sophie avec la SP » au lieu de juste « Sophie ».

Si j’attends trop, je me sens malhonnête. Comme si je cachais une partie importante de qui je suis.

Et puis il y a la peur du rejet. La peur que quelqu’un décide, une fois qu’il sait, que c’est trop compliqué. Que je ne vaux pas l’effort.

Ça ne s’est jamais produit ouvertement. Personne ne m’a dit « désolé, mais ta SP, c’est trop pour moi ». Mais il y a eu des gens qui ont lentement disparu après avoir appris. Des conversations qui sont mortes tranquillement.

Les amis qui restent (et pourquoi ça me terrifie aussi)

Marc est toujours là. Mes parents sont toujours là. Amélie est toujours là.

Et pour ça, je suis reconnaissante. Vraiment. Profondément.

Mais il y a aussi cette peur nouvelle : et s’ils se lassaient aussi?

[IMAGE À INSÉRER: Couple avec ombre d’inquiétude, peur de perdre le soutien]

Marc et moi avons eu des conversations difficiles. Des conversations sur ce que ça signifie d’être avec quelqu’un qui a une maladie chronique. Des conversations sur l’avenir. Sur ce qui arrivera si ma SP progresse.

Il dit qu’il est là pour le long terme. Je le crois. Mais une petite voix dans ma tête murmure : « Pour combien de temps? Jusqu’à quel point ça peut empirer avant qu’il en ait assez? »

Et Amélie. Ma meilleure amie depuis l’université. Elle a été incroyable. Vraiment. Mais je vois qu’elle fait des efforts. Qu’elle ajuste ses attentes. Qu’elle prend sur elle quand j’annule encore.

Combien de temps avant que cet effort devienne trop lourd?

Cette peur me ronge. Parce que si même les gens les plus proches finissent par partir, alors vraiment, je finirai seule.

Les moments où je me sens déjà seule

Il y a des moments où je me sens déjà seule. Même entourée.

Comme ce souper de famille le mois dernier. Tout le monde parlait, riait. Et moi, j’étais là physiquement, mais mentalement ailleurs. Épuisée. Incapable de participer vraiment.

Personne ne l’a remarqué. Ou peut-être qu’ils l’ont remarqué mais n’ont rien dit. De toute façon, j’étais seule dans ma bulle.

[IMAGE À INSÉRER: Réunion de famille, une personne visiblement isolée malgré la foule]

Comme quand je scrolle Instagram et je vois mes anciennes amies faire des choses ensemble. Sans moi. Et je sais que c’est parce que je ne peux plus suivre leur rythme. Mais ça fait mal quand même.

Comme quand Marc sort avec ses amis et que moi, je suis trop fatiguée pour bouger du canapé. Il ne me reproche rien. Mais je me sens inutile. Isolée. Différente.

La solitude, ce n’est pas toujours être physiquement seul. Parfois, c’est se sentir seul au milieu de gens qui nous aiment. C’est sentir qu’ils ne peuvent pas vraiment comprendre. Qu’il y a une partie de moi qui sera toujours inaccessible pour eux.

Ce que j’ai appris sur l’isolement social

L’isolement anticipé est pire que l’isolement réel

Je me suis rendu compte que je passe plus de temps à avoir peur de finir seule qu’à réellement être seule en ce moment.

C’est comme si mon cerveau se préparait au pire. Comme si en anticipant l’abandon, je pouvais me protéger quand il arrivera.

[IMAGE À INSÉRER: Ombre menaçante vs réalité moins dramatique, anxiété anticipatoire]

Mais ça ne protège de rien. Ça crée juste de la souffrance maintenant, en plus de la souffrance hypothétique future.

Je participe à mon propre isolement

C’est difficile à admettre, mais c’est vrai.

En disant non par précaution. En ne partageant pas ce que je vis vraiment. En assumant que les gens vont me rejeter avant même qu’ils aient la chance de réagir.

Je construis des murs. Pour me protéger, certes. Mais ces murs m’isolent aussi.

Les amitiés doivent évoluer, pas mourir

Certaines de mes amitiés d’avant ne survivront pas. C’est douloureux mais c’est vrai.

Mais ça ne veut pas dire que toute amitié est vouée à l’échec. Ça veut dire que les amitiés doivent s’adapter. Changer de forme.

[IMAGE À INSÉRER: Transformation, évolution plutôt que fin]

Amélie et moi, on ne sort plus autant qu’avant. Mais on se texte quotidiennement. On se fait des FaceTime quand je suis trop fatiguée pour sortir. On a trouvé une nouvelle façon d’être amies.

Ce n’est pas la même chose qu’avant. Mais c’est quelque chose. C’est une connexion réelle, même si différente.

Le rejet dit plus sur les autres que sur moi

Quand quelqu’un disparaît de ma vie parce que ma SP le rend inconfortable, ce n’est pas un jugement sur ma valeur.

C’est un reflet de ses propres limites. De son incapacité à gérer l’inconfort. De son manque de flexibilité ou d’empathie.

[IMAGE À INSÉRER: Miroir, reflet de l’autre plutôt que de soi]

Ça fait quand même mal. Mais au moins, je peux me dire que je ne perds pas quelque chose de précieux. Je découvre juste qui était vraiment là pour moi.

Mes stratégies pour combattre l’isolement

Je teste les amitiés au lieu de les éviter

Au lieu d’assumer que les gens vont me rejeter, j’ai décidé de tester. De partager un peu plus. De voir comment ils réagissent.

Avec une connaissance devenue amie récemment, j’ai dit : « Tu sais, j’ai la SP. Ça veut dire que parfois, je vais devoir annuler des plans à la dernière minute. Est-ce que c’est quelque chose que tu peux gérer? »

Sa réponse? « Bien sûr. On trouvera des façons flexibles de se voir. »

[IMAGE À INSÉRER: Conversation honnête, partage vulnérable]

Et elle l’a fait. On se voit de façon plus spontanée. « Tu te sens bien aujourd’hui? On se fait un café? » Au lieu de planifier des semaines à l’avance.

Tout le monde ne réagira pas comme ça. Mais au moins, je saurai. Au lieu de vivre dans la peur et l’anticipation.

Je crée des connexions adaptées à mes limites

Je ne peux plus faire de grandes sorties qui demandent beaucoup d’énergie. Okay. Mais je peux faire d’autres choses.

Des FaceTime avec des amis lointains. Des messages vocaux échangés. Des soirées Netflix en même temps mais chacun chez soi, en se textant des commentaires.

Ce ne sont pas des amitiés traditionnelles. Mais ce sont des connexions réelles.

[IMAGE À INSÉRER: Appel vidéo, connexion moderne et adaptée]

Je cherche ma tribu

Les groupes de soutien en ligne pour personnes avec la SP. Les forums. Les communautés Facebook.

Au début, je résistais. Je ne voulais pas être « Sophie avec la SP ». Je ne voulais pas que ma maladie définisse mes relations.

Mais j’ai réalisé quelque chose d’important : ces gens ME COMPRENNENT. D’une façon que personne d’autre ne peut.

Quand je parle de ma fatigue écrasante, ils savent exactement ce que je veux dire. Quand je mentionne ma peur de progresser, ils vivent la même chose. Quand j’annule des plans, ils ne jugent pas. Ils ont fait la même chose.

[IMAGE À INSÉRER: Groupe de soutien en ligne, connexion dans la compréhension partagée]

Ces amitiés basées sur l’expérience commune de la SP ne sont pas « moins valables » que d’autres amitiés. Elles sont précieuses. Essentielles même.

Je communique mes besoins

Au lieu d’assumer que les gens savent ce dont j’ai besoin, je le dis.

« J’aimerais vraiment te voir, mais je ne peux pas faire de longues sorties. Est-ce qu’on peut se voir chez moi pour un café? »

« Je traverse une période difficile. Je n’ai pas l’énergie pour de grandes conversations, mais j’apprécierais un petit message pour savoir que tu penses à moi. »

[IMAGE À INSÉRER: Communication claire, expression des besoins]

Parfois, les gens répondent positivement. Parfois, non. Mais au moins, je leur donne la chance de comprendre. Au lieu de disparaître en silence.

J’accepte que certaines relations doivent mourir

C’est peut-être la leçon la plus difficile.

Certaines amitiés d’avant la SP ne survivront pas. Et c’est okay. Douloureux, mais okay.

Ces relations étaient basées sur une version de moi qui n’existe plus. Sur des activités que je ne peux plus faire. Sur un mode de vie que je n’ai plus.

[IMAGE À INSÉRER: Feuille qui tombe d’un arbre, cycle naturel de la vie]

Les pleurer, oui. Les regretter, oui. Mais m’accrocher désespérément à des amitiés qui ne fonctionnent plus? Ça ne fait que prolonger la souffrance.

Parfois, laisser aller est la chose la plus saine à faire.

Ce que Marc m’a fait réaliser

L’autre soir, j’ai eu une crise. Une vraie. En larmes, paniquée.

« Et si tout le monde finit par partir? Et si même toi, tu te lasses? Je vais finir seule, Marc. Complètement seule. »

Il m’a laissée pleurer. Puis il a dit quelque chose qui m’a surprise.

« Sophie, tu n’es pas seule maintenant. Tu as peur d’être seule dans le futur. Mais en vivant dans cette peur constante, tu rates le présent où tu N’ES PAS seule. »

[IMAGE À INSÉRER: Étreinte réconfortante, présence dans le moment présent]

Il avait raison. J’étais tellement focalisée sur la peur de l’abandon futur que je ne voyais pas les gens qui étaient encore là. Maintenant.

Oui, certains amis sont partis. Mais d’autres sont restés. De nouvelles personnes sont entrées dans ma vie. Ma solitude anticipée n’est pas ma solitude actuelle.

Et peut-être que le futur sera difficile. Peut-être que d’autres personnes partiront. Mais peut-être aussi que de nouvelles arriveront. Que mes relations évolueront d’une façon que je ne peux pas prévoir.

Vivre dans la terreur constante de finir seule, c’est gaspiller le temps où je ne suis PAS seule.

La vérité inconfortable

Voici ce que j’ai fini par accepter, même si c’est terrifiant :

Je n’ai aucun contrôle sur qui reste et qui part.

Je peux être la meilleure amie possible. Je peux communiquer. Je peux être authentique. Je peux faire tous les efforts du monde.

Et certaines personnes partiront quand même.

[IMAGE À INSÉRER: Mains ouvertes, lâcher-prise symbolique]

Pas parce que je ne vaux pas la peine. Pas parce que je fais quelque chose de mal. Mais simplement parce que c’est trop difficile pour elles. Ou parce que nos vies ont divergé trop. Ou parce que l’amitié avait fait son temps.

Et aussi terrifiant que ce soit… je ne peux rien y faire.

Ce que je PEUX faire, c’est choisir de rester ouverte. De continuer à créer des connexions. De ne pas me fermer par anticipation de la douleur.

Parce que oui, je perdrai peut-être d’autres amis. Mais si je me ferme complètement maintenant, je perds tout le monde avec certitude. Y compris les gens qui seraient restés.

Ma plus grande peur vs ma réalité actuelle

Ma plus grande peur : Finir seule. Abandonnée. Avec personne qui se soucie vraiment de moi.

Ma réalité actuelle : Marc est là chaque jour. Mes parents appellent régulièrement. Amélie me texte quotidiennement. J’ai quelques autres amis qui font des efforts réels. Et j’ai trouvé une communauté en ligne qui me comprend.

[IMAGE À INSÉRER: Balance entre peur et réalité, perspective plus équilibrée]

Ce n’est pas la vie sociale bouillonnante que j’avais avant. C’est plus petit. Plus silencieux. Plus adapté à mes limites.

Mais ce n’est pas la solitude totale que je craignais.

Peut-être que l’isolement social avec la SP n’est pas binaire. Ce n’est pas « entourée » ou « complètement seule ». C’est un spectre. Et je suis quelque part au milieu.

Moins connectée qu’avant. Mais pas abandonnée non plus.

Et peut-être que c’est okay. Peut-être que je peux vivre avec ça.

NOTE IMPORTANTE

Ce texte représente uniquement mon expérience personnelle avec la peur de l’isolement social liée à la SP. Chaque parcours est différent et certaines personnes maintiennent des réseaux sociaux très riches malgré leur diagnostic.

La solitude et l’isolement social peuvent aussi être des symptômes de dépression. Si vous ressentez une solitude profonde et persistante, consultez un professionnel de la santé mentale. Au Québec, Info-Social 811 offre du soutien accessible.

NOTE DE SOPHIE

Écrire cet article m’a fait pleurer. Plusieurs fois.

Parce que mettre des mots sur cette peur – la peur de finir seule – la rend tellement réelle. Tellement présente.

La semaine dernière, j’étais sur Instagram et j’ai vu des photos d’une sortie entre anciennes collègues de l’agence. Elles étaient toutes là. Souriantes.

Heureuses. Sans moi.

Et j’ai ressenti cette vague de solitude si intense que j’ai dû fermer l’application.

Marc m’a trouvée en train de pleurer sur le canapé. « Qu’est-ce qui ne va pas? »

« Ils continuent leur vie. Sans moi. Et un jour, tout le monde va continuer sans moi. Même toi. »

Il n’a pas essayé de me rassurer avec des platitudes. Il s’est juste assis à côté de moi et a dit : « Je suis là maintenant. C’est tout ce que je peux te promettre.

Mais je suis vraiment là. »

C’était exactement ce dont j’avais besoin d’entendre.

Pas « je ne te quitterai jamais » – parce qu’aucun de nous ne peut garantir l’avenir. Pas « tu n’es pas seule » – parce que parfois, je ME SENS seule, même si objectivement je ne le suis pas.

Juste « je suis là maintenant ». Présent. Réel. Dans ce moment précis.

Cette peur de l’isolement social anticipé va probablement rester avec moi longtemps. Peut-être toujours. C’est une des réalités difficiles de vivre avec une maladie chronique qui change constamment.

Mais j’apprends – lentement, imparfaitement – à ne pas laisser cette peur me voler le présent. À apprécier les connexions que j’ai maintenant, même si elles sont différentes d’avant. À rester ouverte aux nouvelles relations, même avec la peur du rejet.

Parce que la seule façon garantie de finir seule, c’est de me fermer complètement par peur de la solitude.

Avec toute ma vulnérabilité (et ma peur persistante),

Pour aller plus loin : études et ressources scientifiques

L’isolement social et la solitude chez les personnes atteintes de sclérose en plaques font l’objet de recherches importantes. Voici des études qui éclairent cette réalité souvent invisible mais profondément impactante.

Prévalence de la solitude dans la SP

Ampleur du phénomène

Impact de l’annulation de plans

Peur d’être perçu comme peu fiable

Stigmatisation et rejet social

Expériences de stigmatisation dans les relations

Changements dans les réseaux sociaux

Rétrécissement des cercles sociaux

Isolement anticipé vs isolement réel

Anticipation de l’abandon

Impact sur le bien-être psychologique

Solitude et santé mentale

Stratégies d’adaptation et facteurs protecteurs

Maintien des connexions sociales

Nouvelles formes de connexion sociale

Communautés en ligne et soutien virtuel

Différences selon le genre et l’âge

Vulnérabilités spécifiques

Impact du soutien conjugal et familial

Rôle protecteur des relations proches

Interventions efficaces

Programmes de réduction de l’isolement

Ressources québécoises spécifiques

Soutien social et communautaire au Québec

Note médicale importante : Ces études sont présentées à titre informatif pour mieux comprendre l’isolement social dans la SP. Si vous ressentez une solitude profonde et persistante, cela peut être un symptôme de dépression nécessitant un traitement professionnel. N’hésitez pas à consulter un psychologue ou à contacter Info-Social 811 pour obtenir du soutien. L’isolement social n’est pas une fatalité et peut être atténué avec les bonnes ressources et stratégies.