La progression imprévisible : comment je vais savoir si ça progresse?

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Femme assise sur un canapé, le menton appuyé sur une main, regard inquiet dirigé vers le vide, avec une horloge posée sur une table devant elle, dans un salon en noir et blanc, illustrant l’anxiété liée à la progression imprévisible de la SP.

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« Je ne sais pas si ma SP va progresser. Et vivre dans cette incertitude m’apprend à lâcher prise sur ce que je ne peux pas contrôler. »

Sophie

[IMAGE À INSÉRER: Femme regardant par une fenêtre avec expression d’incertitude, horizon brumeux]

Il y a des moments où un symptôme apparaît et je me fige. Littéralement.

Mon cœur s’accélère. Ma respiration devient courte. Et la question surgit, terrifiante : « Est-ce que c’est une poussée? Ou est-ce que ma SP est en train de progresser? »

Cette question me hante depuis mon diagnostic. Elle revient chaque fois qu’un nouveau symptôme apparaît. Chaque fois qu’un ancien symptôme empire. Chaque fois que quelque chose change.

La terreur du changement

Avant la SP, j’aimais le changement. J’aimais l’imprévu, les surprises, les nouvelles expériences.

Maintenant? Le changement me terrifie.

[IMAGE À INSÉRER: Calendrier avec points d’interrogation marqués sur plusieurs jours]

Parce que dans mon corps, un changement peut signifier tellement de choses. Une mauvaise nuit de sommeil. Un début de grippe. Une journée trop chargée.

Ou quelque chose de beaucoup plus effrayant : ma maladie qui progresse.

Comment différencier? Comment savoir si ce nouvel engourdissement dans ma main gauche est temporaire ou permanent? Si cette fatigue accrue est juste une mauvaise semaine ou le début d’une nouvelle phase de ma maladie?

Ce que personne ne m’avait dit sur la SP-RR

Quand Dr. Bergeron m’a diagnostiquée avec la SP rémittente-récurrente (SP-RR), j’ai compris l’essentiel : des poussées suivies de rémissions.

Les poussées, je les ai vécues. Deux majeures depuis le diagnostic. Je sais maintenant ce que c’est. L’apparition soudaine de symptômes nouveaux ou l’aggravation dramatique des anciens. Quelques jours terribles. Puis, lentement, les choses s’améliorent.

[IMAGE À INSÉRER: Graphique montrant les hauts et bas de la SP-RR, poussées et rémissions]

Ce qu’on ne m’avait pas bien expliqué, c’est tout ce qui se passe ENTRE les poussées. Cette zone grise où je ne sais jamais si ce que je ressens est « normal » ou inquiétant.

Mes symptômes quotidiens fluctuent constamment. Un jour, ma fatigue est gérable. Le lendemain, elle est écrasante. Mes pieds s’engourdissent plus certains jours que d’autres. Mon équilibre varie.

Est-ce que c’est juste la nature imprévisible de ma SP-RR? Ou est-ce que quelque chose de plus fondamental est en train de changer?

La peur silencieuse : la SP progressive

Il y a cette peur que je porte. Une peur dont je ne parle presque jamais, même à Marc.

La peur de la SP progressive secondaire (SP-PS).

[IMAGE À INSÉRER: Ombre menaçante, représentation visuelle de la peur]

Dr. Bergeron m’a expliqué. Environ 50% des personnes avec la SP-RR finissent par développer la SP-PS. Au lieu de poussées et rémissions, la maladie progresse graduellement, constamment.

La transition se produit généralement après 10-20 ans. Parfois plus tôt. Parfois plus tard. Impossible à prédire précisément.

Et voici le pire : il n’y a pas de ligne claire. Pas de test qui dit « vous êtes maintenant en SP progressive ». C’est un diagnostic rétrospectif. On ne le sait que quand c’est déjà arrivé.

Cette incertitude me ronge.

Les signes que je guette (obsessionnellement)

J’ai une liste mentale. Une liste de signes qui pourraient indiquer que ma SP progresse.

Changement 1 : Moins de récupération après les poussées

Ma première poussée après le diagnostic : j’ai récupéré environ 90%. Peut-être même 95%.

Ma deuxième poussée, l’année dernière : j’ai récupéré… 75%? 80%? C’est difficile à évaluer. Mais je sens que certains symptômes sont restés. Plus subtils qu’avant, mais présents.

[IMAGE À INSÉRER: Échelle de récupération avec marqueurs décroissants]

Est-ce normal? Est-ce que c’est juste que cette deuxième poussée était plus sévère? Ou est-ce un signe que ma capacité de récupération diminue?

Je ne sais pas. Et cette incertitude est épuisante.

Changement 2 : Une fatigue qui s’installe

Ma fatigue a toujours été mon symptôme le plus invalidant. Mais récemment, elle semble… différente.

Avant, ma fatigue fluctuait dramatiquement. Des jours terribles, des jours meilleurs. Maintenant, il y a comme un plancher. Même mes « bonnes » journées sont plus fatiguées qu’avant.

Est-ce que c’est parce que je vieillis? (J’ai maintenant 35 ans.) Est-ce que c’est le stress de ma vie de freelance? Ou est-ce ma SP qui progresse lentement?

[IMAGE À INSÉRER: Personne épuisée sur un canapé, expression de fatigue chronique]

Changement 3 : Des symptômes qui deviennent constants

Mon brouillard mental. Il allait et venait. Maintenant, il semble être là plus souvent qu’autrement.

Mes problèmes d’équilibre. Avant, c’était épisodique. Maintenant, je me sens légèrement instable presque tous les jours.

Ces changements sont subtils. Si subtils que je me demande si je les imagine. Si je suis juste hypersensible. Si je cherche des problèmes là où il n’y en a pas.

Mais ils sont là. Je les sens.

Le dilemme du suivi

Tous les six mois, j’ai un rendez-vous avec Dr. Bergeron. Tous les ans, une IRM.

Ces rendez-vous me rassurent et me terrifient en même temps.

[IMAGE À INSÉRER: Salle d’attente médicale, anxiété palpable]

Je veux savoir. Je veux voir mes IRM. Je veux qu’il me dise si ma maladie progresse ou non.

Mais en même temps, j’ai peur de ce qu’il pourrait me dire. Parce qu’une fois qu’il le dit, c’est réel. Ce n’est plus juste mon anxiété. C’est un fait médical.

La dernière fois, il a dit : « Les IRM montrent quelques nouvelles lésions, mais c’est stable dans l’ensemble. On continue le traitement actuel. »

Quelques nouvelles lésions. Stable dans l’ensemble.

[IMAGE À INSÉRER: Images IRM avec zones floues, complexité médicale]

Qu’est-ce que ça veut dire, exactement? « Quelques » nouvelles lésions, c’est combien? Deux? Cinq? Dix? Et « stable dans l’ensemble », ça veut dire que ma SP ne progresse pas? Ou que la progression est juste lente?

J’ai posé ces questions. Dr. Bergeron a été patient, comme toujours. Mais ses réponses ne m’ont pas vraiment rassurée.

« La SP est imprévisible, Sophie. Ces nouvelles lésions pourraient ne jamais causer de symptômes. Ou elles pourraient. On ne peut pas vraiment savoir à l’avance. »

L’imprévisibilité. Encore et toujours.

Les déclencheurs de panique

Certaines choses déclenchent instantanément ma panique sur la progression.

Un nouveau symptôme

Il y a deux mois, j’ai commencé à avoir des spasmes dans ma jambe droite. Rien de dramatique. Juste des petites contractions involontaires, surtout le soir.

Mon premier réflexe? Google. Erreur monumentale.

[IMAGE À INSÉRER: Écran d’ordinateur avec recherches anxieuses]

« Les spasmes peuvent indiquer une progression de la SP. » « La spasticité est un symptôme de SP progressive. » « Augmentation des spasmes = aggravation possible de la maladie. »

J’ai passé une semaine en mode panique totale. Chaque petit spasme me terrifiait. Je les comptais. Je les documentais. J’analysais s’ils empiraient.

Finalement, j’ai appelé Dr. Bergeron. Il a été rassurant. « Les spasmes peuvent apparaître même sans progression. On va surveiller, mais pas de panique pour l’instant. »

Facile à dire. Difficile à faire.

Une période prolongée de symptômes

Quand mes symptômes empirent pendant quelques jours, je peux gérer. C’est probablement juste une mauvaise passe.

Mais quand ça dure deux semaines? Trois semaines? Un mois?

[IMAGE À INSÉRER: Calendrier avec X marqués sur plusieurs semaines consécutives]

C’est là que la panique s’installe vraiment. Parce que la définition de la progression, c’est justement ça : une aggravation qui dure au moins six mois.

Donc si mes symptômes sont pires depuis un mois, est-ce que je suis à un sixième du chemin vers un diagnostic de SP progressive? Est-ce que dans cinq mois, je vais découvrir que ma maladie a changé de phase?

Logiquement, je sais que ça ne fonctionne pas comme ça. Mais l’anxiété n’est pas logique.

Les histoires des autres

Je suis membre de quelques groupes en ligne pour personnes avec la SP. Généralement, c’est réconfortant. Une communauté qui comprend.

Mais parfois, quelqu’un partage son histoire de transition vers la SP progressive. Et ça me paralyse.

[IMAGE À INSÉRER: Téléphone avec groupe de soutien en ligne, messages de préoccupation]

« J’ai remarqué que ma fatigue ne s’améliorait plus jamais. Un an plus tard, diagnostic de SP-PS. »

« Mes symptômes ont commencé à empirer graduellement. Je pensais que c’était juste une longue poussée. C’était la transition. »

Ces histoires me hantent. Parce que je vois des parallèles avec ma propre expérience. Parce que je me demande si c’est mon futur.

Ce que j’ai appris à faire (difficilement)

Tenir un journal de symptômes (mais pas obsessionnellement)

J’ai un journal simple. Pas un journal détaillé où je note chaque petite sensation. Ça, ça me rendait folle.

Mais une fois par semaine, je note :

  • Niveau général de fatigue (1-10)
  • Nouveaux symptômes ou changements majeurs
  • Comment je me sens émotionnellement

[IMAGE À INSÉRER: Journal simple avec notes hebdomadaires]

Ça m’aide à voir les patterns réels versus les fluctuations normales. Ça me donne aussi quelque chose de concret à montrer à Dr. Bergeron si nécessaire.

Faire la différence entre une poussée et une progression

Dr. Bergeron m’a donné des critères pour différencier :

Une poussée:

  • Apparition soudaine (heures à jours)
  • Symptômes nouveaux ou aggravation dramatique des anciens
  • Dure au moins 24 heures
  • Au moins 30 jours depuis la dernière poussée
  • Pas causée par fièvre ou infection

Une possible progression:

  • Aggravation graduelle (semaines à mois)
  • Symptômes qui empirent lentement mais constamment
  • Moins de récupération complète entre les épisodes
  • Augmentation du niveau de base des symptômes

[IMAGE À INSÉRER: Diagramme comparatif poussée vs progression]

Ces critères m’aident… un peu. Le problème, c’est que la ligne n’est pas toujours claire. Surtout au début d’une potentielle transition.

Limiter mes recherches en ligne

J’ai dû m’imposer des limites strictes sur mes recherches internet concernant la progression de la SP.

Règle 1 : Pas de Google après 20h. Rien de bon ne sort de recherches médicales anxieuses tard le soir.

Règle 2 : Maximum 30 minutes de recherche par session.

Règle 3 : Sources fiables uniquement. Pas de forums de catastrophes.

[IMAGE À INSÉRER: Ordinateur avec minuteur, limites auto-imposées]

Ces règles ne règlent pas mon anxiété, mais elles l’empêchent de prendre le contrôle total.

Parler de mes peurs

Longtemps, j’ai gardé ma peur de la progression pour moi. Je ne voulais pas inquiéter Marc. Je ne voulais pas passer pour quelqu’un d’obsédé par sa maladie.

Mais garder ces peurs à l’intérieur les amplifiait. Elles devenaient des monstres géants dans ma tête.

[IMAGE À INSÉRER: Conversation intime entre couple, partage vulnérable]

Maintenant, je parle. À Marc. À Amélie. À ma psychologue (oui, j’ai fini par en consulter une, et c’est une des meilleures décisions que j’ai prises).

Dire mes peurs à voix haute les rend plus petites. Plus gérables. Moins terrifiantes.

La réalité que j’ai dû accepter

Il y a une vérité difficile que j’ai dû accepter : Je ne saurai peut-être pas que ma SP progresse avant que ce soit évident rétrospectivement.

Il n’y a pas de sonnette d’alarme. Pas de ligne claire. Pas de moment où Dr. Bergeron me dira avec certitude : « Votre SP est en train de passer en phase progressive. »

[IMAGE À INSÉRER: Chemin brumeux sans panneaux indicateurs clairs]

La transition, si elle se produit, sera probablement subtile. Graduelle. Difficile à identifier sur le moment.

Et vous savez quoi? C’est peut-être la partie la plus difficile de vivre avec la SP-RR. Pas juste gérer la maladie telle qu’elle est maintenant, mais vivre avec cette incertitude constante sur ce qu’elle deviendra.

Les questions qui me hantent encore

Est-ce que chaque nouvelle lésion sur mon IRM me rapproche de la progression?

Dr. Bergeron dit que non nécessairement. Que l’activité inflammatoire (nouvelles lésions) et la progression ne sont pas toujours liées. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser que chaque nouvelle lésion est un pas de plus vers quelque chose de pire.

Est-ce que mon traitement actuel ralentit vraiment la progression potentielle?

On me dit que oui. Que l’interfér on bêta réduit les poussées et peut ralentir la progression vers la SP-PS. Mais peut-être. Possiblement. Probablement.

[IMAGE À INSÉRER: Seringue d’injection avec expression d’espoir incertain]

Jamais de certitudes. Toujours des probabilités.

Est-ce que je devrais changer pour un traitement plus agressif maintenant, avant que ma SP progresse?

C’est une conversation que j’ai eue plusieurs fois avec Dr. Bergeron. Il y a des traitements plus puissants. Mais avec plus d’effets secondaires. Plus de risques.

Pour l’instant, il pense qu’on devrait rester avec mon traitement actuel. Mais c’est quelque chose qu’on réévalue régulièrement.

Chaque fois, je me demande : est-ce qu’on attend trop? Est-ce qu’on devrait être plus agressif maintenant pour prévenir une progression future?

Ce que Marc voit que je ne vois pas

L’autre soir, Marc m’a dit quelque chose qui m’a surprise.

« Tu sais, Sophie, je pense que tu es plus stable que tu ne le crois. »

[IMAGE À INSÉRER: Regard extérieur bienveillant, perspective différente]

J’ai été confuse. Comment peut-il dire ça? J’ai l’impression que tout empire constamment.

« Mais regarde, » il a continué. « Il y a un an, tu ne pouvais travailler que trois heures par jour maximum. Maintenant, tu as des journées complètes de travail. Oui, tu as besoin de plus de repos après. Mais tu peux le faire. »

Il avait raison. Je ne l’avais pas remarqué. Parce que je suis tellement focalisée sur ce qui empire que je ne vois pas ce qui reste stable ou même s’améliore.

Peut-être que c’est ça, le piège de l’anxiété sur la progression. Elle me fait voir uniquement le négatif. Elle amplifie chaque petit déclin et ignore chaque stabilité.

Ma stratégie de survie mentale

J’ai développé ce que j’appelle ma « stratégie de survie pour l’incertitude de la progression ».

Étape 1 : Reconnaître l’anxiété

Quand je commence à paniquer sur un nouveau symptôme, je le reconnais. « Okay, je suis en mode anxiété-progression. C’est normal. C’est ma peur qui parle. »

Étape 2 : Vérifier les faits

Est-ce vraiment nouveau? Ou est-ce que je l’ai déjà eu? Si c’est nouveau, depuis combien de temps? Est-ce que ça correspond aux critères d’une poussée ou d’une progression?

[IMAGE À INSÉRER: Liste de vérification mentale, processus d’analyse rationnelle]

Étape 3 : Attendre 48 heures

Avant de paniquer complètement ou d’appeler Dr. Bergeron, j’attends 48 heures. Souvent, le symptôme disparaît ou s’améliore dans ce délai.

Étape 4 : Consulter si nécessaire

Si après 48 heures (ou plus, selon la gravité), le symptôme persiste et m’inquiète vraiment, j’appelle. Mieux vaut vérifier que de ruminer indéfiniment.

Étape 5 : Revenir au présent

Peu importe ce que l’avenir réserve, aujourd’hui, maintenant, je suis ici. Je suis Sophie. J’ai la SP-RR. Je gère. Je vis.

Vivre avec l’incertitude, c’est peut-être la compétence la plus importante que j’apprends.

La vérité inconfortable

Voici ce que personne ne veut vraiment dire clairement, mais que je vais dire :

Je ne contrôle pas si ma SP va progresser ou non.

[IMAGE À INSÉRER: Mains ouvertes, geste de lâcher-prise]

Je peux prendre mon traitement religieusement. Je peux gérer mon stress. Je peux dormir suffisamment, manger sainement, faire de l’exercice adapté.

Et ma SP pourrait quand même progresser. Ou elle pourrait rester stable pendant des décennies.

Il n’y a pas de formule. Pas de garantie. Pas de façon d’être assez « bonne » pour prévenir la progression.

Cette absence de contrôle est terrifiante. Mais c’est aussi, étrangement, libératrice.

Parce que si je ne contrôle pas si ma SP progresse, alors je peux arrêter de me blâmer pour chaque nouveau symptôme. Je peux arrêter de penser que si je faisais juste mieux, ma maladie ne progresserait pas.

Mon plan B (que j’espère ne jamais utiliser)

Malgré tout, j’ai pensé à ce que je ferais si on me diagnostiquait la SP progressive.

Ce n’est pas du pessimisme. C’est de la préparation. Ça me rassure d’avoir réfléchi au pire scénario.

[IMAGE À INSÉRER: Plan d’action écrit, préparation mentale]

Si ça arrive :

  1. Je me donne le droit de pleurer, de rager, de faire mon deuil. Encore.
  2. Je consulte pour un deuxième avis médical.
  3. J’explore toutes les options de traitement, y compris les plus récents pour la SP progressive.
  4. Je réajuste mes attentes et mes objectifs de vie, encore une fois.
  5. Je me rappelle que SP progressive ne veut pas dire fin de vie. Juste vie différente.

Avoir ce plan ne rend pas la perspective moins effrayante. Mais ça me donne un sentiment de préparation. De ne pas être complètement démunie si le pire arrive.

Ce que je dirais à la Sophie d’il y a trois ans

Si je pouvais remonter le temps et parler à la Sophie qui venait d’être diagnostiquée, voici ce que je lui dirais sur la peur de la progression :

« Cette peur que tu ressens? Elle est normale. Complètement normale. Mais elle ne doit pas diriger ta vie.

[IMAGE À INSÉRER: Lettre manuscrite, message à soi-même]

Oui, ta SP pourrait progresser. Ou elle pourrait rester stable pendant très longtemps. Tu ne le sais pas. Tu ne le sauras peut-être pas pendant des années.

Et vivre dans la terreur constante de ce qui POURRAIT arriver va te voler le présent que tu as MAINTENANT.

Tu vas apprendre à reconnaître les vrais signaux d’alarme versus les fluctuations normales. Tu vas développer des stratégies pour gérer ton anxiété. Tu vas construire une vie qui vaut la peine d’être vécue, même avec l’incertitude.

La progression n’est pas inévitable. Et même si elle arrive, tu vas gérer. Comme tu as géré jusqu’ici. Comme tu continues de gérer. »

La question reste sans réponse

Trois ans après mon diagnostic, je ne sais toujours pas si ma SP progresse.

Certains jours, je suis convaincue qu’elle le fait. D’autres jours, je pense que je vais rester stable pour toujours.

[IMAGE À INSÉRER: Balance symbolique entre espoir et crainte]

La vérité? Je ne le saurai probablement pas avec certitude avant plusieurs années. Peut-être des décennies.

Cette incertitude fait partie intégrante de ma vie avec la SP. Pas juste l’incertitude du quotidien, mais l’incertitude de l’avenir à long terme.

Et j’apprends, lentement, difficilement, à vivre avec.


NOTE IMPORTANTE

Ce texte représente uniquement mon expérience personnelle avec l’anxiété liée à la progression de la SP. Chaque parcours est différent et l’évolution de la maladie varie énormément d’une personne à l’autre.

Je ne suis pas médecin. Si vous avez des préoccupations sur la progression de votre SP, consultez votre neurologue. Il existe des outils et des critères médicaux pour évaluer objectivement l’évolution de votre maladie.

L’anxiété dont je parle peut aussi être un symptôme d’un trouble anxieux nécessitant un traitement spécifique. Si votre anxiété concernant votre SP interfère significativement avec votre vie quotidienne, parlez-en à votre équipe médicale.

NOTE DE SOPHIE

Écrire cet article a été l’un des plus difficiles émotionnellement.

Parce que mettre des mots sur ma peur de la progression, c’est la rendre réelle d’une certaine façon. C’est admettre que cette peur existe, qu’elle m’habite, qu’elle influence mes journées.

Il y a deux semaines, j’ai eu une période de cinq jours où ma fatigue était particulièrement intense. Et j’ai paniqué. Vraiment paniqué.

J’ai passé des heures à comparer mes symptômes actuels avec ceux d’il y a un an, six mois, trois mois. J’ai relu tous mes notes dans mon journal de symptômes. J’ai cherché des patterns qui prouveraient… quoi exactement? Que ma SP progressait?Marc m’a trouvée en larmes devant mon ordinateur, entourée de carnets. « Qu’est-ce qui ne va pas? » il a demandé.

« Je pense que ça empire. Je pense que ma SP progresse et que personne ne le voit sauf moi. »

Il s’est assis à côté de moi. Il n’a pas essayé de me rassurer immédiatement. Il a juste écouté pendant que je déballais toutes mes peurs.

Puis il a dit quelque chose qui m’a frappée : « Sophie, tu sais ce que je remarque? Que tu vis comme si ta SP progressait déjà. Tu anticipes le pire tellement fort que tu ne vis pas le présent. »

Il avait raison. J’étais tellement focalisée sur la peur de la progression future que je ne remarquais même plus ma vie actuelle.

Depuis cette conversation, j’essaie de faire un exercice mental. Chaque fois que je commence à paniquer sur la progression, je me pose cette question :

« Si je savais avec certitude que ma SP allait rester exactement comme elle est maintenant pour les 10 prochaines années, qu’est-ce que je ferais différemment aujourd’hui? »

La réponse est souvent révélatrice. Je vivrais probablement plus. Je m’inquiéterais moins. Je prendrais plus de risques. Je dirais oui à plus de choses.

Cette peur de la progression me vole le présent que j’ai. Et j’essaie – pas toujours avec succès, mais j’essaie – de ne pas la laisser faire.

Avec toute ma vulnérabilité (et ma peur persistante),

Pour aller plus loin : études et ressources scientifiques

La progression de la sclérose en plaques et la transition de la forme rémittente-récurrente vers la forme progressive secondaire sont des sujets de recherche intensive. Voici des études qui éclairent ces aspects cruciaux de la maladie.

Transition vers la SP progressive secondaire

Caractérisation de la transition RRMS → SPMS

Incertitude diagnostique et période de transition

Durée et caractérisation de l’incertitude

Perspective des professionnels de la santé

Facteurs prédictifs et biomarqueurs

Indicateurs précoces de progression

Impact psychologique de l’incertitude

Anxiété et dépression liées à la progression

Fluctuation des symptômes vs progression réelle

Distinguer les variations normales de la progression

Stratégies de surveillance et de gestion

Outils de suivi et d’évaluation

Efficacité des traitements modificateurs

Impact sur le ralentissement de la progression

Qualité de vie et adaptation

Vivre avec l’incertitude de la progression

Ressources québécoises spécifiques

Soutien et suivi au Québec

Note médicale importante : Ces études sont présentées à titre informatif pour mieux comprendre la progression de la SP. Elles ne remplacent en aucun cas l’évaluation et le suivi régulier par votre neurologue, seul professionnel qualifié pour évaluer objectivement l’évolution de votre maladie spécifique. Si vous avez des inquiétudes concernant la progression de votre SP, consultez votre équipe médicale plutôt que de vous fier uniquement à votre perception subjective.